Danse et musique
La diversité raciale, l'isolement géographique des villages, les multiples influences ethniques et traditions culturelles ont engendré un folklore riche et varié.
Les danses
- Les Anatoliens pratiquent des danses folkloriques à maintes
occasions : naissance, circoncision, mariage... Lors des fêtes nationales, on
peut souvent voir les écoliers danser. Des festivals sont organisés de plus
en plus fréquemment.
- Autres danses, d'origine mystique : celles des derviches Bektasi
et des derviches tourneurs.
La musique
Chez les Turcs, la musique fait partie intégrante de la vie. On en distingue
deux principales : la musique populaire et la musique classique :
- Musique populaire : citons le saz, ce luth à long manche
très apprécié et encore très répandu en Turquie. Il accompagne les asik (bardes),
littéralement “ amoureux ”. De nos jours, vous entendrez souvent cet instrument,
ou le zurna-davul (cousin de la bombarde accompagné d'un grand tambour
à deux bâtons), à l'occasion des fêtes, mariages, etc.
- Musique classique : pour ne parler que d'un instrument, citons
le ney (flûte en roseau) au timbre profond. Cette musique prend sa source
dans la musique mystique comme celle des mevlevi (derviches tourneurs)
que l'on peut entendre à Istanbul, le dimanche en saison et à Konya en décembre
à l'occasion d'un festival.
- Ne négligeons pas non plus la musique gitane qui anime souvent
les soirées du Çiçek Pasaji (passage aux Fleurs) à Istanbul, la musique
arabesk écoutée surtout dans les taxis et les autobus,
née du métissage des musiques arabe et turque et qui est aujourd'hui prépondérante.
Médias
Journaux
On trouve les principales publications étrangères dans tous les quartiers touristiques.
La presse française est assez bien distribuée, moins cependant que la presse
allemande et anglophone. Le Turkish Daily News est un quotidien turc, assez répandu,
qui donne, en anglais, des nouvelles du monde entier. Une bonne vingtaine de quotidiens,
pour la plupart basés à Istanbul, se partagent le marché
de la presse nationale, concentrée au sein de quelques puissants groupes
de presse.
Télévision
Le paysage audiovisuel turc a connu un bouleversement dans les années
1990, avec une véritable explosion du nombre de chaînes. Alors
que la première chaîne privée n’a commencé
à émettre qu’en 1989, il existe aujourd’hui près de 300 chaînes
dont 24 nationales, 16 régionales et 214 locales, pour la plupart privées, et 3 chaînes
d’information continue, NTV, CNN Turk (une joint-venture
avec la CNN américaine) et France 24.
Le marché turc de la télévision est aujourd’hui dominé
par quelques grands groupes de médias qui possèdent les cinq principales
chaînes nationales du pays (ATV, Canal D, Interstar,
Show TV et TGRT).
Radio
Plus de 1 000 radios émettent en Turquie, diffusant en majorité de la musique
anglo-saxonne et même parfois... française.
Pour ce qui est de l'actualité, TRT-3 diffuse sur la bande FM des bulletins
d'information en français, en anglais et en allemand.
Figures
- Mustafa Kemal, dit Atatürk (1881-1938) : de formation militaire, Atatürk entre dans le service actif en 1905. Ayant participé à tous les conflits qui ont secoué la fin de l'Empire ottoman, il prend la tête d'un mouvement qui proclame la République turque le 29 octobre 1923. Il en devient le premier président et impose à son pays des réformes sans précédent, qui propulsent la Turquie dans la liste des États modernes.
- Nazim Hikmet (1902-1963) : il est considéré comme l'un des plus grands poètes du XXe siècle. Hikmet rejoint la résistance turque lors de la guerre d'indépendance, après le démantèlement de l'Empire ottoman. Il part pour Moscou en 1921 pour des études universitaires où il est fortement influencé par le poète russe Maïakovski. À son retour en Turquie en 1928, il est condamné en raison de son appartenance au régime communiste. Régulièrement poursuivi, il s'exile en 1951. Il séjourne alors à Moscou, Cuba et Paris, où il rencontre ses amis Eluard et Aragon. Une grande partie de son œuvre a été traduite en français, et même chantée par Yves Montand et Mouloudji, entre autres.
- Yasar Kemal (1922) : un des écrivains les plus connu de Turquie et sûrement le plus lu à l'étranger. Il publie en 1955 Mehmet le Faucon, qui devient un immense succès, rapidement traduit dans de nombreuses langues. L'essentiel de son œuvre se trouve en librairie en français, dont son dernier roman, Regarde donc l'Euphrate charrier le sang, paru en 2004. Il tire son inspiration des légendes populaires et des récits des milieux ruraux. Sa prose poétique et exaltée rappelle la tradition orale des conteurs et des musiciens ambulants.
- Abidine Dino (1913-1993) : grand intellectuel, écrivain et peintre, ambassadeur de la culture turque à Paris aux côtés de sa femme Guzine. Après avoir fréquenté l'atelier de Picasso et côtoyé les surréalistes français, il a peint des tableaux poignants, notamment Hiroshima et les Fleurs du sang. Abidine s'est éteint à Paris, où il a passé une grande partie de sa vie, en exil.
- Orhan Pamuk (1952) : écrivain contemporain turc mondialement reconnu. Très populaires dans son pays, ses livres - La Maison du silence (1988), Le Livre noir (1996), Le Château blanc (1999), La Vie nouvelle (2000) - ont été traduits dans une vingtaine de langues. La confrontation entre Occident et Orient est un thème récurrent de son œuvre. Son dernier livre, Neige, a reçu le prix littéraire Médicis. Orhan Pamuk a reçu le prix Nobel de littérature en octobre 2006.
- Yilmaz Güney (1937-1984) : acteur et réalisateur populaire, le Robin des Bois turc, appelé aussi le « Roi Laid », prenait la défense des faibles au travers de ses films. Il a reçu la Palme d'Or au Festival de Cannes en 1982 pour son film Yol (La Permission) dont il avait écrit le scénario, réalisé par des amis metteurs en scène alors qu'il purgeait une peine de 18 ans en prison pour avoir tué un juge. Il s'évade en 1981 et se réfugie à Paris.