LA REVOLUTION "LOW COST"

La petite histoire

Le phénomène des vols à bas coûts est une formule importée des États-Unis. C'est en 1991 que la compagnie irlandaise Ryanair, s'inspirant de la politique développée par l'américaine Southwest Airlines à partir des années 1970, se restructure pour se concentrer sur des lignes qu'elle exploite à coût et à prix réduits.Easyjet Sur sa liaison phare Dublin-Londres, elle devient vite un sérieux concurrent de British Airways.

D'autres compagnies prennent rapidement le relais, mais le phénomène explose réellement en Europe à partir de 1997, avec la déréglementation totale des transports aériens décrétée par la Commission européenne. Celle-ci autorise les transporteurs aériens à desservir n'importe quel aéroport des pays de l'Union, et met fin au monopole des compagnies nationales sur les liaisons intérieures, ouvrant la porte à la concurrence. Aujourd'hui, à côté des incontournables Ryanair et easyJet, les compagnies à bas prix se multiplient en Europe et élargissent leur offre de manière exponentielle.



Le paysage aérien européen bouleversé

GermanwingsDésormais, le paysage aérien du Vieux Continent a changé. En France, selon les statistiques de l’Union des Aéroports Français, les low cost ont représenté en 2009 plus de 17,5% du trafic, ce qui équivaut à plus de 25 millions de passagers ! En Europe, leur part de marché s’élève même à 35 %.

Signe de ce succès hexagonal : easyJet, désormais 2e compagnie en France, s'attaque à Air France avec une centaine de lignes au départ de notre pays et a installé une base à Lyon et à Paris CDG ! Ryanair a ouvert une base à Marseille, avant de la fermer pour des raisons juridiques.

De leur côté, les géants du ciel européen, comme Lufthansa ou Bmi, ont riposté en créant leurs propres filiales à bas coût, avec bmibaby par la britannique BMI ou Germanwings par la compagnie allemande Lufthansa. En Espagne, Iberia est entrée au capital de la low cost Vueling qui assure des vols en partage de codes avec la compagnie nationale espagnole. Ainsi, un Paris-Barcelone acheté chez Iberia peut être effectué par un avion de Vueling.

En France, le succès est rarement au rendez-vous : Aeris Express, Air Lib et, plus récemment, Air Turquoise ne sont pas parvenues à briser la domination sans partage d’Air France. La compagnie nationale a d’ailleurs créé en 2007 sa propre low cost, Transavia.com, qui dessert les principales destinations « loisirs » du bassin méditerranéen.


TransaviaEnfin, outre-Atlantique, les compagnies régulières, frappées durement par la crise, piquent des idées aux low cost. Elles ne proposent plus de repas ni de boissons gratuites sur les vols nord-américains et font payer l’enregistrement des bagages. Si les transporteurs européens n’en sont pas encore là, certains, comme Iberia ou SAS, n’hésitent plus à facturer la nourriture et les boissons à bord sur leurs vols intra-européens. Le low cost semble devenir un modèle pour toute l’industrie aérienne frappée par la crise et la hausse du coût du carburant.