Un tour du monde gay


Europe
L’une des conditions posées aux anciennes démocraties populaires pour intégrer les institutions européennes comme le Conseil de l’Europe était l’abolition de toutes les législations discriminatoires à l’encontre des minorités sexuelles. Aussi la situation de la quarantaine d’États européens est-elle, au moins au plan légal sensiblement uniforme. Champions de la tolérance, les pays scandinaves et les Pays-Bas ont été les premiers à voter des lois punissant l’homophobie et légalisant l’union homosexuelle. Des différences persistent – même au sein de l’UE – à propos de l’âge de consentement légal.
Pointés du doigt : l’Albanie, la Bosnie, la Turquie exercent des violences policières ; l'homophobie est très répandue en Pologne, en Russie et dans les Pays Baltes ; l'Italie où des agressions homophobes ont eu lieu l'an dernier à Rome et où aucun droit n'est accordé aux gays ; la Tchétchénie musulmane a rétabli la Charia, la loi islamique qui va jusqu’à punir de mort l’homosexualité.



Amérique du Nord
Le Canada justifie sa réputation tolérante et le catholique Québec est la première de ses provinces à avoir instauré une forme de partenariat entre personnes du même sexe.
Situation plus contrastée aux États-Unis. En bref, la situation diffère beaucoup que l’on soit dans le Bible Belt ou dans les tolérantes mégalopoles de la côte Est et de Californie.
Pointés du doigt : cinq États ont voté des lois contre la sodomie et la fellation - le Texas, l’Oklahoma, l’Arkansas, le Missouri et le Kansas -, lois déclarés anticonstitutionnelles par la Cour Suprême en 2003.

Amérique latine
Sévèrement réprimée à Cuba, au Nicaragua, en Guyana, l’homosexualité n’est pas l’objet d’une discrimination légale dans la grande majorité des pays d’Amérique latine. Seules quelques grandes villes comme Mexico City, Buenos Aires, certaines villes brésiliennes ont voté des lois interdisant la discrimination à l’égard des minorités sexuelles. Faut-il se fier à ces exceptions ?
Pointés du doigt : en Argentine, la police effectue des « descentes » dans les bars homos ; au Brésil, des bandes organisées hantent les lieux fréquentés par les homos pour « casser du pédé ».

Proche et Moyen Orient
Certainement la région du globe la moins tolérante en matière d’homosexualité. L’application stricte de la loi islamique, la Charia, est à l’origine des répressions dont sont victimes les homosexuel(le)s. Les condamnations vont de la flagellation à de lourdes peines de prison. Israël, havre de tolérance ? À condition de choisir Tel Aviv où existe une communauté gay plutôt que l’intégriste Jérusalem.
Pointés du doigt : parmi les cinq pays de la région qui appliquent scrupuleusement la Charia en punissant de mort les relations homosexuelles, trois – l’Afghanistan, l’Iran, l’Arabie saoudite – l’auraient appliquée ces dix dernières années selon Amnesty International.

Afrique
Probablement le continent le plus complexe : d’un côté, certains pays appliquent la Charia, de l’autre, l’Afrique du Sud est depuis 1995 le premier pays au monde à avoir inscrit dans sa constitution la protection des minorités sexuelles. Mais d’une manière générale, la répression est de mise, surtout dans les États ayant hérité d’un système judiciaire d’inspiration anglo-saxonne ou ceux qui appliquent la loi islamique. Les peines de prison sont parfois très lourdes.
Pointés du doigt : le Soudan et la Mauritanie qui appliquent la Charia. À l'Île Maurice et aux Seychelles, très prisées par les touristes, l'homosexualité masculine est passible d'emprisonnement, mais la loi n'est pas vraiment appliquée.

Asie / Océanie
Difficile d’obtenir des informations fiables sur la vaste Chine où légalement les homosexuels ne sont pas sujets à poursuite mais où l’on sait bien que toute forme de dissidence est rapidement mise au pas. Le Japon, les Philippines, la Thaïlande sont relativement cléments. L’Australie et la Nouvelle-Zélande font figures d’exemples en Océanie.
Pointés du doigt : l’Inde reste piégée par des lois héritées de l’Empire britannique et des préjugés religieux et sociaux prégnants. Il convient toutefois de distinguer une situation générale avec celles de villes occidentalisées comme Bombay ou des lieux de villégiature comme Goa.

Pour connaître l'état des lieux sur la planète, le site de Têtu Travel passe au crible la reconnaissance de l'homosexualité dans l'ensemble des pays du monde continent par continent. >>> Suite