Savoir-vivre et coutumes
Il pisolino (la sieste)
La sieste (il pisolino) fait partie des traditions depuis l'Antiquité. L'été surtout, la ville s'endort après le déjeuner. Les boutiques ferment, la circulation ralentit, et les travailleurs de la sixième heure (sieste vient de sexta hora) sont l'exception. Mais un effort est actuellement entrepris par les autorités pour transformer les habitudes.
La rue
Comme dans de nombreux pays méditerranéens, la rue est un lieu social avant tout. Vers 16 ou 17 h, on sort et on s'installe devant le pas de sa porte pour parler de tout et n'importe quoi (du foot principalement).
La passeggiata (la promenade)
En Sicile, c'est une véritable institution ! Entre 18 h et 20 h, les rues enflent, se gonflent d'une foule extraordinaire qui monte et descend le long du pavé en un rite immuable. Pour l'observateur étranger, l'une des images les plus évocatrices de la vie citadine et surtout villageoise, le meilleur moyen aussi de constater à quel point les mœurs et les comportements ont évolué depuis quelques années. Et c'est au gré de ces évolutions que la passeggiata se poursuit.
La Mafia
Il existe cinq grandes organisations criminelles en Italie : la Camorra, la ‘Ndrangheta, la Sacra Corona Unita, l'Anonima Sequestri et la Cosa Nostra.
La Mafia, qui joue depuis longtemps un rôle dans les coulisses du pouvoir, s'appuie alors sur un contrôle du territoire qui fait les affaires du nouveau régime.
L'omertà, ou loi du silence, est une règle qu'aucun homme « digne de ce nom » ne saurait transgresser. D'où les assassinats de ceux qui parlent (et surtout aux forces de l'ordre). Cette règle, parmi d'autres, est encouragée par une culture atavique que l'on retrouve un peu partout en Méditerranée.
L'Onorata società (honorable société) dégénère au fil des années (XIXe siècle). Du contrôle du territoire on passe à celui des consciences. Les droits féodaux du seigneur semblent ne jamais devoir mourir. La Mafia donne le travail, ou ne le donne pas ; permet l'ouverture des commerces, ou ne le permet pas.
L'ascension du clan des Corleonais après-guerre signe une dérive dans l'ultraviolence. Racket, assassinat de tout opposant, élimination systématique de toute personne liée au clan adverse, et surtout à la fin des années 1950, entrée dans le trafic international de la drogue. Néanmoins, les habitudes ont la vie dure et l'ordonnance « ne rien voir, ne rien entendre, ne rien révéler » subsiste en dépit de tout dans les mentalités jusqu'aux années 1980. Seul le juge Falcone réussit l'exploit de faire imploser le mur du silence. Il l'a payé de sa vie.
L'État contre la Mafia
Traditionnellement, la Mafia ne se mêle pas de politique. Mais le Ventennio, les années fascistes, va la mettre en péril et provoquer une réaction fatale. Mussolini donne mandat au Préfet Mori d'éliminer la Mafia par tous les moyens.
Mais, en 1929, son action doit s'interrompre. Les guerres du Duce sont effroyablement coûteuses.
La Mafia sera dès les années 1950 présente au sein de l'État.
Au début des années 1980, l'État décide de s'attaquer aux racines du mal qui commence à gangrener les rouages économiques, politiques et sociaux du pays.
Les assassinats, au printemps 1992, des juges Falcone et Borsellino, organisés avec des moyens exceptionnels, montrent bien la détermination de la Mafia et ses ramifications dans les plus hautes sphères politiques du pays.
L'arrestation à Palerme, le 15 janvier 1993, du n° 1 de la Mafia, Salvatore Riina, dit « Totò », chef du clan des Corleone et commanditaire des meurtres des juges Falcone et Borsellino.
Mais il ne faut pas croire pour autant que la Pieuvre est vaincue. Si Bernardo Provenzano a finalement été arrêté en 2006, certains font observer que ce vieil homme traqué n'était certainement plus à la tête de l'organisation ; lui a succédé Salvatore Lo Piccolo, arrêté en 2007.
Pour certains, les facultés d'adaptation de la Mafia font qu'elle a toujours un temps d'avance. En Italie, deux entreprises sur dix seraient contrôlées par des sociétés liées à des clans mafieux.
Une autre source d'inquiétude est évidemment l'évolution politique du pays : le succès électoral du Pôle des libertés de Berlusconi en mai 2001 fut très inquiétant à cet égard. Un des principaux alliés du président du Conseil italien fut Marcello Dell'Utri, Palermitain, jugé pour « concours extérieur en association mafieuse », resté libre grâce à son immunité d'eurodéputé. La collusion entre Berlusconi et la Mafia a été évoquée pendant la campagne électorale, ce qui a déclenché un beau scandale, sans pour autant détourner les électeurs du Cavaliere. À son actif : l'arrestation de Bernardo Provenzano en 2006.
L'élection de Romano Prodi peu après a vu un certain renouveau de la politique anti-Mafia. En juin 2006, l'opération « Gotha » a permis l'arrestation de 45 personnes impliquées dans la Mafia. Mais on s'inquiète désormais à propos de sa succession...