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Culture Turquie

Danse et musique

La diversité raciale, l'isolement géographique des villages, les multiples influences ethniques et traditions culturelles ont engendré un folklore riche et varié.

Les danses

Les Anatoliens pratiquent des danses folkloriques à maintes occasions : naissance, circoncision, mariage... Lors des fêtes nationales, on peut souvent voir les écoliers danser. Des festivals sont organisés de plus en plus fréquemment.
Bien que ces danses aient certains traits communs quant aux style, rythme, mouvement, chaque région a ses spécificités :
- Dans la région de la mer Égée, on danse surtout des zeybek, exécutés par un seul danseur ou en groupe, souvent par des hommes en culottes courtes.
- En Anatolie centrale, la danse de la cuillère (kaşık oyunu) et le halay qui se danse en chaîne sont répandus.
- Les hommes de la région de la mer Noire, habillés d'ailleurs en noir, dansent le horon, une danse énergique qui fait trembler tous les membres du corps.
- En Anatolie orientale, la danse la plus connue est le bar, qui représente souvent une histoire vécue.
- En Thrace, la partie européenne de la Turquie, les gens dansent souvent le karşılama (danse de l'accueil), d'influence balkanique.
- Il faut ajouter à cette liste les danses d'origine mystique telles que celles des derviches Bektaşi et des derviches tourneurs (lire plus loin).
Ce n'est que récemment que l'accentuation de l'influence occidentale, l'exode rural, le développement du réseau routier et des moyens de communication, etc. ont graduellement évincé la danse traditionnelle de la vie de tous les jours.

La musique

Chez les Turcs, la musique fait partie intégrante de la vie. La musique turque, élaborée et savante, offre de très nombreuses formes. On en distingue deux principales : la musique populaire (halk müziği ou türkü) et la musique classique (sanat müziği ou klasik türk musîkisi).
- Musique populaire : citons le saz, ce luth à long manche très apprécié et encore très répandu en Turquie. Il accompagne les aşık (bardes), littéralement « amoureux ». De nos jours, vous entendrez souvent cet instrument, ou le zurna-davul (cousin de la bombarde accompagné d'un grand tambour à deux bâtons), à l'occasion des fêtes, mariages, etc.
- Musique classique : pour ne parler que d'un instrument, citons le ney (flûte en roseau) au timbre profond. Cette musique prend sa source dans la musique mystique comme celle des mevlevi (derviches tourneurs).
- N'oublions pas non plus la musique gitane, qui anime souvent les soirées du Çiçek Pasajı (passage aux Fleurs) dans l'Istanbul moderne, et la musique arabesk, écoutée surtout dans les taxis et les autobus, née du métissage des musiques arabe et turque et qui est aujourd'hui prépondérante.

Derviches tourneurs (Mevlevi)

Leurs cérémonies sont impressionnantes, envoûtantes et d'une grande poésie.
Les derviches tourneurs sont des religieux musulmans. Leur nom a pour origine le mot persan darwich qui signifie « pauvre ». Fondé par le poète mystique Djaläl al-Dïn al-Rümï (surnommé Mevlana, « notre maître ») au XIIIe s, l'ordre soufi des mevlevi, appelé communément derviches tourneurs, n'est présent aujourd'hui que dans deux villes : Konya et Istanbul. Il reste encore plusieurs tekke (couvents) en activité.
Les derviches utilisent la danse pour communier avec Dieu.
Avec l'instauration de l'État laïc en 1924, sectes et confréries religieuses sont interdites : les danses rituelles disparaissent.

Aujourd'hui cependant, à Konya, une fois par an, à la mi-décembre, les derviches tourneurs commémorent pendant une dizaine de jours l'anniversaire de la mort du poète Mevlana.
À Istanbul, il règne une certaine tolérance depuis les années 1950 et une vingtaine de tekke sont en activité. Certains acceptent les visiteurs, d'autres sont réservés strictement aux membres de la congrégation. Dans les tekke traditionnels, on peut assister à des cérémonies chaque semaine, tandis que celui du quartier de Galata à Istanbul propose une cérémonie-spectacle tous les dimanches à 15 h, pour les touristes. Se renseigner à l'office du tourisme. Un spectacle est également proposé à la gare de Sirkeci à Istanbul, plusieurs fois par semaine en saison. Billets en vente dans les agences de voyages.

Figures

- Mustafa Kemal, dit Atatürk (1881-1938) : de formation militaire, Atatürk entre dans le service actif en 1905. Ayant participé à tous les conflits qui ont secoué la fin de l'Empire ottoman, il prend la tête d'un mouvement qui proclame la République turque le 29 octobre 1923. Il en devient le premier président et impose à son pays des réformes sans précédent, qui propulsent la Turquie dans la liste des États modernes.
- Nazim Hikmet (1902-1963) : il est considéré comme l'un des plus grands poètes du XXe siècle. Hikmet rejoint la résistance turque lors de la guerre d'indépendance, après le démantèlement de l'Empire ottoman. Il part pour Moscou en 1921 pour des études universitaires où il est fortement influencé par le poète russe Maïakovski. À son retour en Turquie en 1928, il est condamné en raison de son appartenance au régime communiste. Régulièrement poursuivi, il s'exile en 1951. Il séjourne alors à Moscou, Cuba et Paris, où il rencontre ses amis Eluard et Aragon. Une grande partie de son œuvre a été traduite en français, et même chantée par Yves Montand et Mouloudji, entre autres.
- Yasar Kemal (1922) : un des écrivains les plus connu de Turquie et sûrement le plus lu à l'étranger. Il publie en 1955 Mehmet le Faucon, qui devient un immense succès, rapidement traduit dans de nombreuses langues. L'essentiel de son œuvre se trouve en librairie en français, dont son dernier roman, Regarde donc l'Euphrate charrier le sang, paru en 2004. Il tire son inspiration des légendes populaires et des récits des milieux ruraux. Sa prose poétique et exaltée rappelle la tradition orale des conteurs et des musiciens ambulants.
- Abidine Dino (1913-1993) : grand intellectuel, écrivain et peintre, ambassadeur de la culture turque à Paris aux côtés de sa femme Guzine. Après avoir fréquenté l'atelier de Picasso et côtoyé les surréalistes français, il a peint des tableaux poignants, notamment Hiroshima et les Fleurs du sang. Abidine s'est éteint à Paris, où il a passé une grande partie de sa vie, en exil.
- Orhan Pamuk (1952) : écrivain contemporain turc mondialement reconnu. Très populaires dans son pays, ses livres - La Maison du silence (1988), Le Livre noir (1996), Le Château blanc (1999), La Vie nouvelle (2000) - ont été traduits dans une vingtaine de langues. La confrontation entre Occident et Orient est un thème récurrent de son œuvre. Son dernier livre, Neige, a reçu le prix littéraire Médicis. Orhan Pamuk a reçu le prix Nobel de littérature en octobre 2006.
- Yilmaz Güney (1937-1984) : acteur et réalisateur populaire, le Robin des Bois turc, appelé aussi le « Roi Laid », prenait la défense des faibles au travers de ses films. Il a reçu la Palme d'Or au Festival de Cannes en 1982 pour son film Yol (La Permission) dont il avait écrit le scénario, réalisé par des amis metteurs en scène alors qu'il purgeait une peine de 18 ans en prison pour avoir tué un juge. Il s'évade en 1981 et se réfugie à Paris.

Médias

Presse écrite

Les principales publications étrangères sont disponibles dans les villes et régions touristiques du pays. La presse française est plutôt bien distribuée, moins cependant que les journaux allemands et anglophones. Le quotidien turc Turkish Daily News donne des nouvelles internationales en anglais.
Près de 3 450 périodiques, pour la moitié des hebdomadaires, sont publiés dans le pays. Parmi eux, une bonne vingtaine de quotidiens, pour la plupart basés à Istanbul, se partagent le marché de la presse nationale, concentrée au sein de quelques puissants groupes de presse. Le journal Cumhuriyet (50 000 exemplaires), qui correspond un peu au quotidien français Le Monde, est de tendance centre gauche, comme Radikal (50 000 exemplaires). Les quatre publications Sabah (« Le Matin »), Milliyet (« La Nation »), Posta (« Le Courrier ») et Hürriyet (« La Liberté », tendance centre) ont des tirages beaucoup plus importants (entre 250 000 et 600 000 exemplaires). Les quotidiens islamistes Zaman (« Le Temps », plus de 400 000 exemplaires) et Yeni Şafak (« Nouvelle Aube », plus de 100 000 exemplaires) ont vu leurs ventes progresser après l'arrivée au gouvernement du Parti de la Justice et du Développement (AKP) de Recep Tayyip Erdoğan.

Télévision

Le paysage audiovisuel turc a connu un bouleversement dans les années 1990, avec une véritable explosion du nombre de chaînes après l'amendement en 1993 de l'article 133 de la Constitution mettant officiellement fin au monopole de l'État. Il existe aujourd'hui près de 300 chaînes dont 24 nationales, 16 régionales et 214 locales, pour la plupart privées, et trois chaînes d'information continue : NTV, CNN Turk (une joint-venture avec la CNN américaine) et France 24.
Le marché turc de la télévision est aujourd'hui dominé par quelques grands groupes de médias qui possèdent les cinq principales chaînes nationales du pays (ATV, Kanal D, Interstar, Show TV et TGRT). Chaque chaîne est intégrée à de puissants holdings de presse regroupant journaux, radios ou télévisions. La concentration autour de quelques grands groupes entraîne une compétition souvent féroce entre les grandes chaînes.

Radio

Plus de 1 000 radios émettent en Turquie, diffusant en majorité de la musique anglo-saxonne et parfois... française. Pour ce qui est de l'actualité, TRT-3 diffuse sur la bande FM des bulletins d'information succincts en anglais, en allemand et en français. Radio France Internationale (RFI) n'émet plus en Turquie depuis 2001. La station Joy FM émet dans la région d'Istanbul et accorde une large place à la chanson française.



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