Santé
Carte européenne d'assurance maladie
Pour un séjour temporaire en Suède, pensez à vous procurer la carte européenne d'assurance maladie. Il vous suffit d'appeler votre centre de Sécurité sociale (ou de vous connecter à son site Interne) qui vous l'enverra sous une quinzaine de jours. Cette carte fonctionne dans tous les pays membres de l'Union européenne, ainsi qu'en Islande, au Lichtenstein, en Norvège et en Suisse.
C'est une carte plastifiée bleue du même format que la carte vitale. Elle est valable un an, gratuite et personnelle (chaque membre de la famille doit avoir la sienne, y compris les enfants). Attention, la carte n'est pas valable pour les soins délivrés dans les établissements privés.
Les moustiques
Non, nous ne confondons pas Suède avec Casamance. C'est vrai, le moustique est une espèce des pays chauds et humides... Or, il peut faire jusqu'à 32 °C sur les lacs et dans les forêts suédoises (sans compter les marais). On ne veut pas faire retomber votre enthousiasme et vous dégoûter du pays, on veut seulement que vous partiez prévenu et équipé, vos vacances n'en seront que plus réussies. Alors, on y va !
- Les moustiques sévissent surtout du 20 juin à fin juillet, alors que le mois d'août peut être plus tranquille. En fait, ce sont différentes vagues de différentes espèces dont les éclosions se succèdent dans le temps. Mais ils n'ont que quelques semaines de vie, et donc leur activité frénétique redouble d'intensité pour perpétuer l'espèce. Et vous faites partie (avec les autres espèces à sang chaud) de leur plan survie. Ça vous tranquillisera peut-être de savoir que, sur quarante espèces présentes dans ces pays, une dizaine seulement s'intéresse aux humains...
- Plus vous montez vers le nord, plus ils sont nombreux et voraces.
- Préférez les crèmes locales, beaucoup plus efficaces, aux « moustimachins » vendus en France. En plus, si vous êtes chanceux et que les moustiques se tiennent au calme durant votre visite, vous aurez évité une dépense. Pour la nuit, l'idéal : la moustiquaire imprégnée d'insecticide.
- Les gadgets électroniques censés émettre la fréquence qui éloigne tous les moustiques de la création sont des attrape-gogos.
- En randonnée, portez un chapeau ou un foulard sur la tête. Fermez le bas de vos pantalons avec des pinces à vélo ou de simples élastiques, ou enfoncez-les dans vos chaussettes. Si vous êtes en short, ne soyez pas avare de produit. Avec votre spray, aspergez aussi T-shirt et pantalon.
- Soignez votre toilette. L'odeur de la sueur attire les moustiques en grand nombre. Dans un groupe, ils s'abattront en escadrilles sur le randonneur le plus stressé ou le plus négligé !
- En canoë ou en bateau, éloignez-vous de la berge : les moustiques ne vous suivront pas.
- Le soir, faites une flambée, le feu les éloigne. C'est autorisé dans certains campings, sur des emplacements ad hoc. Faute de feu, faites brûler du pyrèthre en spirale ou en barrette (en vente chez votre marchand de matériel de camping).
- Si vous le pouvez, installez-vous dans un endroit aéré (avant d'y planter la tente, consultez la météo !).
- En vous couchant, rendez hermétique votre tente ou votre camping-car, puis partez en chasse en fouillant de fond en comble : un seul moustique suffit à vous faire passer une mauvaise nuit.
- Si vous dormez sous la tente, le matin au réveil, tendez l'oreille. Ils sont des milliers à vous guetter. Une seule parade : votre crème ou votre spray. Après trois ou quatre jours un peu désagréables, vous n'y penserez plus et la lutte anti-moustiques fera partie de vos gestes quotidiens. De temps en temps, ils vous auront, mais la faible quantité de microbes et de bactéries à cette latitude fait que, sauf réaction allergique, les piqûres ne sont pas très douloureuses et toute trace disparaît vite.
- Enfin, pour ceux qui ont tout essayé, voici un antidémangeaisons inédit : coupez un oignon en deux et frottez les endroits exposés aux piqûres. C'est une recette des gardes forestiers norvégiens. Évidemment, eux, ils s'en moquent, ils ne vont pas en boîte le soir...
Les moucherons mordeurs
Comme dans beaucoup de pays du nord de l'Europe (Écosse, Norvège, Finlande) ou du Canada, vous risquez de temps à autre de tomber sur une bestiole éprouvante que les scientifiques rattachent à la famille des Ceratopogonidae et que les anglophones appellent biting midge ou no-see-um, déformation de « no see them ». En effet, ils sont gros comme le point à la fin de cette phrase.
C'est pour vous mordre sauvagement que ces horreurs ailées s'abattent sur vous par milliers ! Heureusement, le phénomène reste très localisé dans le temps comme dans l'espace, et on peut en tirer parti : allons-y donc pour un cours de sciences nat'. Pour se reproduire, la bestiole élit volontiers domicile dans les mares boueuses. Ce n'est pas ce qui manque en Suède ! Question alimentation, c'est un monomaniaque shooté au sang frais, mais peu sélectif : il attaque reptiles, autres insectes et bien sûr mammifères. Certains rennes agressés par ces créatures du diable peuvent devenir très nerveux et se précipiter sous vos roues sans crier gare. En effet, chaque morsure gratouille un peu, alors imaginez, multipliée par cent ou plus !
En cas d'attaque, sautez sur votre antimoustiques local, qui devrait vous protéger. Mais les produits conçus pour l'Europe de l'Ouest sont notoirement peu efficaces. Ces bestioles sont notamment quasi insensibles au DEET. Par contre, vous pouvez vous munir d'essence de pouliot (Hedeoma pulegioides, vendu comme produit homéopathique) : il semble que quelques gouttes sur chaque membre et de-ci, de-là sur le visage aient un effet répulsif efficace.
Tous ces produits vous éviteront d'être mordu, mais pas d'avaler ou d'inhaler une partie du nuage qui vous entoure ! Fuyez donc, en mettant à profit certaines spécificités de vos agresseurs : d'une part, ils ne s'éloignent guère de plus de 500 m de leur lieu de naissance et d'autre part, la plupart des espèces ne sortent que dans des conditions d'éclairement très spécifiques, correspondant à la tombée de la nuit ou à un ciel plombé.
Au camping, voyez si vous pouvez changer d'emplacement. Sinon, si vous êtes attaqué au crépuscule, vous pouvez attendre la tombée de la nuit (conseil idiot si vous lisez ce guide en juin ou juillet au niveau du cercle polaire...).
Si vous avez été mordu, ça gratouille dur, mais une bonne douche vous soulagera, grâce à l'action antiseptique du savon. Chez certaines personnes sensibles, les marques peuvent persister plusieurs jours.
Tabagie et snuss
Cette petite rubrique pour signaler que les Suédois ont été les premiers au monde à atteindre un chiffre de moins de 20 % de la population consommant régulièrement du tabac. Cela mérite d'être souligné.
En revanche, bon nombre de messieurs s'adonnent ostensiblement à la pratique du snuss, sorte de petite boulette de tabac que l'on place derrière la lèvre supérieure, sur les gencives. Ce n'est pas très seyant, mais c'est terriblement viril ! Si vous voyez un Suédois aux dents noires et à la lèvre rebondie, pas de doute, c'est un snusseur !
Depuis le 1er juin 2005, il est interdit de fumer dans les lieux publics. La loi prévoit que les restos, bars et boîtes peuvent ouvrir une zone fumeurs séparée dans laquelle il est interdit de servir de l'alcool ou de la nourriture. La vente de tabac est interdite aux moins de 18 ans.
Dangers et enquiquinements
Le seul danger qui menace le visiteur est la rencontre inopinée avec un élan dans le rayon de ses phares. Prudence donc au volant surtout la nuit (qui est longue en hiver).