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: vous roulez vers X et vous exultez, en refusant de penser au saut de puce naine que ça vous fait faire sur votre trajet total. L'opération séduction commence.

© Céline PotardQuelques conseils qui rendront le trajet plus agréable.
Si votre conducteur est kirghize et que vous ne parlez pas un mot de kirghize, ayez au moins un peu de nourriture à lui proposer.
En revanche, si vous maîtrisez la langue de votre conducteur, ayez toujours quelques sujets de conversation en stock. C’est à vous de vous montrer intéressant et de mener la conversation hors du cadre suranné de la pluie et du beau temps. Si le chauffeur est seul, prenez place à l’avant. Certains automobilistes n’aiment pas avoir un inconnu assis derrière eux. De plus, il est plus facile ainsi d’engager la conversation. N'oubliez pas que, s'il vous prend, ce n’est guère par pitié, mais parce que, ouvert de tempérament, il désire apprendre quelque chose de vous, de votre activité ou de vos voyages. Laissez-le parler et écoutez-le.
Soyez donc aimable et ouvert, mais n'hésitez pas cependant à vous montrer ferme sur certaines choses primordiales. Si, sur une autoroute allemande (où la vitesse n'est pas limitée), votre hôte veut vous impressionner et pousse son Audi jusqu'à 200 km/h, exigez qu'il reprenne une vitesse normale. Si, le long d'une route terriblement rectiligne du Kansas, votre chauffeur de poids lourd pique du nez, inventez n'importe quel prétexte pour qu'il s'arrête et fasse une pause.

: ça y est, toute méfiance a disparu entre le conducteur et vous.

© Céline PotardLes portes d'un monde merveilleux s'ouvrent devant vous. Car un conducteur séduit peut beaucoup. En Turquie, où la pause thé est une institution, il vous invitera à boire. En France, à l'occasion d'un plein d'essence, il peut vous offrir à manger. En Bolivie, où les habitants sont si fiers de leur pays, il vous proposera peut-être de passer par des routes détournées pour vous faire découvrir la région. En Patagonie, si vous lui êtes vraiment sympathique, il peut faire 100 km de plus, même si ce n'est pas sa route, pour vous déposer à destination. Et si, lorsque vous arrivez, il est trop tard pour trouver un hôtel ouvert, il vous invitera même à dormir chez lui.Un conducteur séduit peut donc devenir votre meilleur ami… si tant est que vous vous laissiez guider. Mais bien souvent, à l'étranger, dans un environnement dont on ne maîtrise ni la langue, ni la géographie, ni les coutumes, on a tendance à rester sur ses gardes. En Inde, après dix minutes de route pendant lesquelles vous n'avez pas échangé un mot, votre hôte peut vous proposer de venir loger chez lui quelques jours. Si vous n'avez pas reconnu en lui un authentique Sikh, et que vous ignorez que, pour lui, l'invitation est aussi naturelle que la poignée de main pour vous, vous risquez de vous braquer, de le vexer, et de passer à côté d'un séjour inoubliable. Vous devrez donc juger au cas par cas.
Enfin, quand vous descendez, n’oubliez jamais de dire au revoir ou merci à votre conducteur dans sa propre langue. C’est le détail qui l’incitera à prendre systématiquement les autres stoppeurs par la suite.



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