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Mélanie
Bonnet, consultante chez Price Waterhouse Coopers, cabinet de conseil
" En novembre
2001, j'ai passé deux semaines à Djibouti dans une association de femmes,
où j'ai donné des cours de gestion de projet. Je m'adressais à des femmes
qui gèrent des projets humanitaires sur place, et elles avaient besoin
de savoir comment on établit un budget, comment on gère un planning, etc.
J'ai toujours
eu envie d'une expérience comme celle-là. Par ailleurs, cela fait deux
ans que je m'occupe du projet Congé solidaire dans mon entreprise. Ce
qui a achevé de me convaincre, c'est la simplicité des démarches. Pas
besoin de reprendre des études administratives ou autre. Pas besoin non
plus d'être médecin. Toutes les compétences professionnelles et personnelles
sont les bienvenues.
Au sein de
l'entreprise, l'aventure Congé solidaire crée une sorte de communauté
informelle liée par l'esprit de curiosité et d'ouverture vers les autres.
En partant
de cette manière, j'ai découvert le milieu de l'humanitaire sous un autre
aspect. Le congé solidaire ne fonctionne pas encore de manière industrielle.
C'est un pendant intéressant aux grosses organisations.
Il faut quand
même savoir que partir demande beaucoup de travail : les attentes sont
très fortes dans les pays qui nous reçoivent et les exigences que nous
nous fixons sont élevées.
En ce qui
me concerne, cette expérience pourrait être un tremplin pour m'investir
davantage dans l'action humanitaire. Mais le congé solidaire n'est pas
forcément une "période d'essai", ce peut être une aventure ponctuelle.
"
Jean-Claude
Luton, enseignant en arts plastiques
" Ma motivation
principale ? L'envie de voir autre chose que ce qui se passe ici. Voyager
sans être touriste. Partir en congé solidaire, c'est avant tout un échange.
En juillet 2000, je suis allé au Liban où j'ai animé un atelier illustration.
Cet atelier s'intégrait dans un projet plus global de création d'un journal
autonome dans un camp palestinien. En avril 2001, je me suis rendu au
Mali comme coloriste au sein d'une association de teinturières qui voulait
former ses apprenties à la couleur, de manière théorique.
Ce genre
d'expérience vous amène à penser autrement, à repenser le monde. C'est
une déstabilisation intéressante et nécessaire. Mais cela ne force pas
à se lancer dans l'humanitaire.
On découvre
ce milieu, ses contraintes et ses limites. On se rend compte que l'aide
humanitaire arrive toujours très diminuée à cause du poids des structures,
de la masse d'intermédiaires, etc. L'humanitaire est devenu une industrie
qui fait travailler beaucoup de gens, même en Europe. Quand on part, on
se heurte à des murs financiers et administratifs. Tout est assez compliqué.
Le
congé solidaire offre une alternative intéressante. Mais il ne peut pas
non plus se passer de structure. "
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