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: vous êtes toujours en rade et ça commence à vous énerver.
Il est temps de vous remettre en question : soignez votre apparence.

© Céline PotardL'idée répandue selon laquelle on peut faire du stop en ayant l'air d'être tombé de son lit trois minutes avant est fausse. En stop peut-être plus qu'ailleurs, les gens vous jugent sur votre aspect, même s'ils n'ont que quelques secondes pour vous apercevoir. Soignez un minimum votre look. N'ayez pas l'air crasseux, ne lancez pas un regard noir aux conducteurs, ne voyagez pas à six.

Une règle fondamentale est de porter une chemise de couleur claire, voire blanche. Une certaine forme d’originalité dans l’habillement n’est pas à bannir. De nombreux automobilistes aiment s’arrêter pour prendre des « petits-rigolos-qui-ont-l’air-bien-sympathiques ». Il va sans dire que le sac à dos est primordial, sinon indispensable, pour faire de la route. Mettez le bien en évidence car il présente la particularité de mettre les automobilistes en confiance. À noter que ces impératifs d'apparence perdent de leur importance à mesure qu'on s'enfonce dans des régions isolées. Quoi qu’il en soit, en toutes circonstances, veillez à respecter les habitudes vestimentaires de la zone où vous vous trouvez.

Ayez l’air détendu, même si vous attendez depuis trois heures, et surtout un léger sourire aux lèvres –sans exagération ! Regardez l’automobiliste droit dans les yeux afin d’établir aussitôt le contact avec lui. C’est d’ailleurs pour ça qu’il ne faut jamais stopper avec des lunettes de soleil. Fumer une cigarette pour tuer le temps est souvent une erreur fatale. Il faut viser le plus large public. Le conducteur non fumeur se demandera si l’auto-stoppeur va continuer de fumer dans sa voiture.

Autre recette miracle : voyager en couple, la présence féminine étant toujours rassurante. Globalement, il faut faire sentir au conducteur qu'il ne doit pas avoir peur de vous, sans pour autant que vous ayez l'air sans défense, et c'est pourquoi nous déconseillons formellement aux filles seules de faire du stop, où que ce soit. Faire rire ou surprendre peut aussi parfois aider : on a déjà vu des voitures s'arrêter parce qu'un auto-stoppeur leur tendait un bouquet de fleurs ou exécutait un pas de danse sur le bord de la route ! Le petit drapeau, aux couleurs de la terre natale (la France est assez bien vue à l’extérieur), cousu sur le sac à dos est également une bonne idée à l’étranger.

Finalement, la seule personne qui n'aura jamais aucun mal à faire du stop, c'est un top model de 23 ans. Cela dit, elle s'exposera à d'autres dangers bien plus graves que de rester en bord de route !

: un véhicule s'arrête, mais ce n'est pas une voiture, c'est un tracteur, une charrette ou un camion rempli de cochons, de militaires, de bidons d'essence, etc. et il propose de vous déposer cinq kilomètres plus loin.

Concernant le moyen de transport, a priori, tout est bon à prendre. Vous n'êtes pas vraiment en position de faire le difficile, d'autant plus que c'est peut-être le seul véhicule qui passera aujourd'hui sur cette route déserte, et qu’après tout, on vous rend service. Et puis, c'est aussi pour vous retrouver coincé entre trois moutons dans un camion bringuebalant en Anatolie que vous faites du stop, non ? La limousine, c'est amusant une fois, mais on s'en lasse vite.

Bon nombre de stoppeurs rechignent devant les routiers, prétextant que les camions sont moins rapides que les voitures. L’expérience prouve que c’est rarement vrai. En effet, les routiers sont peut-être moins rapides en vitesse de pointe, mais ils tiennent beaucoup mieux les moyennes. Ils s’arrêtent peu et effectuent de plus longues distances. Auto-stoppeur, prenez garde à respecter le camion de votre chauffeur : lorsque vous y montez, conduisez-vous en hôte !

Concernant la distance parcourue, c'est différent. Certes, un petit trajet vaut toujours mieux que pas de trajet du tout, mais attention à l'endroit où l'on vous propose de vous déposer : si d’aventure vous vous retrouviez coincé sur une route secondaire perdue dans la cordillère des Andes, vous regretterez amèrement la magnifique station-service plantée sur la panaméricaine, où vous étiez une demi-heure avant.

: de gros nuages gris à l'horizon, l'heure qui tourne : vous redoutez un déluge et la nuit, qui tombe tôt en cette saison.

Ne voyez pas tout en noir : faire du stop sous des trombes d'eau est un cauchemar, mais une fois trempé comme une soupe, vous inspirerez la pitié !

Le stop de nuit, s’il est fatiguant et parfois risqué, est incontestablement avantageux. La nuit, il n’y a guère de concurrents, fait intéressant lorsque l’on sait que pour sortir de Paris ou Rome par exemple, il faut en été quelques fois attendre son tour deux ou trois jours. Si vous êtes pris de nuit, jouez le jeu : discutez – ne serait-ce que pour empêcher votre conducteur de somnoler !

L’endroit idéal pour stopper la nuit est encore les pompes à essence ou les bretelles d’autoroute. Mais mettez vous toujours sous un réverbère.

Un tuyau bien utile pour les adeptes du stop de nuit : mettre une bande réfléchissante sur l’arrière de son sac à dos. Au Chili, les étudiants qui partent en stop pendant leurs vacances n'hésitent pas à faire des feux de bois sur les bandes d'arrêt d'urgence des autoroutes, afin de se signaler la nuit ! Ne les imitez pas ; sans lumière, il vaut mieux se trouver un endroit abrité, planter sa tente et attendre le lendemain pour recommencer. Moralité, évitez de faire du stop en Laponie en hiver : avec quatre heures de lumière par jour, c'est peine perdue.

: la crise de nerfs est proche. Des images de suicide et / ou d'anéantissement de l'humanité vous hantent. C'est le moment où vous perdez vos belles illusions sur le monde.

© Céline PotardDepuis cinq heures à l'entrée de l'autoroute du Sud, porte d'Orléans à Paris, vous maudissez votre copain parti faire du stop en Bretagne, et qui n'a aucun problème. Le stop marche mieux à la campagne qu'en ville.

L'une des raisons pour laquelle un automobiliste refuse d'embarquer un auto-stoppeur est qu'il a peur. Il craint pour lui, pour ses passagers s'il en a, pour son véhicule. Mais dans des régions moins urbanisées où la méfiance de l'autre n'est pas poussée à son paroxysme, là où les étrangers sont accueillis à bras ouverts, l’auto-stop n’est pas mission impossible. En Argentine, les habitants avouent refuser de prendre leurs compatriotes en qui ils n'ont pas confiance, mais acceptent des gringos avec plaisir.

Il vous faut une autre tactique.En voici un exemple :
Correctement utilisée, c’est une méthode des plus efficaces. Elle consiste à aller directement dans les restaurants de routiers ou les aires de repos à demander le plus aimablement possible :
– « Vous n’iriez pas à… par hasard ? » (ou mieux : en direction de…).
Ou mieux :
– « Ça ne vous dérangerait pas de prendre un malheureux auto-stoppeur qui poireaute depuis X heures ? » (X supérieur à 2).
Ou encore :
– « Pardon, monsieur, savez-vous à quelle heure il y a un car pour X, par hasard ? »
Il faut à tout prix que vous demandiez avec un sourire complice, de telle sorte que l’on vous considère comme un familier et que les barrières dressées par la méfiance soient aussitôt brisées.
Autres endroits particulièrement intéressants pour demander directement aux propriétaires de voiture :
– les auberges de jeunesse ;
– les terrains de camping.

: juste avant que vous vous couchiez en travers de la route, un véhicule s'arrête. Enfin !

C'est vrai, vous l'attendiez depuis longtemps, mais ce n'est pas non plus une raison pour se jeter dans les bras de n'importe qui. Réservez-vous le droit de refuser de monter si vous ne le " sentez " pas. Un rapide coup d'œil de l'aspect général du véhicule et de son pilote devrait déjà vous renseigner. Si la voiture perd de l'huile et des boulons, que la tôle est enfoncée partout, que des bouteilles d'alcool vides jonchent le sol et que l'automobiliste conduit pied nu, n'hésitez pas à inventer une destination impossible et laissez-le partir.Dans le cas contraire, faites-lui votre plus beau sourire et négociez la destination.

N’ayez jamais hors de l’esprit que lorsqu’un automobiliste s’arrête, il fait un effort pour vous. De grâce, n’ayez pas l’attitude de certains auto-stoppeurs qui refusent de monter dans un véhicule qui ne va pas assez loin. Si une telle attitude est excusable sur les autoroutes, elle devient insoutenable sur les routes normales. Un tel refus risque de vexer l’automobiliste qui hésitera à s’arrêter par la suite. La règle à adopter est de prendre n’importe quel véhicule qui va même vaguement dans votre direction.D’autre part, quand un chauffeur s’arrête, ne lui faites pas perdre son temps et courez vers la voiture.

Une remarque importante : lorsque le conducteur vous fait signe qu’il est plein, faites-lui aussitôt un signe de remerciement, non seulement parce que cela ne vous coûte rien, mais aussi parce qu’il arrive assez fréquemment que la voiture s’arrête et fasse une marche arrière, le conducteur vous disant : « Vous me semblez si sympathique que l’on va se serrer un peu. »



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