Traditions et coutumes Sénégal

L'animisme

Cet ensemble de croyances reconnaît l’existence d’une force vitale dans les éléments qui composent la nature, auxquels appartiennent à des degrés différents mais de manière indissociable l’homme, l’animal, un arbre ou une rivière.
Les rites animistes, très présents en Casamance ainsi qu’au Sénégal oriental, cherchent donc à capter ces forces vitales qui habitent l’univers et qui gouvernent la vie des individus ou du groupe. Ainsi, bien qu’il existe souvent aussi pour eux une force créatrice à l’origine de la Terre - mais finalement peu préoccupée du sort des humains -, les animistes se préoccupent avant tout d'entretenir par le biais de cérémonies, de sacrifices et d’offrandes, les bonnes relations avec ces forces, en particulier lors des événements importants (retour des pluies, semailles, moissons) ou les grandes étapes de la vie (naissance, initiation, mariage, funérailles, etc).
La notion de péché n’existe pas, mieux vaut parler de transgression d’interdits, quand bien même un équivalent de la confession existe bel et bien chez les Diola, en Casamance. La maladie, la sécheresse, la faim sont toujours ressenties dans l’esprit des animistes comme les conséquences d’une faute ou d’un manquement aux règles édictées par l’environnement dans lequel ils vivent.

L’attachement aux croyances traditionnelles est encore très vif dans la population. Même les fidèles musulmans ou chrétiens sont nombreux à perpétuer des rites animistes ancestraux.

Les griots

Les griots, ces musiciens ambulants, professionnels presque de naissance – ils font partie d’une caste –, qui vont de village en cour royale chanter les louanges d’un lignage et de ses descendants, sont une caractéristique de bon nombre de sociétés traditionnelles d’Afrique de l’Ouest. On les connaît chez les Mandingues, les Soninkés, les Wolofs (chez qui on les appelle les Geuweul), les Toucouleurs, les Songhaïs, les Peuls et les Maures, ainsi que chez les Dogons, Sérères, Touaregs... bref, dans toute l’Afrique subsaharienne jusqu’à la lisière de l’Afrique centrale.
Ils jouent un rôle social particulier, puisqu’il n’y a pas d’interdit pesant sur eux. Ils sont en effet les seuls à pouvoir dire aux puissants ce que pense d’eux le peuple, les familles nobles devant de leur côté assurer leur subsistance ainsi que celle de leur famille.
Mais au-delà de cette fonction critique, les griots chantent bien plus souvent les louanges de leur employeur, rappelant les hauts faits de leurs ancêtres à travers des récits épiques, transmis oralement de génération en génération, et jouant le rôle de conseiller. Ils s’accompagnent de leur instrument de musique (traditionnellement la kora chez les Mandingues).
Les griots sont généralement des hommes, mais on appelle « griottes » les femmes qui accompagnent ces hommes en chantant et en dansant.

Aujourd’hui, ce rôle a évolué, mais les griots continuent à trouver leur place dans la vie moderne. Certains atteignent la célébrité, passionnant le public pour les exploits, connus depuis toujours, de tel grand monarque africain. D’autres font le tour du quartier, surtout à l’occasion d’une fête.
Ils se plantent bien droit à l’entrée devant le maître de maison, avec ou sans kora, leur instrument de musique, et récitent toute la saga ou en chantent une bribe. Aussi, quand un griot est signalé dans le quartier, souvent le maître de maison se cache en espérant ne pas se faire prendre, car le griot est à la fois paria et respecté pour ses connaissances. Il fera rire tous les voisins avec une bonne chanson aux dépens du radin. On sait aussi que les griots dans le passé n’ont pas tous été attachés à des familles nobles : certains sont associés à la religion (musulmane) et leur art consiste à réciter les louanges des saints ou des marabouts.

Aujourd’hui, beaucoup de chanteurs et musiciens faisant une carrière commerciale rappellent qu’ils sont issus d’une lignée de griots, même si leur activité s’est éloignée de la tradition.

Les marabouts

Au Sénégal, on distingue trois sortes de marabouts.

- Les marabouts animistes : en Casamance, on les consulte pour un oui ou pour un non. Ici, le titre de marabout a remplacé celui de fétichiste, sorcier ou jeteur de sort, mais la fonction est la même : le marabout communique avec la nature et recherche l'unité naturelle des choses et des êtres pour en déceler l'esprit global. Dans cette catégorie, les vrais marabouts ne réclament pas d'argent, mais acceptent les offrandes... après résultats. Ils sont donc assez sûrs de leur pouvoir.

- Les marabouts religieux : musulmans, leur pratique s'inspire, en principe, des préceptes du Coran. Certains sont à la tête de confréries religieuses, d’autres d’un village, d’un quartier ou tiennent des écoles coraniques. Les grands marabouts religieux, ou du moins les plus riches d'entre eux, occupent une place de plus en plus importante dans la vie politico-sociale du Sénégal.
- Les marabouts ficelles : les déviants des deux précédentes catégories ; on veut dire les charlatans qui ne voient que le côté financier de la situation.

Religions

Aujourd'hui, plus de 90 % des Sénégalais sont musulmans. Chrétiens et animistes se partagent les quelques % restants, quand ils ne sont pas un peu des deux à la fois. La religion tient une grande place dans la vie de la population. Elle renforce l'intégration et le statut d'un individu dans sa communauté. Elle permet aussi d'accepter et d'expliquer un quotidien difficile où la mort est très présente.

Les lobbies religieux sont puissants, et le poids de la tradition, surtout dans les villages, écrase celles et ceux qui seraient tentés d'avoir une vie « déviante ».

L'islam

L'islam s'est adapté peu à peu aux diverses structures sociales et mentales des groupes ethniques ou des royaumes animistes rencontrés en chemin, et il fait fortement partie de la vie idéologique et morale de chacun.
Grâce à ses organisations charitables et ses règles d'entraide, il n'a pas eu trop de mal à se calquer sur les habitudes africaines. Ainsi, les marabouts musulmans ont-ils réussi à adapter le fétichisme et le culte des ancêtres ; ils ont remplacé le chef et le sorcier dont le pouvoir soudait la tribu, face aux calamités naturelles.
Et puis, le catholicisme imposait la monogamie ; une vraie remise en cause des us et coutumes locales.

Le ramadan, jeûne de 29 ou 30 jours, est très fortement suivi dans tout le pays.
L’islam sénégalais se répartit en confréries qui correspondent à des tendances qui ayant vu le jour au XVIIe s mais qui se sont cristallisées dans le contexte de la colonisation.

Le christianisme

Deux ethnies ont principalement embrassé le catholicisme : les Diola et les Sérères, au départ animistes, qui ont intégré à leur façon des préceptes catholiques. L’évangélisation est arrivée avec la colonisation française. L’église catholique a recruté un clergé autochtone qui connaissait les pratiques animistes. Les chrétiens ne constituent que 10 % de la population du pays, mais une partie des élitiques (politiques notamment) a été formée dans les établissements d’enseignement catholique.

Savoir-vivre et coutumes

On est souvent frappé, lorsqu'on voyage au Sénégal ou ailleurs en Afrique, par la pauvreté qui nous entoure. Elle nous interpelle.

Pour les Africains, au-delà du dénuement économique, c’est l’absence de relations sociales, le rejet de la communauté et l’isolement qui choquent le plus dans nos modèles de sociétés occidentales. L’individu est tellement attaché à son nom (les lignées paternelle et maternelle lui confèrent une sécurité psychologique et l’intègrent dans un réseau de relations) que sa mise à l’écart rime avec mort sociale, puis mort économique. Un choc des cultures à méditer sans modération !

Chacun à sa place

Bien au-dessus des lois, la société est régie par une série de principes qui obligent chacun à tenir le rôle qui est le sien dans l’univers. Bousculer l’ordre établi est perçu comme un sacrilège.

- Un système bien huilé : la communauté est organisée de façon telle que solitude et individualisme en sont exclus. Ce système suppose des interdits très forts.
- Une hiérarchie élaborée : la grande famille, l'unité de base, rassemble les habitants d'une concession, c'est-à-dire de plusieurs petits bâtiments groupés autour d'une cour. Le chef de famille est le souverain absolu.
- La place des « vieux » : vocable laudatif, le « vieux » sous-entend une personne immensément respectée pour le savoir et la sagesse que le temps lui a conférés.
- Un sens aigu des devoirs et responsabilités de chacun : observez le ballet des sièges, lorsque plusieurs personnes ont sorti quelques fauteuils et prennent le frais dans la rue, sous l'arbre à palabres familial.
La cérémonie du thé est elle aussi très révélatrice : elle doit toujours être préparée par le cadet du rang le plus élevé.
- Règle d'or : partager. Chaque salarié de la concession rapporte l'intégralité de sa paie à sa mère. C'est elle qui lui en rendra une partie comme argent de poche. Elle prélèvera le nécessaire pour l'entretien de la maison et donnera le reste au chef de famille.
Ainsi, le système africain n'est pas tant celui de la solidarité spontanée que de la sécurité sociale pour tous ses membres.

La tontine

Pratique symbolisant bien l'esprit de solidarité des Africains, la tontine est une sorte de caisse d'épargne entre amis. Les membres d'une tontine mettent en commun une certaine somme d'argent et chacun à son tour en fin de mois en empoche la totalité. Cet argent sert en général à monter ou à renflouer une affaire. Aucun papier n'est signé, toutes les relations sont basées sur la confiance.

Tonti, le banquier italien du XVIIe siècle qui lui a donné son nom, ne pensait pas qu'un jour son « invention » se retrouverait en Afrique, à une grande échelle.
Ce qui est intéressant dans cette pratique, c’est que, plus qu’une épargne forcée, c’est avant tout un état d’esprit, l’occasion de se retrouver, de s’épauler.
La tontine peut aussi prendre en charge des initiatives à caractère social, comme l'école d'un village. Elle remplit également le rôle de la Sécurité sociale.

Cette entraide est fondamentale.

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