Il va falloir avoir du bon sens, faire ce qu’il faut en se gardant
de trop en faire. Il y a un double écueil :
– Ecouter les gens pour lesquels il n’y a jamais aucun problème, et tout le
monde il est beau, il est gentil ; " on fait la vaccination
obligatoire ", " on prend la Nivaquine pour le palu ",
et " bonne vacances, envoyez-nous une petite carte ". En
bref, on n’affole surtout pas le client.
– Suivre à la lettre les conseils théoriques que donnent les traités de médecine
tropicale : ces conseils sont tous justifiés par la théorie mais, si on
doit les appliquer tous, le voyage devient un calvaire. D’autre part, certaines
de ces règles sentent un peu la poussière et semblent ne pas toujours tenir
compte des progrès thérapeutiques récents. Nous ne retiendrons donc que ce qui
est à la fois souhaitable et possible.
Le paludisme (la malaria)
Le paludisme est la première maladie
parasitaire mondiale : 2,5 millions de morts par an. Il est présent sur
toute la " ceinture de pauvreté ", du globe, et d’autant
plus que le pays est plus chaud, plus humide et plus pauvre.
Beaucoup de bêtises et de légendes sont colportées sur le paludisme : quand
on a le palu, c’est pour la vie ; les médicaments du palu rendent aveugle,
impuissant ; la quinine fait avorter… On remise tout cela aux oubliettes
de notre mémoire collective coloniale, et on lit avec d’autant plus d’attention
ce qui suit.
Le paludisme est devenu un problème extrêmement complexe et, de plus, considérablement
mouvant. La prévention et le traitement du paludisme de l'an 2001 n’ont plus
grand chose à voir avec ceux du palu de 1980. Et cela continue.
Il y a 20 ans, tout était plus simple : il suffisait de prendre correctement
sa chloroquine (NIVAQUINE®) pour se permettre d’ignorer le problème. Aujourd’hui,
l’agent du paludisme grave (Plasmodium falciparum) est devenu résistant
à ce médicament dans la quasi-totalité des pays infestés.
Éviter les piqûres de moustiques
Actuellement, il n’existe aucun médicament capable de conférer une
protection absolue contre le paludisme. C’est pourquoi, il importe tout d’abord
de diminuer le nombre de piqûres de moustiques, en particulier dès que le soleil
commence à baisser c’est :
– Ne dormir que sous moustiquaire imprégnée d’insecticides (sauf bien sûr dans
un hôtel international à climatisation centrale et à fenêtres condamnées…).
– Utiliser abondamment les répulsifs anti-moustiques (voir ce chapitre), les
serpentins anti-moustiques (utilisables même au-dehors lorsqu’il n’y a pas trop
de vent), les diffuseurs électriques, etc...
– Porter (à l’extérieur) dès de la tombée du soleil, des vêtements recouvrant
au maximum le corps, serrés aux extrémités (comme les tenues de jogging), chaussettes
suffisamment épaisses, chaussures fermées (NB, le tout sans nylon ou autres
matériaux synthétiques, de façon à éviter la transpiration, la macération et
les mycoses).
Ces précautions constituent la première ligne de défense du voyageur contre
le paludisme ; compte tenu de l’actuelle agressivité du parasite, autant
dire qu’elles sont vitales.
Pendant que le soleil est bien levé, on peut relâcher sa vigilance, les moustiques
transmettant le paludisme ne piquent que le soir et la nuit.
Utiliser à bon escient des médicaments anti-paludiques
Voici le schéma thérapeutique qui paraît le plus adapté aujourd’hui
(2001) pour les séjours dans des pays où la résistance est présente :
– Chloroquine, (NIVAQUINE® 100 mg) : 1 cp/jour la veille du départ, séjour,
4 semaines après le retour. La prescription de cette seule Nivaquine ® est donc
aujourd’hui très rare, réservée à des zones de plus en plus réduites.
– Chloroquine (NIVAQUINE® 100 mg : 1 cp/jour) + proguanil (PALUDRINE 2
cp/jour) ou la même association en un seul comprimé : SAVARINE 1 cp/jour ;
veille de départ, séjour, 4 semaines après le retour.
– Méfloquine (LARIAM ®) : 1 cp/semaine, 10 jours au moins avant le départ,
séjour, 4 semaines après le retour.
– Doxycycline (type VIBRAMYCINE®) pour certaines zones d’Asie du Sud-Est.
En cas de fièvre survenant après 7 jours de séjour
– Si possible, consulter en urgence un médecin pour faire faire un
examen de sang pour le paludisme (frottis, goutte épaisse).
– Si consultation en urgence impossible, ne prendre aucun risque et considérer
qu’il s’agit, a priori, du paludisme : prendre immédiatement 2 comprimés
d’HALFAN ® puis 2 autres 6-8 heures plus tard, puis encore 2 autres 6-8 heures
plus tard. Renouveler ce traitement une semaine plus tard. Le médecin prescripteur
de ce médicament aura pris la précaution de faire préalablement un électrocardiogramme
autorisant sans crainte la prise de ce produit.
– Consultez un médecin dès que possible, et le vôtre dès le retour.
Ces schémas de traitement sont donnés à titre indicatif pour l’adulte sans problème
particulier, aussi bien pour les produits à utiliser que pour leurs doses :
une adaptation est nécessaire pour l’enfant, la femme enceinte ou susceptible
de l’être, etc…
NB : le risque de paludisme grave subsiste en pratique pendant les 3 mois
qui suivent le retour.
En résumé
Problème complexe, sous la seule responsabilité du médecin qui fera
le choix le plus adapté en fonction du lieu dans lequel vous vous rendez, de
la durée du séjour, de votre sexe, de votre âge, de vos antécédents médicaux,
etc… Donc, pas d’automédication à titre préventif en matière de paludisme.
Quelques points complémentaires sur le paludisme
Il y a, en fait, pour le voyageur, deux types de paludisme et deux
types de parasites : le plus fréquent, celui qui tue (Plasmodium falciparum)
mais ne subsiste pas longtemps dans l’organisme (maximum 3 mois) et ceux qui
ne tuent pas, rendent seulement malade mais peuvent vivre, en revanche, beaucoup
plus longtemps dans l’organisme. Tout ce qui est détaillé ci-dessus concerne
le paludisme qui tue. Si vous attrapez l’autre, on verra tranquillement le problème
après le retour.
– Sauf raison impérieuse, un enfant en bas-âge ou une femme enceinte ne devraient
pas voyager en zone implaudée. Pendant le grossesse, le tourisme éventuel devrait
se faire ailleurs. Le paludisme chez une femme enceinte est dramatique pour
le fœtus et beaucoup de médicaments anti-paludiques lui sont de plus interdits.
L'eau et les boissons
Ce n’est pas la peine de jouer au gringo nord-américain qui va jusqu’à
faire bouillir pendant une heure le verre d’eau avec lequel il va se laver les
dents. D’ailleurs, c’est lui qui déglutira le Coca-Cola made in USA payé à prix
d’or, bien rafraîchi par des glaçons bourrés de colibacilles et de salmonelles.
Ce n’est pas non plus la peine de jouer les héros en buvant l’eau d’un marigot
(typhoïde, shigellose, hépatite A, amibiase…).
En pratique
– Se renseigner auprès des locaux ou des Européens vivant dans le
pays si l’on peut boire l’eau de la ville. Parfois, l’eau du robinet
est d’une propreté acceptable. Celle-ci est cependant souvent obtenue au prix
d’une javellisation extrême.
– Essayer de consommer des boissons industrielles : limonades,
boissons aux fruits ou au cola, eaux dites de source. Veiller à ce que ces eaux
vous arrivent encapsulées. Les bières locales sont toujours parfaitement stériles.
Bien entendu, pas d’abus, car l’alcool ne réhydrate pas: bien au contraire,
chacun sait que l’alcool fait uriner.
– Thé ou café : pas de problème.
– Ne pas hésiter, en revanche, à faire des orgies de fruits frais pressés
(oranges, citrons, limes, pamplemousses…) : c’est une boisson stérile,
rafraîchissante, réhydratante, bourrée de vitamines et de sels minéraux.
– Enfin, si vous être coincé en brousse, vous prenez l’eau que vous trouvez,
mais vous attendez une heure avant de la boire, le temps que votre comprimé
antiseptique fasse effet (Micropur DCCNA® : 1 comprimé par litre). Le comprimé élimine les virus et bactéries en 30 minutes, mais il lui faut une heure pour venir à bout des giardias et amibes. Vous
pouvez aussi la porter à ébullition quelques minutes ou utiliser un filtre microbien,
type Katadyn® ou une résine type PENTAPURE®.
Quoi qu’il en soit, il faut boire beaucoup, plusieurs litres par jour, sinon
il y a risque de déshydratation, de colique néphrétique (les urines, trop concentrées,
précipitent en cristaux qui bloquent les reins). S’il fait vraiment très chaud
et très sec (désert), il faut non seulement apporter de l’eau mais aussi du
sel : sursaler son alimentation, ou au besoin, avaler régulièrement quelques
pilules de sel.
L’alimentation
Les crudités
Les crudités posent un réel problème, pouvant être souillées par
ce que nous appellerons pudiquement " l’engrais humain ".
On peut donc attraper avec elles toutes les maladies de l’eau souillée décrites
préalablement. Ceci s’applique bien sûr aux légumes qui n’ont pas une peau ou
écorce protectrice : salade, carottes crues, tomates, etc… Pas de problème
pour l’avocat, le melon…
Alors que faire ?
– Soit on se passe de crudités, ce qui est dommage car c’est bien
agréable en climat chaud et parce que c’est bénéfique sur le plan nutritionnel :
c’est néanmoins possible en cas de séjour court.
– Soit on prépare soi-même la salade, en la lavant bien, feuille par feuille,
avec une eau propre. Au restaurant : n’hésitez pas à aller faire un tour
aux cuisines en demandant gentiment au patron de vous accompagner.
Le conseil de l’OMS pour les fruits et les légumes : " pelez, faites
bouillir, cuisez ou laissez "
Les viandes
Elles ne posent pas trop de problèmes. Il suffit de s’assurer qu’elles
ne sont pas trop faisandées et surtout qu’elles sont bien cuites et servies
bien fumantes. L’idéal est un ragoût. Sur le plan sanitaire, c’est le mouton
qui pose le mois de problème, et le porc qui en pose le plus.
Poissons
Les poissons de rivière ne posent pas de problème s’ils sont frais.
Pour les poissons des mers tropicales, le principal risque est la ciguatera
(ichtyosarcotoxisme) encore appelée " gratte " : certains
poissons tropicaux contiennent dans leur chair une toxine qui entraîne, immédiatement
après l’ingestion, au minimum des démangeaisons, au maximum des chutes de tension
pouvant être graves.
Quelques trucs pour éviter la ciguatera :
– Un poisson est d’autant plus à risque qu’il est plus gros, plus vieux, plus
carnivore.
– Ne pas consommer de poisson là où les gens du coin n’en mangent pas.
– Montrer votre poisson à un habitant (un vieux si possible) ou un professionnel
(pêcheur, restaurateur) et demandez-lui si vous pouvez le manger.
Les coquillages
Sauf s’ils viennent d’une mer bleue et claire, loin de toute ville
et de toute pollution, et si les habitants les consomment, il faut les éviter :
n’oubliez pas que, même en Europe, on prend de grandes précautions et que chaque
année le ramassage des coquillages est interdit sur certaines de nos côtes.
Les produits laitiers
Quel dommage de s’abstenir d’une calebasse de lait d’une vache sahélienne
ou d’une bufflesse indienne : c’est délicieux. On peut effectivement attraper
tout un tas de méchantes maladies avec le lait. Alors si vous craquez, faites
bouillir le lait pendant de longues minutes. Vous pouvez compléter le traitement
en rajoutant ensuite un comprimé d’Aquatabs® ou Micropur DCCNA® par litre (comme
pour l’eau). Les fromages frais, caillettes, et autres yaourts artisanaux sont
parfois de véritables bouillons de culture : on évite. Mêmes remarques
pour les glaces, sauf si l’on est sûr qu’elles proviennent d’une industrie bien
contrôlée.
Autres recommandations
Dernier point, qui est peut être le plus important: avant toute manipulation
d’aliment, se laver les mains au savon de Marseille, ongles courts.
Enfin, quoi qu’il en soit, n’écoutez surtout pas les voyageurs du dimanche qui,
craignant l’alimentation locale, commencent à ingurgiter des antiseptiques intestinaux
voire des antibiotiques dès leur descente d’avion. Ceux-là n’ont rien compris
et d’ailleurs vont être bientôt malades. En prenant ces médicaments à titre
préventif, ils ne font que fragiliser leur flore intestinale normale, laquelle,
affaiblie, laisse alors le champ libre aux bactéries dangereuses qui trouveront
ainsi un " terrain ", vierge à coloniser.
Ne pas oublier que, si une boisson peut être stérile, le verre ne l’est pas. Le laver avec une eau propre, on bien boire à la bouteille. Pensez aussi aux
glaçons, qui ne sont sûrement pas faits avec une eau parfaitement potable.
Hygiène générale
– Pas trop de douches (pas plus de deux par jour) : on a besoin
de notre sébum pour lutter contre les infections cutanées.
– Lavage des mains et des pieds : aussi souvent qu’on veut.
– Les pieds : s’ils doivent être protégés (des insectes, des végétaux,
de la boue) par des chaussures fermées, celles-ci ne doivent être faites d’aucun
matériau synthétique : plastique = transpiration = macération = mycose..
– Même remarque pour les chaussettes. Chaque fois que l’on peut, on laisse les
pieds respirer. NB : pas de chaussures neuves pour les treks et les randonnées
= uniquement chaussures déjà "rodées".
– Ne porter que des vêtements en fibres naturelles, suffisamment amples pour
qu’ils ne collent pas à la peau : couleur claire (blanc, beige), non bariolés
de toutes les couleurs de la nature (sinon, attention aux guêpes !).
– Chapeau à large bord, en toile claire.
– Dans les zones de désert, emporter des vêtements à la fois pour pays chaud
(le jour) et pour pays froid (la nuit).
Les baignades
– Pas de baignade en eau douce chaude et stagnante : risque
de bilharziose et autres parasitoses. En revanche, on peut se baigner au milieu
d’un fleuve à grand débit car les parasites et leurs vecteurs ne prolifèrent
qu’en eau calme (à partir d’un bateau ou d’une jetée : car sinon, il faut
revenir sur la berge en marchant dans l’eau du bord qui est à faible débit et
donc à risque).
– Attention cependant aux crocodiles, piranhas…
– Si on s’est baigné dans une eau stagnante, volontairement ou involontairement,
il faut, dès la sortie, s’essuyer vigoureusement et surtout ne pas laisser sécher:
c’est lors du séchage que certains parasites pénètrent dans la peau). Et pas
de panique : aujourd’hui, la bilharziose se soigne très bien, sans aucun
risque ni effet secondaire.
– En mer, il n’y a quasiment pas de risque infectieux : les risques ici
s’appellent vives, méduses, physalies, poissons-pierre, coraux… et aussi courants,
barres, requins, murènes… se renseigner.
– Enfin, si l’on se fait bronzer sur une plage également fréquentée par des
chiens, on peut attraper un de leurs parasites : c’est ce que l’on appelle
la " larva migrans ". Un petit " ver "
viendra se balader sous votre peau : c’est impressionnant mais ce n’est
pas bien grave. En tout état de cause, mieux vaut choisir pour buller, une plage
propre, bien sauvage pas trop fréquentée par les chiens et s’allonger sur une
natte. Mieux vaut également marcher en chaussures sur les plages tropicales.
Le soleil
Il ne faut pas hésiter à se protéger comme les touaregs, avec des
vêtements recouvrant tout le corps.
Et aussi, un chapeau, des lunettes de soleil filtrant les UV, et des crèmes
de protection solaire d'indice maximal.
On doit être d’autant plus vigilant que l’on a une peau plus claire. Attention :
la prudence la plus extrême est de mise si vous prenez certains médicaments
(ils sont nombreux) qui font mauvais ménage avec les rayons ultraviolets :
protection maximale.
Bébêtes
Les serpents
En cas de morsure de serpent, bien qu’il s’agisse d’une
situation stressante, il faut essayer de garder la tête froide. Pas de sérum
antivenimeux en-dehors d’un hôpital, on l’a vu. Pas d’incision, de succion :
cela ne sert à rien et peu même compliquer les choses sur le plan local. Eventuellement,
mettre un garot, pas trop serré, desserré au moins une fois par demi-heure,
et laissé au maximum 6 heures. Se rendre au centre médical le plus proche, sans
affolement. Il n’y a rien d’autre à faire par soi-même. Certains croient aux
vertus de la " pierre noire " partout disponible là où sont
passés les Pères Blancs : c’est sans preuve scientifique, mais pourquoi
pas ? Les pompes aspirantes manuelles type ASPI-VENIN® ou EXTRACTOR® sont
sans doute utiles.
Pour éviter la rencontre des serpents :
– Faire du bruit en marchant (c’est-à-dire en ayant une démarche
lourde et appuyée : inutile de chanter ou de siffler : les serpents
sont sourds) : la plupart des serpents s’éloignent (pas tous).
– Pour les najas cracheurs qui envoient dans les yeux un venin cécitant avant
de mordre, les indigènes portent souvent un " leurre " bien
brillant loin des yeux : par exemple une médaille en pendentif : le
serpent vise ce qui brille et réfléchit la lumière (les yeux) ; les lunettes,
c’est aussi bien.
– Ne pas dormir à même le sol, mais plutôt si possible dans un lit de toile
surélevé de 10 ou 20 cm (ou un hamac).
– Prendre conseil auprès des habitants sur les endroits qui pullulent de serpents.
– Ne jamais toucher un serpent, même s’il paraît mort (sauf si la tête est dûment
détachée).
Les scorpions
Pour les piqûres de scorpion, il n’y a rien de plus à faire. Pour
les éviter :
– Ne pas marcher pieds nus.
– Examiner vos chaussures avant d’y mettre les pieds.
– Secouer vos vêtements avant de les enfiler.
– Examiner le lit ou le sac de couchage avant d’y entrer. Un truc assez classique
si vous utilisez un lit de camp : poser chacun des pieds du lit dans une
vieille boîte de conserve et remplir d’eau voir de gazole (mesure efficace pour
les scorpions, et certains cafards, araignées…).
Les hyménoptères
Les hyménoptères (guêpes, abeilles, frelons,….) :
particulièrement agressifs sous les tropiques. Certaines personnes allergiques
peuvent mourir de leur piqûre. Si vous avez des raisons de penser que vous êtes
allergique, si vous avez déjà fait des réactions anormalement importantes après
une piqûre de guêpe ou d’abeille, signalez-le à votre médecin avant le départ ;
il pourra vous prescrire des médicaments qui seront susceptibles de vous sauver
la vie le moment venu. Dans les autres cas, la piqûre est certes douloureuse
mais banale : ne rien faire. Attendre que cela passe.
Pour éviter les bestioles :
– Ne pas porter de vêtements de toutes les couleurs.
– Ne pas se parfumer , tout au moins le jour.
– Utiliser les répulsifs anti-moustiques qui éloignent parfois aussi certains
hyménoptères.
– Ne pas gesticuler en cas d’attaque ; changer calmement d’endroit :
vous êtes peut-être sur le territoire d’un essaim.
– Si, en marchant, la concentration de guêpes augmente, rebroussez chemin et
faites un détour large ; si une guêpe vient dans votre voiture, arrêtez-vous
calmement pour l'en chasser.
Les papillons
Dans certaines régions tropicales (Centrafrique, Guyane par exemple),
les papillons peuvent transformer votre séjour en un cuisant cauchemar :
c’est ce que l’on appelle la papillonite. Au cours de leurs battements d’ailes,
certains papillons tropicaux répandent des micro-fléchettes porteuses de substances
toxiques : le contact cutané avec ces substances entraîne des lésions très
rouges et douloureuses, cuisantes comme une brûlure. Il n’y a pas de complication
dangereuse possible, mais il n’y a pas non plus de traitement efficace. La lésion
peut durer une bonne quinzaine de jours.
Dans les pays où sévit la papillonite, il faut éviter :
– D’écraser contre sa propre peau, par un geste naturel de défense,
tout papillon (même les petits) .
– De laisser sécher le linge à l’extérieur : les linges blancs ou bariolés
attirent les papillons qui virevoltent autour et y déposent leurs micro-fléchettes
empoisonnées. D’une manière générale, le linge, les draps doivent être dûment
repassés à chaud, ce qui permet également d’éviter beaucoup d’autres affections
cutanées (myiase en particulier).
Les moustiques
Se protéger des insectes porteurs du paludisme, c’est aussi se protéger
d’un grand nombre de maladies transmises par les petits insectes volants (voir
haut de page)
Les animaux
Les contacts avec tous les animaux sont à éviter, aussi sympathiques
puissent-ils paraître. Qu’il s’agisse des chiens, des singes, des oiseaux ou
de tout autre, longue est la liste des maladies qu’ils peuvent transmettre à
l’homme.
On portera une attention toute particulière aux enfants, naturellement attirés
par les animaux.
La sexualité
Pour beaucoup, il s’agit d’un élément fondamental et irremplaçable
de la vraie connaissance d’un pays. D’accord, mais on respecte les règles :
pour le paludisme : la moustiquaire, pour le SIDA : les préservatifs.
D’autant que l’on évite en même temps la blennorragie, la syphilis, le chancre
mou, l’herpès, les chlamydioses, les crêtes de coq, etc… Pour le prix d’un bout
de latex, c’est rentable.
Le SIDA est aujourd’hui une maladie répandue sur toute la surface du globe,
y compris dans les endroits reculés. Il faut emporter avec soi des préservatifs
car ils ne sont pas partout disponibles (surtout lorsque l’on en a un besoin
urgent…) et leur qualité n’est pas aussi bien contrôlée qu’en Europe.
A ce propos, rappelons quelques notions importantes :
Le virus du SIDA ne se transmet pas :
– Par les contacts habituels de la vie courante, même lorsque quelqu’un
tousse, éternue,…
– Dans les piscines, les toilettes, les transports publics….
– Quant aux insectes piqueurs, le problème a été très étudié et jamais on n’a
pu trouver un seul patient (sur des dizaines de millions de personnes infectées)
qui se soit contaminé avec certitude d’une telle manière.
En revanche, le virus se transmet par :
– Les relations sexuelles, et d’autant plus que le nombre de partenaires
est plus élevé. Lors d’une rencontre de hasard, il est absolument impossible
de savoir si la personne en question est porteur (porteuse) ou non du virus.
Il ne faut en aucun cas se fier à des impressions, à des apparences de bonne
santé, à des messages plus ou moins officiels (" il n’y a pas de SIDA
dans notre pays ").
– Tout ce qui concerne le sang : il faut être extrêmement vigilant. Il
faut refuser toute piqûre effectuée avec un matériel dont la stérilité n’est
pas parfaitement établie (d’où l’intérêt d’avoir dans sa trousse de voyage seringues
et aiguilles). Quant à l’éventualité d’une transfusion sanguine, il faut, a
priori, la refuser énergiquement. C’est une bonne occasion de solliciter les
services de sa compagnie d’assistance.
– Attention enfin aux tatoueurs, perceurs d’oreilles, barbiers…
Du bon usage du préservatif
– Un préservatif est à usage unique : il ne doit jamais
être réutilisé.
– Il doit être conservé à l’abri des trop grandes chaleurs.
– Il doit être préalablement lubrifié ; si tel n’est pas le cas, il
ne faut en tout cas jamais le lubrifier avec de la vaseline, de l’huile, ou
avec la première pommade qui tombe sous la main, ni la salive : toutes
ces lubrifications risquent d’endommager le latex.
– Il doit être muni d’un réservoir ; s’il n’y a pas de réservoir,
il faut en constituer un par pincement de l’extrémité au moment de la mise en
place.
– Il doit être mis en place dès le début de l’érection : aucun contact
sexuel ne doit avoir lieu avant.
– Il doit être retiré après l’éjaculation et avant la détumescence (fin
de l’érection).
– Enfin, il doit être jeté de telle manière que plus personne ne soit susceptible
de le manipuler (faire un nœud par exemple).