
12 millions de plus de 60 ans en 2005 selon
l’INSEE, 21 millions projetés à l’horizon 2035;
du temps libre et, pour beaucoup, un pouvoir d’achat
renforcé par la fin du remboursement d’un crédit,
le départ des enfants de la maison… Les professionnels
du tourisme se frottent les mains à l’idée
de millions de nos aînés disposés à se
payer des vacances. Pourtant, le « tourisme senior » n’est
pas un secteur sur lequel les voyagistes misent ouvertement.
L’explication est simple : les anciens sont des
voyageurs (presque) comme les autres. Petit tour d’horizon
de leurs habitudes en ce domaine.
Qui sont-ils ?
Parmi
les 55 ans
et plus, on distingue deux principales catégories
de voyageurs. Les enfants du baby-boom, nés après 1946,
sont de la génération des premiers routards.
Ils ont l’expérience des voyages et en maîtrisent
les ficelles, même les plus modernes comme les
séjours à bas prix vendus sur Internet.
Ceux qui voyageaient beaucoup pendant leur vie active
profitent de la retraite pour accélérer
le rythme; selon une étude de Touriscopie publiée
en 2004 pour le ministère du Tourisme(1),
ils représentent 10 à 15 % de
l’ensemble des retraités. Leurs parents,
qui sont nés avant les congés payés
et la démocratisation des voyages à l’étranger,
préfèrent les vacances en France, dans
les stations balnéaires ou à la campagne.
Qu’on se le dise: des habitudes bien rodées
ne changent guère. |
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Où partent-ils ?
Comme la majorité de la population française,
les seniors voyagent principalement dans l’Hexagone.
Selon une enquête de la SOFRES, en 1999, 89 %
des séjours des 65 ans et plus ont eu lieu en France
métropolitaine. Les régions qu’ils prisent
le plus sont, selon l’Observatoire national du tourisme,
les zones littorales (PACA, Languedoc-Roussillon, Bretagne,
Aquitaine) et la campagne (Rhône-Alpes, Pays de la Loire…).
Les moins de 65 ans sont plus nombreux à oser les
destinations lointaines ; parmi leurs endroits favoris,
on compte l’Espagne, les DOM-TOM, le Maroc, les USA,
le Canada, l’Égypte et la Thaïlande.
Quand partent-ils ?
Bien que les retraités n’aient, par définition,
pas de contraintes temporelles, 51 % des plus de 65 ans
partent en été, comme 57 % des Français.
Ce mimétisme s’explique par plusieurs facteurs.
Les jeunes seniors qui ont encore des enfants à la maison,
ou ceux qui partent avec leurs petits-enfants, voyagent pendant
les vacances scolaires. Surtout, ils tiennent à avoir
une vie sociale: la meilleure façon de ne pas
se retrouver tout seul, ou entre papys, en vacances, est encore
de partir en même temps que les autres. Cependant, ils
partent aussi le reste de l’année, profitant des
tarifs «basse saison» ou de promotions
offertes pour un séjour en semaine. C’est pourquoi
on a tendance à retrouver une forte concentration de
personnes âgées en période creuse.
Comment partent-ils ?
Pour la majorité des vacances, les seniors ne font
pas appel à des voyagistes. Près des deux tiers
profitent d’un hébergement «non marchand»,
c’est-à-dire d’une résidence secondaire
ou d’un pied-à-terre dans la famille ou chez des
amis. En revanche, lorsqu’ils font appel à des
professionnels, ils privilégient le confort et le tout
compris: hôtel, chambres d’hôtes, croisières,
thalassos, séjours en villages-vacances…
Que cherchent-ils ?
La plupart de nos aînés souhaitent voyager intelligent.
Les vacances ne sont pas une fin en soi : ils veulent
se cultiver, s’activer, plutôt que buller sur la
plage. Ils privilégient donc les formules incluant des
visites, le contact avec les locaux.
À lire: Le Tourisme à l’âge
de la retraite, de Pascal Pochet et Bernard Schéou,
La documentation française, 2002.
Conclusion: nos aînés voyagent, pour l’ensemble,
de la façon dont ils l’ont toujours fait et, plus
généralement, à peu près de la
même manière que la majorité des Français.
Ils ne cherchent pas à se démarquer des autres,
redoutant d’être parqués « entre
vieux » et privilégiant les rencontres intergénérationnelles.
Voilà qui explique qu’il n’existe que peu
d’offres touristiques exclusivement destinées
aux seniors. Quelques voyagistes cependant s’adressent
directement à eux.
(1) Baby-boom et consommation touristique à l’âge
de la retraite, étude qualitative de Touriscopie pour
la direction du Tourisme, décembre 2004. |