- Superficie : 88 361 km², soit presque autant que le Portugal. Cela comprend le Kosovo, placé sous mandat international, et la province autonome de Voïvodine. Le pays est divisé en 190 opcinas (municipalités).
- Population : au 1er janvier 2006, la Serbie comptait 7 395 600 habitants, soit près de 2 % de moins que cinq ans plus tôt. Ce dépeuplement est essentiellement dû à l’émigration et à un taux de fécondité très faible. Le chiffre dépasse légèrement les dix millions si l’on intègre la population du Kosovo.
- Ethnies : selon les dernières statistiques officielles (2002), à prendre avec des pincettes, la principale composante ethnique est constituée par les Serbes (82,9 %), suivis par les Hongrois (3,9 %) regroupés pour la plupart en Voïvodine (où ils représentent 14,3 % de la population), les « Bosniaques et Musulmans » (2,1 %), les Roms (1,4 %) et les… Yougoslaves (1,1 %) ! Sans doute des nostalgiques unionistes… Manque encore presque une dizaine de pour cent dont on ne sait pas trop où ils sont passés. Officiellement, il n’y aurait que 0,8 % d’Albanais.
- Statut : république indépendante depuis le 5 juin 2006, après la séparation d’avec le Monténégro.
- Capitale : Belgrade (« la ville blanche ») est la capitale de la Serbie depuis 1878. Blottie au confluent du grand Danube et de la Save (née en Slovénie), elle compte environ 1 280 000 habitants (1,6 million avec les banlieues).
- Régime : démocratie parlementaire (chambre de 250 membres). Une nouvelle constitution a été adoptée en octobre 2006, qui entérine la séparation définitive d’avec le Monténégro, devenu indépendant.
- Chef de l’État : Boris Tadic, membre du DS (Parti démocratique, socialiste), élu pour un quinquennat renouvelé le 13 juin 2004 par 53,7 % des voix,face à un candidat ultra-nationaliste. Il a fallu convoquer les élections à trois reprises et amender la loi pour en arriver là : le quorum nécessaire de 50 % de votants n’avait jamais été atteint au cours des scrutins précédents…
- Premier ministre : Vojislav Kostunica (prononcer « Kochtounitsa »), depuis le 3 mars 2004, nommé par l’Assemblée à l’issue des élections législatives qui virent la victoire du DSS (Parti démocratique de Serbie, conservateur, à ne pas confondre avec le parti de l’actuel président !). Il fut auparavant président de la défunte Yougoslavie (2000-2003) après la chute de Milosevic.
- Formations politiques : le Parlement serbe, qui compte 250 députés élus pour quatre ans, a été renouvelé en janvier 2007. Les résultats n’ont pas fait sauter de joie à Bruxelles : la principale force politique qui en ressort est le SRS, le Parti radical serbe (81 sièges). Son leader historique, Boris Seselj, est actuellement en attente de jugement au Tribunal international de La Haye…
Le parti DS (socialiste) du président s’est placé second (64 sièges) et le DSS du Premier ministre, allié à Nouvelle Serbie, troisième (47 sièges). Les autres forces de l’échiquier politique sont : G17 Plus (19 sièges), formation centriste issue d’une ONG de techniciens ; SPS (Parti socialiste de Serbie) formé par Milosevic et qui lui a survécu (16) et la coalition formée autour du LDP, des sociaux-démocrates venus du Parti démocrate (15)… Vous êtes un peu perdus ? Normal, nous aussi !
L’important à retenir, dans ce fatras politique, c’est que le clivage droite-gauche n’a pas vraiment de sens ici : il y a d’un côté les nationalistes (SRS, SPS) et de l’autre les pro-Européens (DS, DSS-NS, G17, LDP) – qui, bien sûr, se déchirent entre eux. Les très minoritaires sont à composante principalement ethnique : Hongrois (3), musulmans du Sandjak (2), Roms (2) et Albanais (1).
- Kosovo : Le Kosovo a proclamé son indépendance le 17 février 2008. Après la Slovénie, la
Croatie, la Macédoine, la Bosnie et le Monténégro, le Kosovo est le
sixième Etat indépendant à s'extraire de l'orbite de la Serbie et de
l'ex-Yougoslavie. Le Kosovo devient le 193e Etat indépendant de la
planète. La minorité serbe du Kosovo se refuse toutefois à renoncer à
cette terre où son histoire est millénaire. Vivant dans le nord du
Kosovo, elle rejette l'indépendance tout comme les autorités de
Belgrade qui condamnent cette proclamation d'indépendance.
Le territoire du Kosovo, frontalier de l'Albanie (d'où est
originaire la majorité de sa population), se situe au sud de la Serbie.
Sa superficie est de 10 887 km2, soit les 2/3 de la
Belgique. Ses 2,2 millions d'habitants sont albanophones à 90% et sa
capitale est Pristina (235 000 hab.). Avec une économie essentiellement
agricole et minière, le Kosovo est le pays le plus pauvre d'Europe avec
un taux de chômage atteignant 45%.
- Économie : massivement industrialisée sous l’ère titiste, la Serbie a souffert de l’éclatement du bloc de l’Est, puis de celui de la Yougoslavie, perdant dans les années 1990 une part importante de ses partenaires économiques. En 1993, les sanctions imposées par les Nations Unies dans le sillage de la guerre au Kosovo ont mené une majorité de la population sous le seuil de pauvreté. L’inflation atteignit jusqu’à 3 000 000 % en janvier 1994 ! On allait alors faire ses courses avec les poches bourrées de billets de 50 milliards de dinars !!! L’économie dirigée façon Milosevic et les raids aériens de l’OTAN en 1999 ont fait le reste : le pays est entré exsangue dans le XXIe siècle.
Depuis 2000, les gouvernements démocratiques qui se sont succédé ont timidement entrepris de libéraliser l’économie – avec toute une salve de privatisations en 2007. De nombreux donneurs ont heureusement accepté une réduction ou un rééchelonnement de la dette, donnant une bouffée d’oxygène à la Serbie. L’année 2006 semble avoir marqué un tournant : si le chômage reste rampant (20 % de la population au moins), le déficit public a enfin été effacé et l’inflation ramenée sous contrôle. Les investissements étrangers ont bien augmenté et le taux de croissance aussi (5,8 %). Reste que le manque de coopération du pays avec le Tribunal pénal international a poussé l’Union européenne à suspendre les négociations d’adhésion de la Serbie fin 2006, entravant un véritable décollage économique.
Le Kosovo souffre pour sa part de problèmes supplémentaires : incertitude politique et crainte de nouveaux heurts tiennent les investisseurs à l’écart. La région ne survit guère que grâce à la manne internationale et aux trafics en tous genres.