
Pour
commencer, un conseil de bon sens : ne partez pas sans avoir vérifié
que votre appareil, à plus forte raison s'il n'a pas servi depuis
longtemps, est en bon état de fonctionnement, en sacrifiant une
pellicule test (12 poses). Et si votre matériel est flambant
neuf, familiarisez-vous avec avant le départ !

Aujourd’hui, les appareils photo numériques ont quasiment remplacé les appareils traditionnels dits « argentiques » dans les rayons des magasins. Les avantages du numérique sont attractifs :
appareils légers et compacts en général, possibilité
de visualiser directement les clichés sur l'écran au dos
du boîtier, puis de les effacer si on les estime ratés,
économie des tirages que l'on peut remplacer par l'enregistrement
de l'image sur CD ou sur ordinateur, possibilité de retravailler
l'image grâce à des logiciels spécialisés,
etc.
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Rappel : comment fonctionne un appareil numérique ?
En gros, la pellicule est remplacée par un capteur CCD et une
carte mémoire. Le premier reçoit la lumière et
la convertit point par point en codes informatiques (les picture
elements, ou pixels). Plus le nombre de pixels est élevé,
mieux les détails seront restitués. Aujourd'hui, on trouve
des appareils allant jusqu’à 12 millions de pixels (12 Mégapixels ou 12 MPix) mais pour obtenir des images de format traditionnel (10´15
cm), 3 voire 2 MPix sont amplement suffisants. Si l'on souhaite faire
beaucoup d'agrandissements, on optera pour une résolution plus
élevée. La carte mémoire sert quant à elle
d'espace de stockage des données fournies par le capteur CCD,
c'est-à-dire des images. Sa capacité de stockage se mesure
en méga ou gigaoctets (Mo ou Go). Le nombre d'images qu'elle
peut contenir varie en fonction de cette capacité, mais aussi
du « poids » de chacune des images (voir plus
loin notre rubrique « Stocker ses images numériques »).
La
simplicité d'utilisation des appareils numériques en a
conquis plus d'un. Cependant, en voyage de longue durée ou dans
des endroits reculés, leurs limites peuvent se faire cruellement
sentir. Tout d'abord, leur autonomie est réduite, surtout si
l'on utilise intensivement l'écran de visualisation, puisque
tout fonctionne à l'électricité. Si vous partez
toute une journée avec un seul jeu de piles, il y a peu de chances
que votre appareil tienne jusqu'au soir. Il faut donc prévoir
une bonne cargaison de piles dans ses bagages, ou bien un moyen efficace
de recharger ses batteries même là où les prises
de courant se font rares (voir « Piles et chargeurs »).
De plus, la capacité de stockage des cartes mémoire est
restreinte, et là aussi, il faut prévoir des solutions
de rechange lorsque la carte est saturée. Heureusement, on n'est
pas obligé de voyager avec son ordinateur portable pour y transférer
les fichiers de la carte à chaque fois qu'elle est pleine !
(Voir « Stocker ses images numériques »).
Outre
ces inconvénients, il faut reconnaître que l'argentique
possède des atouts qui savent encore convaincre les grands voyageurs
et les photographes passionnés. Les piles s'usent
bien moins vite qu'en numérique et, si une pellicule est terminée,
il n'y a qu'à la changer ! On ne se pose pas de
questions existentielles sur la meilleure façon de stocker ses
images. Pour les tirages dépassant le classique 10´15 cm,
la résolution d'une pellicule sera meilleure qu'un fichier numérique
(à part avec des appareils haut de gamme, donc hors de prix).
Les
différents types de boîtiers Compacts et reflex existent à la fois en
argentique et en numérique. Même si le prix des appareils numériques
a beaucoup baissé ces dernières années, il reste plus élevé que celui
des appareils argentiques de gamme et de qualité comparables. On pourra
s'y retrouver en prenant beaucoup de photos et en n'effectuant pas de
tirages papier.
Les
reflex
La
Rolls des appareils photo. Les reflex offrent une précision et une liberté
absolues de prise de vue. Le viseur, contrairement aux compacts où il
est indépendant de l'objectif, reflète l'image exacte cadrée par celui-ci
et permet de voir directement ce que l'on prend en photo. Les reflex
acceptent de multiples objectifs interchangeables, qui vont du grand
angle au téléobjectif : avec un même appareil et une manipulation
de quelques minutes, on peut passer d'une prise de vue panoramique dans
la savane à un gros plan sur le lion qui dort au fond de la scène. Idem
pour la panoplie d'accessoires, qui vont du flash indépendant aux filtres
colorés. Enfin si tous les reflex modernes sont entièrement automatiques
et permettent en un clic de rapporter des photos techniquement parfaites,
on peut aussi, en argentique, débrayer en mode semi-automatique ou manuel.
L'appareil a alors la délicatesse de laisser le photographe choisir
les réglages, ce qui s'avère utile par exemple lorsque la luminosité
est trop complexe pour les systèmes de mesure automatiques (trop grand
contraste des zones claires et sombres). Bref, les possibilités sont
infinies.
Les reflex ont la préférence des voyageurs qui veulent rapporter des
images d'une qualité optimum (sachant que ce qui fait une bonne photo,
c'est avant tout le photographe, et que l'appareil le plus sophistiqué
ne compensera pas les erreurs d'appréciation). En contrepartie, il faut
composer avec le poids et l'encombrement du matériel, surtout si l'on
se trimballe avec une panoplie d'accessoires. Pas forcément la solution
la plus pratique pour un trek au Népal, pas la plus discrète non plus
pour visiter un marché où les pickpockets aiment faire leurs courses.
Ceux qui voudront s'encombrer un minimum seront cependant amplement
satisfaits avec un modèle semi-automatique de base, avec flash intégré
et un petit zoom de 28-80 mm.
Les
bridges
Des appareils qui portent bien leur nom (bridge signifiant « pont » en anlais) puisqu’il se situe à mi-chemin entre les compacts et les reflex. Les objectifs sont bien plus gros que sur les compacts et donc les zooms beaucoup plus puissants (amplitude 12 voire 15X). Il est certes plus volumineux et donc plus encombrant que les compacts, mais les entrées de gamme restent assez pratiques pour une qualité et des fonctionnalités comparables à celles des compacts. Notez cependant que la qualité d’image ne sera pas meilleure et donc le véritable atout d’un bridge entrée de gamme reste la puissance de son zoom. Un zoom très sensible qui demande dans tous les cas un stabilisateur. Les modèles haut de gamme sont comparables aux entrées de gamme Réflex à un détail près : un objectif unique, non interchangeable.
Les
compacts
L'avantage
principal d'un compact, comme son nom l'indique, c'est son petit poids
et le peu de place qu'il prend. Pour être vraiment intéressant
en voyage, un compact doit tenir dans une poche ou une petite sacoche
accrochée à votre ceinture. Vous pourrez ainsi l'emporter
partout où vous n'oseriez pas prendre votre reflex. Optez pour les compacts tous temps ou étanches : vous pourrez ainsi déclencher en toute occasion. Plus d'excuse,
donc, pour ne pas prendre en photo cette statue rigolote croisée
en allant chercher un billet de bus, ou votre soirée de départ
au restaurant !
En revanche, il faudra dire adieu à toute velléité
artistique. Bien sûr, certains compacts possèdent des zooms
puissants (mais de moins bonne qualité que sur un reflex), offrent
la possibilité de déclencher ou non le flash à
sa guise (utile en contre-jour), proposent quelques « programmes-résultat »
permettant d'adapter la prise de vue à des conditions spécifiques
(portrait, scène de nuit, etc.). Mais l'appareil est entièrement
automatique et risque de fournir des clichés moyens dans les
situations les plus complexes. Un conseil : choisissez au minimum
des films de 200 ISO, qui tolèrent mieux les erreurs d'exposition,
contrairement aux diapos, à bannir.
Autre intérêt du compact : certains modèles
sont spécialement adaptés aux prises de vue tout terrain.
On pense aux appareils étanches aux projections d'eau ou, mieux
encore, ceux pour la photo sous-marine, idéaux pour la plongée.
Finalement, compacts et reflex se complètent plutôt bien,
l'un pour la maniabilité, l'autre pour la qualité. Les
plus motivés choisiront de partir avec les deux pour ne pas manquer
un seul souvenir de vacances !
Les
APS
L'avantage
des appareils APS (Advanced Photo System), c'est la petite taille
des pellicules et leur facilité d'insertion dans le boîtier :
elles se chargent automatiquement. Le film, exposé ou non, reste
toujours entièrement protégé dans sa cassette (son
contenant), qui contient des informations permettant de savoir si le
film est déjà exposé. Bref pas de risque d'exposer
deux fois un même film ou, au contraire, de développer
une pellicule non exposée. On a également le choix à
la prise de vue entre trois formats de tirage (classique, 16/9 ou panoramique).
L'inconvénient, c'est que les pellicules APS ne se trouvent pas
partout dans le monde. Appareils déconseillés, donc, pour
le voyage, d'autant que les numériques offrent les mêmes
possibilités, et mieux encore ! On ne parierait pas sur
la longévité de l'APS…
Les
jetables
Ceux pour
qui la photo en voyage est avant tout une question de souvenirs, et
qui ne souhaitent pas s'encombrer de matériel trop complexe ou
trop coûteux, choisissent volontiers cette solution. Surtout que
la qualité des photos reste correcte si l'on ne dépasse
pas le format classique 10x15 cm. Et puis l'on part l'esprit tranquille :
pas de crainte d'abîmer son bel appareil ou de se le faire voler…
Comme le compact, les jetables peuvent être un bon complément
d'un appareil classique, en particulier les modèles pour la photo
sous-marine ou panoramique.

Pour
éviter tout problème à la douane, munissez-vous
toujours des photocopies des factures d'achat de votre(vos) boîtier(s),
des objectifs, du flash… En principe, on ne vous posera pas de
problème avec un équipement de base, même si vous
partez avec deux boîtiers et deux objectifs, mais on n'est jamais
à l'abri d'un douanier soupçonneux. Si vous rapportez du matériel de l’étranger, vous devez le déclarer à la douane dès lors que le montant du produit dépasse 175 € par personne (non cumulable) : vous paierez alors la TVA et des droits de douane.
On
ne veut pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais conserver sa facture
à la maison sera aussi utile en cas de vol. L'assurance la réclamera
pour toute indemnisation, ça paraît normal. De même,
n'hésitez pas à aller porter plainte au poste de police
le plus proche, et à vous faire délivrer un procès-verbal
attestant le vol. En plus de l'anecdote à raconter au retour
(très folklo, les postes de police étrangers), le procès-verbal
convaincra votre assureur. Enfin, il serait dommage de terminer le voyage
sans prendre de photo, surtout si le vol survient au début !
Alors faites contre mauvaise fortune bon cœur, et achetez-vous
sur place un jetable ou un compact pas cher, de ceux par exemple où
l'on doit faire avancer le film manuellement. Mieux vaut rapporter des
photos moyennes que pas de photo du tout.
