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Travailler contre le gîte et le couvert

En voyage, l'une des principales dépenses concerne l'hébergement. Une bonne façon d'alléger cette charge est encore de se faire offrir le gîte, voire le couvert, en échange d'un coup de main pendant quelques heures par jour. Avantage du bénévolat : il ne s'agit pas d'un emploi rémunéré, ce qui autorise le voyageur à le pratiquer sans permis de travail. Outre les occasions qui peuvent s'offrir de façon inopinée, au hasard des rencontres du voyage, vous pourrez aussi préparer votre coup en vous inscrivant par exemple sur un chantier de bénévoles.

Des occasions à saisir

Les habitués des auberges de jeunesse le savent : il leur arrive, si elles manquent de personnel, de proposer à leurs hôtes de donner un coup de main pour le ménage pendant quelques heures (deux à trois en général), en échange d'une nuit gratuite. Si aucune annonce de ce type n'est affichée, n'hésitez pas à tenter votre chance en proposant directement vos services à la réception.
C'est ce qu'a fait Nathalie B., à peine arrivée à Los Angeles : « Une Française que j'avais rencontrée en Australie m'avait donné l'adresse d'une auberge sympa où ils prenaient souvent des bénévoles. En arrivant à l'aéroport, il se trouve qu'ils étaient justement en train de recruter des clients pour l'auberge. Ça tombait bien ! J'ai tout de suite demandé s'ils avaient besoin d'aide, et j'ai commencé le lendemain : 20 h par semaine, uniquement à la réception, avec des horaires précis. Le patron s'arrangeait toujours pour nous faire faire quelques heures supplémentaires à 5 US$ de l'heure, et j'allais recruter à l'aéroport (5 US$ la personne ramenée). Avec 30 à 50 US$ par semaine, ça me suffisait pour vivre ».

Le Wwoofing

© Céline PotardNon, il ne s'agit pas de promener bénévolement des caniches. « Wwoofing » est le substantif dérivé du sigle « WWOOF », qui signifie Willing workers on organic farms, ou encore travailleurs volontaires dans des fermes biologiques. Le principe : contre quelques heures quotidiennes d'aide dans une exploitation biologique, les wwoofers (encore un néologisme inspiré) sont logés et nourris chez les fermiers. Les tâches sont hétéroclites, de la récolte des carottes à la tonte des moutons, en passant par l'entretien du jardin ou la construction d'un nouveau hangar… La durée d'une mission se décide, elle, avec les exploitants : elle peut aller de deux jours à plusieurs mois. Un bon plan, donc, pour les amoureux de la campagne, qui n'ont pas peur de mettre les mains dans la terre ou qui souhaitent s'initier aux secrets de l'agriculture biologique.
WWOOF est une organisation qui regroupe des milliers de fermes à travers le monde. Il est possible de trouver une place dans pratiquement n'importe quel pays. Pour participer, il faut contacter l'antenne du pays qui vous intéresse ; en échange d'une cotisation annuelle (différente selon les pays), elle vous transmettra la liste des exploitants locaux qui adhèrent à l'organisme. À vous ensuite de contacter directement celui sur lequel vous aurez jeté votre dévolu et de fixer avec lui les modalités de votre séjour.
Plus d'infos sur le WWOOF : www.wwoof.org.

Les chantiers de bénévoles

Derrière l'appellation « BTP » des chantiers, qui évoque la construction d'un chemin de terre au Népal ou la retape d'un château du Moyen Âge délabré, se cachent des activités variées. Les chantiers sont des projets d'utilité générale, auxquels s'attellent pendant quelques semaines (une à trois le plus souvent) des groupes de bénévoles venus du monde entier. Ces projets peuvent être d'ordre humanitaire, culturel, écologique, social, etc., et concerner aussi bien la construction d'un puits qu'un programme d'aide aux personnes défavorisées, ou encore l'entretien d'un parc naturel… Chacun participe à la vie du groupe, à travers les travaux du chantier, mais aussi en accomplissant des tâches ménagères ou en préparant des repas.
Dans cette rubrique « bénévolat », le cas des chantiers est particulier. En fait de bénévolat, on vous demandera en effet, en plus du travail que vous fournirez, une participation financière aux frais du chantier (nourriture, hébergement, gestion de l'association organisatrice…). Ces frais varient, selon les associations, d'une à plusieurs centaines d'euros. On frise parfois l'arnaque, d'autant que, s'il est vrai que vous serez nourris et logés, le transport vers et depuis votre chantier sera entièrement à votre charge. Mais même s'il faut payer, cette solution peut être une bonne entrée en matière pour visiter un pays, le temps de s'adapter au mode de vie local sans plomber son budget. Autre intérêt : être bénévole est parfois le seul moyen de travailler dans un pays très pauvre, comme en Afrique par exemple.

Il existe en France de nombreux organismes proposant des chantiers dans le monde entier, le plus souvent en collaboration avec des associations locales. Pour en avoir une liste, contactez Cotravaux, qui coordonne plusieurs de ces organismes et pourra vous fournir des informations :
- Cotravaux : 11, rue de Clichy, 75009 Paris. Tél. : 01-48-74-79-20. Internet : www.cotravaux.org.

Les plus débrouillards pourront également chercher sur place une association qui embauche des bénévoles. Pour cela, renseignez-vous auprès du consulat de France, sur Internet ou faites confiance à la meilleure des sources : le bouche à oreille entre routards. C'est la solution qu'a choisie notre globe-trotteuse, Nathalie B., lorsqu'elle s'est rendue au Guatemala : « Pour le bénévolat, c'est mieux de voir sur place. Je m'étais renseignée depuis la France, mais il faut adhérer à des organismes et ça te coûte plus cher que de voyager. Je trouve que c'est exagéré : en fait, tu en viens à payer pour travailler. J'ai choisi Quezaltenango, ville moyenne, pas trop touristique mais tout de même très visitée : il y avait plein d'écoles de langues avec des projets de bénévolat. J'ai travaillé pour un projet de reforestation, je m'occupais quatre heures par jour de petits arbres dans une pépinière, et j'étais logée dans les locaux d'une école d'espagnol ».

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