Voyager fauché : Se faire héberger gratuitement

Rencontré au cours d'un voyage au Québec, Samuel, jeune conteur breton, sillonnait les routes, sac au dos et flûte à la main. Il avait décidé de ne dépenser d'argent ni pour les transports (on l'a pris en stop), ni pour l'hébergement. Il vivait au jour le jour, sans savoir où il dormirait le soir même, comptant sur l'hospitalité des Québécois. Pour cela, il avait son truc : il frappait chaque soir à une porte, et demandait le gîte en échange d'un conte. Et ça marchait ! Grâce à cette jolie démarche basée sur la réciprocité, chacun trouvait son compte. Le voyageur, qui avait un endroit chaud où dormir, et ses hôtes, qui passaient une soirée pas banale.

On pourrait multiplier les exemples d'hospitalité proposée par des personnes rencontrées sur la route. Mais pour les plus frileux, c'est tout de même angoissant de ne pas savoir où dormir. Rassurez-vous, il est aussi possible de planifier un hébergement gratuit, grâce à des réseaux de solidarité principalement développés sur Internet et fondés sur l'échange.


L'échange d'hospitalité

Le principe : mettre en relation des personnes prêtes à accueillir gratuitement des voyageurs, pour quelques nuits ou plus. Celles-ci mettent à disposition une chambre d'amis, un canapé ou un coin pour poser sa tente. Il suffit de vous inscrire sur une base de données, le plus souvent sur un site Internet, ou auprès d'associations qui publient la liste de leurs adhérents. En général, on vous demande de vous engager à recevoir vous aussi des voyageurs, mais ce n'est pas systématique.

Le but affiché par les promoteurs de ce concept est de favoriser les échanges culturels, la compréhension mutuelle, la tolérance. Bien plus qu'un simple coup de pouce entre voyageurs, il s'agit donc d'une démarche militante visant à promouvoir la paix.

À vous de coller à cet état d'esprit ! Évitez de vous comporter comme à l'hôtel chez votre hôte. Accordez-vous à l'avance sur les conditions d'hébergement : la durée, si vous êtes nourri ou non… Dans l'affirmative, si vous restez plusieurs jours, proposez de participer aux courses, et pourquoi pas de cuisiner l'une de vos spécialités. Donnez un coup de main pour la vaisselle, ne laissez pas traîner vos chaussettes sales au milieu du salon… Bref, respectez les règles élémentaires du savoir-vivre.

Pour en savoir plus, consultez notre dossier sur le couchsurfing.


Deux sites ouverts à tous

  • Hospitality Club : www.hospitalityclub.org.
    300 000 membres dans 208 pays. Inscription gratuite. Vous créez votre profil (ville de résidence, possibilités d'accueil, etc.), puis pouvez accéder à la base de données qui recense les membres inscrits. Il n'y a pas de restrictions : vous n'êtes pas obligés de vous engager à héberger des membres si vous n'en avez pas les moyens. Le site est assez sécurisé : vous ne laissez pas directement vos coordonnées, on vous contacte d'abord via celui-ci. Il est administré par des bénévoles qui vérifient le contenu des messages envoyés et écartent les demandes abusives, comme celles d'aide à l'obtention d'un visa ou d'un travail…
  • CouchSurfing : www.couchsurfing.com.
    Revendique près de 2,5 millions de couchsurfers dans 245 pays. Littéralement " surf sur canapés ", ou comment voguer d'un canapé à l'autre… Vous créez votre profil gratuitement et accédez à ceux des autres surfeurs. Vous pouvez ne vous engager qu'à offrir un café à vos futurs invités, à leur faire visiter les environs, ou bien à leur offrir un bout de canapé.

Plus ciblé

  • Pasporta Servo : www.tejo.org/ps.
    1 294 hôtes dans 89 pays… et tous parlent l'esperanto ! C'est en effet la condition pour intégrer ce réseau. La liste d'adresses s'achète, pour 16,50 €, auprès de la World Esperanto Association, mais si vous vous engagez à devenir hôte, vous la recevrez gratuitement.
  • Warm Showers List : www.warmshowers.org.
    " La vélo-hospitalité sur le Web ", dixit le site français. Depuis 1993, rassemble des internautes disposés à offrir l'hospitalité aux cyclotouristes. Inscription gratuite et basée sur la réciprocité.

D’autres sites


L'échange d'appartements

Si vous possédez ou louez un appartement ou une maison, vous pouvez le troquer pendant vos vacances contre un logement à l'autre bout de la Terre. L'échange est simultané, c'est-à-dire que pendant que vous squatterez chez votre correspondant à New York, lui se la coulera douce dans votre deux-pièces parisien. Vous pourrez même utiliser sa voiture, si vous vous accordez à l'avance ! Moins enrichissant, donc, sur le plan humain, que l'échange d'hospitalité, mais tout aussi économique et pratique, surtout si vous tenez à votre indépendance.

Pour trouver un logement à échanger, il existe deux solutions. Vous pouvez faire vos recherches sur sites d'annonces comme sur routard.com par exemple . L'avantage est que vous ne dépensez pas un sou.

Sinon, vous pouvez passer par une agence Internet spécialisée, qui vous fera payer des frais d'inscription (l'échange en lui-même reste, par définition, gratuit), mais qui présente l'intérêt de réunir un plus grand nombre d'offres et de demandes. Une fois que vous avez sélectionné la maison qui vous intéresse, c'est à vous de contacter la personne qui souhaite l'échanger. Si le troc se concrétise, vous remplirez un contrat spécifiant les modalités de l'échange (nombre de personnes qui logeront dans la maison, utilisation du téléphone et de la voiture, etc.). Attention, les agences déclinent toute responsabilité quant aux actes des annonceurs qu'elles publient. Tout repose donc sur la confiance mutuelle.

Pour en savoir plus, consultez notre dossier sur l'échange d'appartements. Vous pouvez également utiliser nos petites annonces d'échanges d'appartements pour passer une annonce ou consulter celles des routarnautes.


Quelques sites Internet

  • SwitcHome : www.switchome.org.
    Cette association française, gérée par des bénévoles, offre l'avantage d'une inscription gratuite. Vous n'aurez donc rien à payer du tout pour échanger votre maison ! Les annonces couvrent 76 pays.
  • Echangedemaison : www.echangedemaison.com.
    Abonnement pour un an : 49 € ; à vie : 95 €. Des tarifs très compétitifs pour ce site d'origine française, dont on trouve des versions anglophone, espagnole et italienne.
  • HomeLink : www.homelink.fr.
    Frais d'inscription annuels : 125 € pour une annonce déposée sur le Web et imprimée gratuitement dans un des deux catalogues annuels. Le petit plus : publie aussi des annonces d'échange d'hospitalité, d'échanges pour une année sabbatique, ou encore pour garder une maison en contrepartie de l'hébergement (échange unilatéral).

D’autres sites


L'hébergement contre services : le WWOOFing

Vous avez l'esprit écolo ? Vous êtes prêts à user de l'huile de coude pour obtenir un toit et trois repas par jour ? Vous pouvez proposer vos services, un peu partout dans le monde, auprès d'une exploitation biologique, en échange du gîte et du couvert. Les hôtes qui proposent cette formule sont le plus souvent des fermiers, mais il peut aussi s'agir de particuliers qui veulent créer un potager biodynamique, de patrons de chambres d'hôtes prônant un accueil bio et nature… Ils sont regroupés au sein d'une organisation internationale, le WWOOF (World Wide Opportunities on Organic Farms : offres d'emploi mondiales dans des fermes biologiques), qui possède des antennes dans différents pays. WWOOF France notamment est en phase de création.

Si vous voulez " WWOOFer " dans un pays, vous devez adhérer à l'antenne nationale pour obtenir la liste des hôtes locaux. L'adhésion est valable un an, son tarif varie selon les pays. Compter de 15 à 30 €. C'est à vous de contacter les hôtes que vous choisissez, et de déterminer avec eux les modalités de votre séjour. En général, on vous demande de travailler quatre à six heures par jour. Le logement va du coin pour poser sa tente à la chambre privée.

Bien sûr, ce ne sont pas totalement des vacances, mais vous avez du temps en dehors du travail pour visiter la région. Avec de la chance, c'est même votre hôte qui vous servira de guide. L'expérience humaine reste l'attrait principal de cette formule.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site international de WWOOF.


Home-sitting

Après le baby-sitting et le dog-sitting, voici un nouveau concept : en français, le gardiennage de maison. Attention, le home-sitting est, pour l’instant, réservé aux seniors retraités. Ces sites permettent aux propriétaires de logement qui partent en voyage de faire garder leur maison par un retraité.
Le « gardien » est logé gratuitement en échange de tâches comme l’entretien des plantes du jardin ou la surveillance des animaux domestiques.

Sites : www.maisonbleucitron.com ; www.partirsanscontrainte.fr ; www.homesitting.fr ; www.ilidor.com


Ils ont osé le faire !

  • Un site rigolo publié par une Canadienne qui a passé pas mal de nuits dans les aéroports : www.sleepinginairports.net. Vous y trouverez un classement des meilleurs aéroports du monde où dormir !
  • Le site Internet de Samuel Allo, notre conteur nomade : http://samuelallo.com.


© Clitous Bramble

RETOUR vers p.2

SUITE vers p.4/5

Les articles à lire