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La
capacité de stockage d'une carte mémoire dépend,
on l'a dit, de son nombre d'octets et du poids des fichiers enregistrés.
Celui-ci est fonction de la taille des images, c'est-à-dire de
leurs dimensions en longueur et en largeur, exprimées en pixels.
Les appareils proposent plusieurs formats d'enregistrement (2 048´1 536,
1 600´1 200, etc.), mais il est conseillé de choisir
le plus grand pour obtenir une qualité optimale de l'image. Le
poids d'un fichier dépend également de son format de compression :
là aussi, on a le choix, mais il faut savoir qu'un taux de compression
trop puissant, s'il permet de gagner de la place, peut altérer
la qualité de l'image. Le format standard, et le plus généralement
conseillé, est le jpeg, qui offre le meilleur rapport qualité/poids.
Les appareils haut de gamme proposent aussi le format raw, qui donne des
fichiers un peu plus lourds, mais avec une qualité d'image proche
de la réalité.
Tout
cela pour en arriver aux faits : la capacité de stockage d'une
carte mémoire est limitée. Selon le modèle choisi
et le poids des fichiers, la fourchette va d'une dizaine de photos à
400, voire plus. Un peu court pour un tour du monde d'un an. Première
règle : triez vos photos dès que vous avez accès
à une alimentation secteur, et effacez celles qui ne vous plaisent
pas. Par précaution, mieux vaut de toute façon emporter
au moins deux cartes mémoire de capacité moyenne qu'une
seule de très grande capacité, ne serait-ce que si l'on
en perd une. Ça arrive !
Reste
à choisir la solution la mieux appropriée pour vider vos
cartes à l'autre bout du monde. Vous pouvez bien emporter votre
ordinateur portable, mais on fait plus léger. De plus en plus de
cybercafés disposent de graveurs de photos sur CD, mais il faudra
vous y connaître un minimum en logiciels de traitement informatique.
Vous pourrez aussi en profiter pour télécharger vos photos
sur Internet. Enfin, ceux qui préfèrent compter sur les
moyens du bord et qui sont assez riches pour ça pourront emporter
les dernières petites merveilles de technologie mises à
leur disposition. On pense aux graveurs de CD autonomes et aux disques
durs portables, qui se passent d'ordinateurs pour décharger les
cartes mémoire, ainsi que votre portefeuille au moment de l'achat.
Compter de 300 à 600 €.

Négatifs
ou diapos ?
Photographe
occasionnel, préférez les négatifs, plus faciles
à trouver partout dans le monde et qui tolèrent mieux les
erreurs d'exposition. Ils offrent une bonne qualité d'image jusqu'à
une sensibilité élevée (400 ISO ; au-delà,
le grain commence à être visible). Si leur tirage revient
plus cher que de développer une pellicule diapo, on n'a en revanche
pas besoin d'investir dans un projecteur ruineux (à partir de 250 €,
et ça grimpe très vite).
Les professionnels et les amateurs exigeants préfèrent les
diapos, dont la projection offre une image plus belle que le tirage d'un
négatif (on peut aussi obtenir des tirages papier à partir
de diapos, mais c'est plus cher qu'à partir de négatifs).
De plus, on peut « pousser » la sensibilité
d'un film diapo lors de la prise de vue. Cette astuce consiste à
régler son appareil sur un indice supérieur à la
sensibilité réelle du film, ce qui permet d'obtenir des
vitesses d'obturation plus rapides, même par faible luminosité,
et donc des images plus nettes. La sous-exposition sera compensée
au labo par un temps de développement plus long. Autant dire que
pour ce genre de tour de passe-passe, il faut déjà bien
connaître son appareil et le type de film utilisé. Cependant,
parce qu'il n'y a pas l'étape du tirage pour corriger certains
défauts, les diapos tolèrent moins bien les erreurs d'exposition
que les négatifs. Elles n'offrent une qualité optimale que
jusqu'à 100 ISO. Pour ces deux raisons, bannissez-les des
compacts, qui ne sont généralement pas assez précis
dans la mesure de la lumière.
Couleur
ou noir et blanc ?
Les
couleurs éclatantes d'un marché, du huipil d'une Indienne
ou d'un coucher de soleil sur l'océan Indien… Le voyage, c'est
avant tout une profusion de couleurs qu'il serait dommage d'ignorer. Mais
pour les accros au noir et blanc (qui n'auront donc pas besoin de ce conseil),
tout miser sur du 400 ISO évitera de s'encombrer d'une brochette
de films différents et conviendra à toutes les situations.
Sensibilité
Évitez
d'emporter un échantillonnage de toutes les sensibilités
qui puissent exister, la majorité des films resterait au fond de
votre sac. Mieux vaut miser sur une ou deux sensibilités différentes,
en fonction de la luminosité du lieu dans lequel vous vous rendez.
La base reste le 100 ISO, idéal en plein air par temps dégagé,
et qui rend un grain très fin. On peut compléter avec des
pellicules plus sensibles (400 ISO) pour les prises de vue en intérieur
sans flash, ou lorsque la luminosité est faible, dans la jungle
par exemple. Ce type de pellicule présente toutefois un grain moins
fin. Les 200 ISO ne sont pas assez sensibles, ni assez fines ;
elle peuvent cependant convenir à un compact, dont elles compenseront
le manque de précision de l'exposition. En diapo, on peut « pousser »
un film de 100 ISO jusqu'à 400 ISO pour obtenir un meilleur
résultat (voir plus haut).
À
emporter ou sur place ?
L'idéal
est d'emporter sa provision de pellicules avec soi, en prévoyant
large. Des pellicules sont en vente dans tous les sites touristiques,
mais le choix est souvent limité : difficile parfois de trouver
des négatifs peu communs, comme les 400 ou 800 ISO, et surtout
des diapos. On risque aussi, dans les coins reculés, de tomber
sur des pellicules périmées (le rendu des couleurs s'en
ressent) ou qui auraient été exposées à une
trop forte chaleur. En revanche, dans les grandes villes, le choix est
toujours important et les tarifs peuvent être intéressants
dans les pays bon marché.
Pour gagner
de la place, mais seulement si vous vous rendez dans un pays au climat
tempéré (pas de risque d'altération des rouleaux),
vous pouvez toujours enlever l'emballage carton et la cartouche en plastique
qui protègent les films, et les ranger dans un boîtier pour
diapos. Disposez ensemble les films identiques, et indiquez sur l'amorce
leur date de péremption.
À
l'aéroport : passer entre les rayons
C'est
la grande angoisse du photographe voyageur : les pellicules survivront-elles
à l'épreuve des rayons X ? Une règle d'or :
conservez toujours votre matériel photo en bagage à main.
Vous éviterez d'abord tout risque de vol ou de choc de la valise,
mais surtout, les puissantes radiations auxquelles sont soumis les bagages
en soute seraient fatales aux pellicules non exposées.
En
revanche, les bagages à main sont soumis, à l'embarquement,
à des rayons qui n'altèrent pas les films. Ceci est valable
dans les aéroports équipés d'appareils radiographiques
modernes, soit la quasi-totalité des aéroports internationaux.
Évitez tout de même de faire passer de trop nombreuses fois
la même pellicule aux rayons, surtout si elle est sensible (un aller-retour
entrecoupé de deux escales ne représentera pas de risque).
Les angoissés présenteront leur plus beau sourire aux agents
de sécurité pour leur demander d'inspecter manuellement
les pellicules ; dans ce cas, retirez-les de leur boîtier et
présentez-les dans un sac transparent. Mais ça ne marche
pas à tous les coups ! Ultime solution : emballer ses
pellicules dans un sachet en plomb (en vente dans les magasins spécialisés),
qui bloque les rayons. En général, après le passage
en machine, l'agent vérifiera le contenu du sachet à la
main.
Développement
Si
vous ne partez que quelques semaines, gardez vos rouleaux et développez-les
au retour. Pour un voyage plus long, en revanche, vous pourrez préférer
le faire sur place, ne serait-ce que pour vérifier que votre appareil
fonctionne correctement, ou parce que les conditions climatiques (chaleur,
humidité) pourraient finir par altérer les films. Dans certains
pays bon marché, la solution est économique, mais le risque
est d'obtenir un développement de qualité médiocre.
Le retirage à la maison est toujours possible, mais si le négatif
est rayé, il n'y aura rien à faire. Ne donnez qu'un seul
film pour commencer, et si le résultat est satisfaisant, passez
aux autres. Lorsque les tirages commenceront à peser lourd au fond
du sac, vous pourrez toujours les renvoyer à la maison.
Autre
solution : on peut préférer envoyer ses rouleaux à
un ami et lui demander de les faire développer. Vous vous enquerrez
du résultat auprès de lui pour vous assurer que votre appareil
est en bonne santé. Pour l'envoi, adressez-vous à un transporteur
spécialisé plutôt qu'à la poste, et vérifiez
qu'il ne soumette pas le colis à de trop fortes radiations. Pour
plus de sécurité, vous pouvez envoyer vos rouleaux en deux
colis séparés, ça évitera de tout perdre en
cas de problème.

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