Cuisine vénitienne
La cuisine vénitienne peut s'enorgueillir d'une tradition ancestrale. On retrouve dans la gastronomie vénitienne des saveurs et des goûts orientaux, que l'on rencontre rarement ailleurs en Italie.
En premier lieu, il s'agit d'une cuisine de marins, et même de bateau, nécessitant de jouer aussi bien la conservation que l'économie : on ne jetait rien.
Vous pourrez manger à Venise la traditionnelle pasta, en privilégiant toutefois les bigoli in salsa, gros spaghettis creux accompagnés d'une sauce à base de sardines et d'oignons, les spaghettis aux palourdes chers à Hugo Pratt ou les gnocchis à la vénitienne, apportés par les envahisseurs venus d'Europe centrale.
Mais il serait dommage de passer à côté des autres spécialités locales comme le risi e bisi, associant petits pois, jambon, lardons et riz, mijotés dans un consommé de poulet, ou la pasta-fagioli, à base de gros haricots rouges et de pâtes, sans parler de toutes ces autres soupes utilisant les légumes de saison.
Dans les restaurants aux alentours du marché, goûtez le fritto misto (friture mélangée de plusieurs variétés des produits de la mer : calamars, sole, lotte...). Ou encore les seiches farcies, à moins que vous ne succombiez devant les moleche, ces petits crabes farcis.
Quant au foie à la vénitienne, c'est une spécialité délicieuse quand elle est bien préparée... et quand on aime les onions. Un plat servi avec l'incontournable polenta.
Boissons
Vins
L'Italien en général, et le Vénitien en particulier, est un grand amateur et
buveur de vin. En Italie, on boit les vins plutôt jeunes et on n'attache
qu'une importance toute relative à l'année de production.
- Amarone : vin rouge de bonne garde, semblable, en plus sec,
au Recioto della Valpolicella. Un vin très alcoolisé pas si lointain
du porto.
- Bardolino : vin rouge léger provenant de la région du lac de
Garde. Se boit jeune et frais. Accompagne très bien le risotto ou la
polenta.
- Bianco di Custoza : provenant de vignes poussant au bord
du lac de Garde, c'est un vin blanc sec et rond sentant... les fleurs fraîches.
- Clinton : vin complètement illégal qui aurait des
effets semblables à l'absinthe. Aussi ne faut-il pas trop en abuser...
contrairement, paraît-il, à un certain Bill, qui en reçut plusieurs
caisses offertes par les producteurs, après son accession à
la présidence des États-Unis.
- Do Mori : une des plus belles et des plus anciennes osterie
de Venise avec Alla Vedova.
Un endroit à fréquenter le soir à partir de 18h, quand
une foule d’habitués se presse au zinc. Les amateurs de très
bons vins pourront goûter au verre à de petites merveilles…non
vénitiennes comme l’ornellaia (très bon vin de table
de la province de Livourne), le trignanello (vin de table de Toscane)
et autres barolo…
- Fragolino : ressemble comme deux gouttes d'eau au Clinton. Vin
tout aussi illégal, que vous aurez plus de chances de trouver dans les osterie et autres bacari. Un petit délice qui, au nez,
évoque la fraise - d'où son nom - et que vous trouverez tantôt en rouge, tantôt
en blanc. Se boit comme digestif.
- Maraschino : liqueur à base de cerises sauvages et acidulées.
- Prosecco : appelé tantôt Prosecco di Conegliano, tantôt Prosecco
di Valdobbiadene, c'est un vin sec très fruité ou un mousseux qui appartient
alors à la famille des spumante (mousseux). Décliné de mille façons, on le retrouve partout.
- Soave : vin blanc de qualité variable. Aussi est-il préférable
de privilégier le Soave Classico (sous appellation) et plus encore le
Recioto di Soave.
- Valpolicella : vin de Vénétie (région de Vérone). D'un rouge rubis, odorant, fruité, il est capable du pire comme du meilleur.
Apéritifs
Depuis des centaines d'années, certains Vénitiens font la tournée des bacari
et rentrent chez eux complètement rosti (ivres morts, en fait !). C'est une
tradition qui existe encore aujourd'hui, surtout à l'époque du carnaval.
- Spritz : une véritable institution à Venise. Apéritif vénitien à base
de vin blanc, plutôt amer avec du Campari, doux avec de l'Aperol et de l'eau
de Seltz, accompagné d'une olive ou d'une rondelle de citron ou d'orange.
À boire en terrasse, de préférence. Le meilleur se confectionne avec du prosecco
- Bellini : inventé par Arrigo Cipriani, qui sévissait au Harry's Bar. À Venise,
on dit que le meilleur bellini se boit au mythique Harry's Bar
(noblesse oblige). Ce qui ne signifie pas que le meilleur se boit forcément dans ce lieu mythique. À base de prosecco et de jus de pêche blanche fraîchement pressée. Un must qu'on peut trouver en bouteille toute l'année, mais question goût, ça change.
- Sgroppino : c'est un digestif. L'essayer, c'est l'adopter. À
base de sorbet au citron, de vodka et de prosecco. Très apprécié à la
fin d'un repas copieux, car très rafraîchissant. Dans les mariages, on
le sert entre les primi et les secondi.
Café
Rares sont les Italiens qui, au bar, demandent tout simplement un espresso. Certains le souhaitent macchiato (« taché » d'une goutte de lait). Le café au lait se dit : caffè latte. À ne pas confondre avec le cappuccino qui doit être mousseux et saupoudré, si on le demande, d'un peu de chocolat.
Vous pouvez aussi commandier le caffè corretto, « corrigé » d'une petite grappa, une eau-de-vie de raisin que les Vénitiens réservent aux jours de grand froid.
Uva alla grappa
Spécialité de Venise. À la fin d'un repas, on vous proposera peut-être des raisins secs gonflés dans la grappa d'uva, une eau-de-vie maison qui peut monter jusqu'à 70° ! La grappa
se décline sur plusieurs modes, selon la distillation ou les
parfums incorporés. Les plus aventureux pourront tenter la grappa alla liquirizia (réglisse).