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En cas de problème

Diarrhée

Une diarrhée lors (ou au décours immédiat) d’un séjour en zone tropicale est extrêmement banale : plus de la moitié des voyageurs tropicaux en font l’expérience.
Mais une diarrhée peut être aussi le symptôme d’une maladie grave et urgente. Le tout est de porter rapidement le diagnostic et de procéder au traitement adéquat. Toutes les maladies en cause se soignent aujourd’hui de manière rapide et efficace.
On peut facilement faire la différence entre ces deux types de diarrhée en tenant compte de :
– l’existence ou l’absence d’une fièvre (température > 38°5 pendant plus de 24 heures),
– l’aspect des selles ou émissions.

Les diarrhées peuvent être graves :

– S’il existe une fièvre : en effet, il peut s’agir d’un paludisme (toujours penser au paludisme en cas de fièvre), d’une salmonellose (typhoïde), d’une shigellose ou autre infection bactérienne au nom bizarre, mais souvent sévère.
– Si la diarrhée s’accompagne d’émissions de glaires et/ou pus et/ou sang : la diarrhée est alors toujours synonyme d’une infection à traiter rapidement. Il peut s’agir d’une dysenterie amibienne (pas de fièvre) ou d’une salmonellose ou shigellose (avec fièvre).
– Eau abondante : les émissions ne contiennent plus de matières fécales mais sont constituées d’une " eau de riz ", d’un liquide incolore.
Attention, il peut s’agir du choléra surtout si cette diarrhée dure depuis plus de 48 heures.
Dans tous ces cas, consulter rapidement un médecin.

Une diarrhée n‘est donc pas grave si :

– Elle ne s’accompagne pas de fièvre.
– Et si elle est simplement constituée de selles normalement colorées mais anormalement molles.
Ceci est heureusement le cas de loin le plus fréquent. Dans ces conditions, aucun médicament n’est vraiment nécessaire, si ce n’est pour le confort ; on peut prendre par exemple (adulte seulement) :
– IMODIUM® : 2 gélules d’emblée, puis 1 gélule à chaque selle diarrhéique (maximum 6 gélules par jour), avec ERCEFURYL® 200 : 4 gélules (maximum) réparties dans la journée.
– En cas de vomissements : PRIMPERAN® : au maximum 3 comprimés par jour.
– On peut associer aussi des pansements gastriques (type PHOSPHALUGEL® , SMECTA® 1 sachet 3 fois par jour) en cas de " crampes abdominales ", d’aigreurs d’estomac : ne pas prendre en même temps que les autres médicaments.
Ce traitement doit être arrêté dès que les symptômes sont terminés. Si la diarrhée n’est pas arrêtée au bout d’une semaine, il faut consulter un médecin.

Dans tous les cas, bien noter les recommandations suivantes :

Cesser de consommer les aliments qui contiennent des fibres alimentaires (légumes, fruits), au profit de ceux qui n’en contiennent pas (riz en particulier) pendant la période diarrhéique. Ou bien, si vous êtes un adulte antérieurement en bonne santé, mettez-vous carrément à la diète en vous contentant de vous réhydrater.
– Chez l’enfant, toute diarrhée même " banale ", doit être considérée comme grave à cause des pertes liquidiennes qu’elle entraîne, et ce, d’autant plus que l’enfant est plus jeune : consulter sans délai et, dans l’attente, faire boire à l’enfant une quantité au moins équivalente à celle de ses pertes.
– Assurer une bonne hydratation : coca cola, jus de fruits, bouillon de légumes, eau de riz…, et chez l’enfant selon l’âge : biberon, bouillie, sachets de réhydratation orale.

En cas d’épidémie de choléra

Le choléra existe dans une grande partie des pays tropicaux, mais généralement à un faible niveau épidémique. Il convient donc d’appliquer les mesures d’hygiène universelles et d’être vigilant à propos de toute diarrhée qui serait constitutée d’émissions liquides abondantes (incolore comme de l’eau), sans fièvre.
Parfois, dans un pays, survient une flambée épidémique. Il peut être alors conseillé :
– De prendre un comprimé par jour (éventuellement deux selon le poids) de doxycycline (type VIBRAMYCINE®) ou un autre antibiotique de la classe des cyclines. Ceci pendant toute la durée du séjour en zone épidémique et pendant les huit jours qui suivent. Attention, les cyclines et le soleil ne font pas bon ménage ; il y a risque de brûlures graves en cas d’exposition solaire.
– A défaut de cycline, on peut prendre sur place de la sulfadoxine (FANASIL® : rythme et doses différents).
– Ne pas oublier de faire très attention à tout ce que l’on consomme ou que l’on porte à sa bouche, et bien se laver les mains avant de manger.
Le choléra est une maladie très grave lorsque l’on est loin de tout centre médical de bonne qualité. A l’opposé, il se soigne très bien dans une structure hospitalière adéquate.
En cas de symptômes évocateurs (" diarrhée " aqueuse incolore abondante, qui dure depuis plus de 48 heures, sans fièvre) : se faire rapatrier d’urgence en évitant de prononcer le mot " choléra ", avant d’avoir quitté le pays en question, puis en le criant bien haut et fort une fois revenu de façon à être dirigé sur un service hospitalier spécialisé.
Dans l’attente, se réhydrater au maximum (voir ci-dessus), autant que le supportera votre estomac : le choléra n’est grave que par les pertes qu’il entraîne en eau, sodium, potassium… : dès que ces pertes sont compensées, on peut être considéré comme guéri.

Beaucoup d’autres problèmes…

En-dehors des problèmes de diarrhée (hormis le choléra) qui peuvent être gérés sur place sans trop de risque si sont respectés les conseils ci-dessus, il est impossible de standardiser l’attitude à adopter pour les autres problèmes médicaux qui peuvent survenir. C’est pourquoi, il faut garder son bon sens, analyser clairement la situation et ne pas hésiter à faire intervenir la compagnie d’assistance à laquelle vous avez souscrit.
La plupart de ces compagnies disposent de médecins de garde compétents, habitués aux situations de détresse dans des pays lointains, et qui sont capables d’évaluer par téléphone le degré de gravité de votre cas et de décider du type d’intervention à effectuer (depuis le simple conseil thérapeutique jusqu’à l’envoi d’un avion sanitaire).

Il ne faut pas hésiter à alerter l’assisteur, par exemple, en cas de :

– Traumatisme ayant pu provoquer des lésions de la colonne vertébrale.
– Accident ayant entraîné un traumatisme crânien avec perte de connaissance.
– Fracture ouverte.
– Tout accident nécessitant une réanimation, une transfusion.
– Diarrhée avec fièvre persistante.
– Diarrhée avec glaires, pus et/ou sang persistant malgré un traitement adéquat bien conduit.
– Diarrhée aqueuse persistante, sans fièvre.
– Fièvre persistante non clairement expliquée.
– Fièvre avec des saignements divers.
– Fièvre avec des douleurs profondes du foie (au-dessous des côtes à droite).
– Maux de tête ne disparaissant pas malgré des antalgiques usuels.
– Toute maladie nécessitant un plateau technique indisponible sur place (infarctus, embolie pulmonaire).
Et tous les troubles qui continuent à s’aggraver malgré une prise en charge médicale locale.

En revanche, il ne faut pas déclencher un plan ORSEC devant :

– Une diarrhée faite de selles molles, sans fièvre.
– La constatation d’une fièvre (d’une vraie, mesurée par thermomètre) : vous savez quoi faire vis-à-vis de la possibilité d’un paludisme. Cette éventualité étant réglée, il est légitime d’attendre un peu pour voir comme évolue cette fièvre : les fièvres fugaces, spontanément régressives et sans gravité sont très fréquentes sous les tropiques.
– Une impression d’être " mal foutu ", " vaseux ", " ballonné "… : il s’agit d’une situation très fréquente, généralement liée à l’absorption de toxines d’origine alimentaire : on se sent effectivement très mal, prêt à trépasser, mais ce n’est jamais le cas.

Conseil

En dehors de la compagnie d’assistance, n’hésitez pas aussi à faire appel aux médecins de l’Ambassade de France ou d’un autre pays de l’Union Européenne et aux médecins européens occupant des postes de coopération.



 


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