Dans la pratique, ce système d'« État-providence », vise avant tout à assurer à chaque citoyen un confort matériel et un niveau de sécurité décents. Suite à la crise économique traversée par la Suède dans les années 1990, le système a néanmoins subi de sévères coupes, et quelques acquis n'ont pas manqué d'être remis en cause (système des retraites en partie privatisé, etc.).
Cette politique, dont l'objectif est de gommer au maximum les inégalités sociales ou physiques, protégeant les catégories les plus défavorisées et les plus faibles (personnes âgées, handicapées, enfants, etc.), a un prix. Le Suédois est ainsi l'un des contribuables les plus imposés au monde. Cette société lui offre, certes, un grand confort de vie général, mais il le paie, et pas uniquement au travers des impôts.
Pour illustrer la générosité de cet État-providence, on cite souvent en exemple le congé parental : afin d'assurer l'égalité des sexes dans un couple, ce congé indemnisé est d'une durée totale de 16 mois, dont 60 jours destinés à la mère et 60 autres au père (et les autres jours à répartir au choix). Les statistiques montrent qu'en réalité ce sont tout de même les mamans qui prennent le plus de congés parentaux... parce que le montant des indemnités est plafonné et que, comme partout ailleurs, les dames gagnent moins que les messieurs. À nuancer donc.
Par ailleurs, quand on se penche un peu plus sur le système de l'assurance sociale, celui-ci se révèle moins généreux qu'on ne tend à le croire. Si, par exemple, le suivi des femmes enceintes et les soins médicaux et dentaires pour les moins de 20 ans sont gratuits, il en va tout autrement pour le reste de la population. Aussi l'usager doit-il mettre la main au portefeuille et payer un ticket modérateur (de 100 à 300 Sk) pour toute consultation d'un service de santé.
On pourrait également citer le système des retraites et de l'assurance chômage, faisant désormais tous les deux appel à des cotisations volontaires et privées. En revanche, suite à l'explosion du travail féminin depuis les années 1970 et dans le souci de garantir l'égalité à tous, une politique familiale de taille a été mise en place. Ainsi, depuis 1985, toute commune doit être en mesure de fournir à chacun de ses petits habitants de plus de 18 mois une place en crèche ou en école maternelle, et ce jusqu'à l'âge de sa scolarisation (vers 6 ou 7 ans). En revanche, cet accueil est payant (en fonction des revenus des parents et de la commune). Donc le Suédois est un citoyen protégé, très encadré, mais de moins en moins gâté avec les années : tout individu pouvant payer paie.
Rappelons également que les enfants possèdent de véritables droits, que le consommateur est très défendu contre la publicité mensongère, que l'égalité des sexes n'est pas un vain mot (47% de femmes au Parlement) et que la liberté de la presse y est totale.
L'écologie y est loin d'être un vœu pieux : les farines animales y sont interdites depuis 1986, de même que l'emploi systématique des antibiotiques sur les animaux sains. La Suède s'est, par ailleurs, bien plus que chez nous, convertie au commerce équitable.
Poursuivre des études coûte beaucoup d'argent. Mais il existe un système de bourses et de prêts très développé. L'État prête à l'étudiant une somme d'argent pour la durée de ses études.
Il est intéressant de constater que, si le modèle social porte le mot « solidarité » à sa plus haute expression, c'est l'individualisme qui régit les comportements particuliers. Les règles de la propriété privée doivent être strictement respectées, on ne doit pas empiéter sur l'espace personnel... Bref, la solidarité est une véritable doctrine d'État, mais on ne la retrouve pas nécessairement dans la rue.
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