
Europe
L’une des conditions posées aux anciennes démocraties
populaires pour intégrer les institutions européennes comme
le Conseil de l’Europe était l’abolition de toutes les
législations discriminatoires à l’encontre des minorités
sexuelles. Aussi la situation de la quarantaine d’États européens
est-elle, au moins au plan légal sensiblement uniforme. Champions
de la tolérance, les pays scandinaves et les Pays-Bas ont été
les premiers à voter des lois punissant l’homophobie et légalisant
l’union homosexuelle. Des différences persistent – même
au sein de l’UE – à propos de l’âge de consentement
légal.
Pointés du doigt : le duché du Liechtenstein restreint la
liberté d’expression des gays et lesbiennes ; l’Albanie,
la Bosnie, la Turquie exercent des violences policières ; l'homophobie est très répandue en Pologne, en Russie et dans les Pays Baltes ; la Tchétchénie
musulmane a rétabli la Charia, la loi islamique qui va jusqu’à
punir de mort l’homosexualité.

Amérique du Nord
Le Canada justifie sa réputation tolérante et le catholique
Québec est la première de ses provinces à avoir instauré
une forme de partenariat entre personnes du même sexe. Situation plus contrastée aux États-Unis. Quelques États
nord-américains condamnent les discriminations liées à
l’orientation sexuelle, mais une dizaine d’autres – Caroline
du Nord et du Sud, Floride, Alabama, Mississippi, Louisiane, Arizona, Idaho,
Michigan, Minnesota – condamnent la sodomie quel que soit le sexe des
deux partenaires. En bref, la situation diffère beaucoup que l’on
soit dans le Bible Belt ou dans les tolérantes mégalopoles
de la côte Est et de Californie.
Pointés du doigt : cinq États condamnent la sodomie
entre partenaires masculins : le Texas, l’Oklahoma, l’Arkansas,
le Missouri et le Kansas.
Amérique latine
Sévèrement réprimée à Cuba, au Nicaragua,
en Guyana, l’homosexualité n’est pas l’objet d’une
discrimination légale dans la grande majorité des pays d’Amérique
latine. Seules quelques grandes villes comme Mexico City, Buenos Aires,
certaines villes brésiliennes ont voté des lois interdisant
la discrimination à l’égard des minorités sexuelles.
Faut-il se fier à ces exceptions ?
Pointés du doigt : en Argentine, la police effectue des « descentes
» dans les bars homos ; au Brésil, des bandes organisées
hantent les lieux fréquentés par les homos pour « casser
du pédé ».
Proche et Moyen Orient
Certainement la région du globe la moins tolérante en matière
d’homosexualité. L’application stricte de la loi islamique,
la Charia, est à l’origine des répressions dont sont
victimes les homosexuel(le)s. Les condamnations vont de la flagellation
à de lourdes peines de prison. Israël, havre de tolérance
? À condition de choisir Tel Aviv où existe une communauté gay plutôt
que l’intégriste Jérusalem.
Pointés du doigt : parmi les cinq pays de la région qui appliquent
scrupuleusement la Charia en punissant de mort les relations homosexuelles,
trois – l’Afghanistan, l’Iran, l’Arabie saoudite –
l’auraient appliquée ces dix dernières années
selon Amnesty International.
Afrique
Probablement le continent le plus complexe : d’un côté,
certains pays appliquent la Charia, de l’autre, l’Afrique du Sud
est depuis 1995 le premier pays au monde à avoir inscrit dans sa
constitution la protection des minorités sexuelles. Mais d’une
manière générale, la répression est de mise,
surtout dans les États ayant hérité d’un système
judiciaire d’inspiration anglo-saxonne ou ceux qui appliquent la loi
islamique. Les peines de prison sont parfois très lourdes.
Pointés du doigt : le Soudan et la Mauritanie qui appliquent la Charia. À l'Île Maurice, très prisée par les touristes, l'homosexualité masculine est passible d'emprisonnement.
Asie / Océanie
Difficile d’obtenir des informations fiables sur la vaste Chine où
légalement les homosexuels ne sont pas sujets à poursuite
mais où l’on sait bien que toute forme de dissidence est rapidement
mise au pas. Le Japon, les Philippines, la Thaïlande sont relativement
cléments. L’Australie et la Nouvelle-Zélande font figures
d’exemples en Océanie.
Pointés du doigt : l’Inde reste piégée par des
lois héritées de l’Empire britannique et des préjugés
religieux et sociaux prégnants. Il convient toutefois de distinguer
une situation générale avec celles de villes occidentalisées
comme Bombay ou des lieux de villégiature comme Goa.
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