- Statut : république indépendante depuis le 5 juin 2006, après la séparation d’avec le Monténégro.
- Superficie : 88 361 km², soit presque autant que le Portugal. Cela comprend le Kosovo, placé sous mandat international, et la province autonome de Voïvodine. Le pays est divisé en 190 opcinas (municipalités).
- Population : 10 200 000 d'habitants (estimation 2008). On constate un certain dépeuplement essentiellement dû à l’émigration et à un taux de fécondité très faible.
- Capitale : Belgrade (« la ville blanche ») est la capitale de la Serbie depuis 1878. Blottie au confluent du grand Danube et de la Save (née en Slovénie), elle compte environ 1 282 000 habitants.
- Densité : 106 hab./km².
- Régime : démocratie parlementaire (chambre de 250 membres). Une nouvelle constitution a été adoptée en octobre 2006, qui entérine la séparation définitive d’avec le Monténégro, devenu indépendant.
- Chef de l’État : Boris Tadić (depuis juillet 2004, réélu en février 2008), membre du DS (Parti démocratique, socialiste).
- Premier ministre : Mirko Cvetković (depuis juillet 2008).
- Formations politiques : le Parlement serbe compte 250 députés élus pour 4 ans. Le clivage droite-gauche n’a pas vraiment de sens ici : il y a d’un côté les nationalistes et de l’autre les pro-Européens. Les très minoritaires sont à composante principalement ethnique : Hongrois, musulmans du Sandjak, Roms et Albanais.
- Religions : majorité orthodoxe, minorités catholique et musulmane.
- Ethnies : selon des statistiques officielles
(2002), à prendre avec des pincettes, la principale composante ethnique
est constituée par les Serbes (82,9 %), suivis par les Hongrois (3,9 %)
regroupés pour la plupart en Voïvodine (où ils représentent 14,3 % de
la population), les « Bosniaques et Musulmans » (2,1 %), les Roms (1,4
%) et les… Yougoslaves (1,1 %) ! Sans doute des nostalgiques
unionistes… Manque encore presque une dizaine de pour cent dont on ne
sait pas trop où ils sont passés. Officiellement, il n’y aurait que 0,8
% d’Albanais.
- Kosovo : Le Kosovo a proclamé son indépendance le 17 février 2008. Après la Slovénie, la
Croatie, la Macédoine, la Bosnie et le Monténégro, le Kosovo est le 6e État indépendant à s'extraire de l'orbite de la Serbie et de
l'ex-Yougoslavie. Le Kosovo devient le 193e État indépendant de la
planète. La minorité serbe du Kosovo se refuse toutefois à renoncer à
cette terre où son histoire est millénaire. Vivant dans le nord du
Kosovo, elle rejette l'indépendance tout comme les autorités de
Belgrade qui condamnent cette proclamation d'indépendance.
Le territoire du Kosovo, frontalier de l'Albanie (d'où est
originaire la majorité de sa population), se situe au sud de la Serbie.
Sa superficie est de 10 877 km², soit les 2/3 de la
Belgique. Ses 2,1 millions d'habitants (estimation 2008) sont albanophones à 90% et sa
capitale est Pristina. Avec une économie essentiellement
agricole et minière, le Kosovo est le pays le plus pauvre d'Europe avec
un taux de chômage atteignant près de 50 %.
Économie
Massivement industrialisée sous l’ère titiste, la Serbie a souffert de l’éclatement du bloc de l’Est, puis de celui de la Yougoslavie, perdant dans les années 1990 une part importante de ses partenaires économiques. En 1993, les sanctions imposées par les Nations Unies dans le sillage de la guerre au Kosovo ont mené une majorité de la population sous le seuil de pauvreté. L’inflation atteignit jusqu’à 3 000 000 % en janvier 1994 ! On allait alors faire ses courses avec les poches bourrées de billets de 50 milliards de dinars !!! L’économie dirigée façon Milosevic et les raids aériens de l’OTAN en 1999 ont fait le reste : le pays est entré exsangue dans le XXIe siècle.
Depuis 2000, les gouvernements démocratiques qui se sont succédé ont timidement entrepris de libéraliser l’économie – avec toute une salve de privatisations en 2007. De nombreux donneurs ont heureusement accepté une réduction ou un rééchelonnement de la dette, donnant une bouffée d’oxygène à la Serbie. L’année 2006 semble avoir marqué un tournant : si le chômage reste rampant (20 % de la population au moins), le déficit public a enfin été effacé et l’inflation ramenée sous contrôle. Les investissements étrangers ont bien augmenté et le taux de croissance aussi (5,8 %). Reste que le manque de coopération du pays avec le Tribunal pénal international a poussé l’Union européenne à suspendre les négociations d’adhésion de la Serbie fin 2006, entravant un véritable décollage économique.
Le Kosovo souffre pour sa part de problèmes supplémentaires : incertitude politique et crainte de nouveaux heurts tiennent les investisseurs à l’écart. La région ne survit guère que grâce à la manne internationale et aux trafics en tous genres.