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Traditions Sénégal

Fêtes et jours fériés

Quelques fêtes locales

- Le Fanal : entre le 24 et le 31 décembre à Saint-Louis (se renseigner avant). Défilé, au son des tam-tams et des chants, de lampions confectionnés par les habitants.
- Le Fil : en juin, à Touba-Toul (près de Thiès). Danses et chants où l'on prédit les événements de l'année. Quatre jours, du samedi au mardi.
- Masque Kagran : en mai, en Casamance. Fête malinké.
- Fêtes de l'initiation : en Casamance et en pays bassari. Elles ont souvent lieu pendant les vacances scolaires (mars-avril), quand les initiés ne vont pas à l'école. Si on ne peut pas assister à la cérémonie rituelle, on peut le faire pour les danses qui s'ensuivent et on peut même les photographier. Se renseigner dans les villages, surtout si l'on entend des chants ou des coups de fusil !
- Manidan : en avril, dans la région de Kédougou. Des musiciens masqués font danser les hommes. Dans la croyance populaire, si une femme regarde cette danse, elle devient stérile.
- Nit : en avril. Combats d'initiation des jeunes Bassari.

Fêtes nationales civiles et religieuses fériées

- 25 décembre.
- 1er janvier.
- 4 avril : fête de l'indépendance.
- Le lundi de Pâques.
- 1er mai : fête du Travail.
- Le jour de l'Ascension.
- Le lundi de Pentecôte. Pèlerinage chrétien à Popenguine, au sud de Dakar en allant vers la Petite Côte.
- 15 août : Assomption.
- 25 décembre.

Les fêtes musulmanes dépendent du calendrier lunaire.
- La Tamkharit (Nouvel An musulman) : le 18 décembre 2008. Jour de bienfaisance et de générosité, où le jeûne est facultatif. Les enfants se déguisent (les filles en garçons, les garçons en filles) et demandent des étrennes en parcourant les rues.
- Le Maouloud : célébration de la naissance du Prophète. Imposants pèlerinages vers les mosquées de chacune des confréries. Celui de la mosquée de Tivaouane, la Mecque des Tidjanes, située à 20 km au nord de Thiès sur la route de Saint-Louis, ne manque pas d'ampleur non plus. - La Korité (Aïd el Fitr) : grande fête qui célèbre la fin du ramadan. Au Sénégal, il existe habituellement un jour de décalage par rapport aux dates officielles.
- La Tabaski (ou fête du mouton, Aïd el Kébir) : le 9 décembre 2008. Pour commémorer le sacrifice d'Abraham, chaque musulman se doit, dans la mesure où il travaille, d'acheter un mouton, l'égorger, le faire griller en famille et en offrir à ses voisins. C'est la fête la plus populaire.
- Le Magal : à Touba (le lieu saint des mourides). Date variable dépendant du calendrier lunaire (le 18e jour du mois de Safar). Le Grand Magal commémore le départ en exil du fondateur de la confrérie, cheikh Amadou Bamba, et le Petit Magal, sa mort. De partout, y compris des pays voisins ou d'autres plus lointains, des centaines de milliers de pèlerins mourides affluent, abandonnant leur travail, quoi que puissent en dire leurs employeurs. Impressionnant.

L'animisme

Cette croyance, très présente en Casamance, dans le Sénégal oriental et en Gambie, reconnaît l'existence d'une force vitale dans les êtres naturels, que ce soit l'homme, l'animal, un arbre ou une rivière. Les rites animistes cherchent donc à capter ces forces vitales qui habitent l'univers et peuvent assurer la sécurité et l'amélioration des conditions de vie des individus ou du groupe.
Bien qu'il existe un Dieu tout-puissant à l'origine de la Terre mais finalement peu préoccupé du sort des humains, les animistes lui préfèrent des divinités secondaires, en général les forces de la nature personnifiées et les esprits. Elles sont consultées, et des animaux leur sont sacrifiés. La maladie, la sécheresse, la faim sont toujours ressenties dans l'esprit des animistes comme les conséquences d'une faute grave.
L'attachement aux croyances traditionnelles est encore très vif dans la population. Même les fidèles musulmans ou chrétiens sont nombreux à perpétuer des rites animistes ancestraux.

Les griots

Les griots, ces musiciens ambulants, professionnels presque de naissance - ils font partie d'une caste -, qui vont de village en cour royale chanter les louanges d'un lignage et de ses descendants, sont une caractéristique de bon nombre de sociétés traditionnelles d'Afrique de l'Ouest.
Ils jouent un rôle social particulier, puisqu'il n'y a pas d'interdit pesant sur eux. Ils sont en effet les seuls à pouvoir dire aux puissants ce que le peuple pense d'eux. Mais les griots chantent bien plus souvent les louanges de leur employeur, rappelant les hauts faits de leurs ancêtres à travers des récits épiques et jouant le rôle de conseiller. Ils s'accompagnent de leur instrument de musique.
Aujourd'hui, ce rôle a évolué, mais les griots continuent à trouver leur place dans la vie moderne. Certains atteignent la célébrité, d'autres font le tour du quartier.
Aujourd'hui, beaucoup de chanteurs et musiciens faisant une carrière commerciale rappellent qu'ils sont issus d'une lignée de griots, même si leur activité s'est éloignée de la tradition.

Les marabouts

On distingue trois sortes de marabouts :
- Les marabouts animistes : en Casamance, le titre de marabout a remplacé celui de fétichiste, sorcier ou jeteur de sort, mais la fonction est la même, il communique avec la nature et recherche l'unité naturelle des choses et des êtres pour en déceler l'esprit global.
- Les religieux : musulmans, leur pratique s'inspire des préceptes du Coran. Les grands marabouts religieux, ou du moins les plus riches d'entre eux, occupent une place de plus en plus importante dans la vie politico-sociale du Sénégal.
- Les marabouts de ficelle : les déviants des deux précédentes catégories ; on veut dire les charlatans qui ne voient que le côté financier de la situation.

Religions

Aujourd'hui, 90 % des Sénégalais sont musulmans. Chrétiens et animistes se partagent les 10 % restants, quand ils ne sont pas un peu des deux à la fois. La religion tient une grande place dans la vie de la population. Elle renforce l'intégration et le statut d'un individu dans sa communauté. Elle permet aussi d'accepter et d'expliquer un quotidien difficile.
Les lobbies religieux sont puissants et le poids de la tradition, surtout dans les villages, écrase celles et ceux qui seraient tenté(e)s d'avoir une vie « déviante ».

L'islam

Aujourd'hui, 90 % des Sénégalais sont musulmans. Chrétiens et animistes se partagent les 10 % restants, quand ils ne sont pas un peu des deux à la fois. La religion tient une grande place dans la vie de la population. Elle renforce l'intégration et le statut d'un individu dans sa communauté. Elle permet aussi d'accepter et d'expliquer un quotidien difficile.
Les lobbies religieux sont puissants et le poids de la tradition, surtout dans les villages, écrase celles et ceux qui seraient tenté(e)s d'avoir une vie « déviante ».

Le catholicisme

Comme dans de nombreux pays du monde, le catholicisme est en régression au Sénégal. Sans doute trop rigide au départ, condamnant vivement les pratiques animistes (port de gris-gris), il n'a pas su, au contraire de l'islam, tirer parti des caractéristiques culturelles des populations.
Malgré cela, les Casamançais ou les Sérères, au départ animistes, ont intégré à leur façon des préceptes catholiques. Mais, de toute façon, ils rejetaient l'islam. Résultat : dans les régions animistes encore récalcitrantes à l'islam, on voit se propager des sectes parachrétiennes qui surfent sur la vague du millénarisme.

Savoir-vivre et coutumes

On est souvent frappé, lorsqu'on voyage au Sénégal ou ailleurs en Afrique, par la pauvreté qui nous entoure et nous interpelle.
Les Africains ne partagent pas forcément cette appréciation de la misère. Pour eux, le pire n'est pas le dénuement économique mais l'absence de relations sociales, le rejet de la communauté, l'isolement. L'individu est tellement attaché à son nom (la lignée paternelle et maternelle lui confère une sécurité psychologique et l'intègre dans un réseau de relations aux ramifications très étendues) que sa mise à l'écart rime avec mort sociale, puis économique.

Chacun à sa place

Bien au-dessus des lois, la société est régie par une série de principes qui obligent chacun à tenir le rôle qui est le sien dans l'univers. Bousculer l'ordre établi est un sacrilège.
- Un système bien huilé : la communauté est organisée de façon telle que solitude et individualisme y sont exclus, voire sont des notions inconcevables. Ce système suppose des interdits très forts.
- Une hiérarchie élaborée : la grande famille, l'unité de base, rassemble les habitants d'une concession, c'est-à-dire de plusieurs petits bâtiments groupés autour d'une cour. Le chef de famille est le souverain absolu.
- La place des « vieux » : vocable valeureux, le « vieux » sous-entend une personne immensément respectée pour le savoir et la sagesse que le temps lui a conférés.
- Règle d'or : partager. Chaque salarié de la concession rapporte l'intégralité de sa paie à sa mère. C'est elle qui lui en rendra une partie comme argent de poche. Elle prélèvera le nécessaire pour l'entretien de la maison et donnera le reste au chef de famille.
Ainsi, le système africain n'est pas tant celui de la solidarité spontanée que de la sécurité sociale pour tous ses membres.

La tontine

Pratique symbolisant bien l'esprit de solidarité des Africains, la tontine est une sorte de caisse d'épargne entre amis. Les membres d'une tontine mettent en commun une certaine somme d'argent et chacun à son tour en fin de mois en empoche la totalité. Cet argent sert en général à monter ou à renflouer une affaire. Aucun papier n'est signé, toutes les relations sont basées sur la confiance. Et puis on se connaît : on appartient à la même famille, au même village ou quartier.
Tonti, le banquier italien du XVIIe siècle qui lui a donné son nom, ne pensait pas qu'un jour son invention se retrouverait en Afrique, à une grande échelle.
Ce qui est intéressant dans cette pratique, c'est que, plus qu'une épargne forcée, c'est avant tout un état d'esprit, l'occasion de se retrouver, de s'épauler. La tontine peut aussi prendre en charge des initiatives à caractère social, comme l'école d'un village. Elle remplit également le rôle de la Sécurité sociale : aucun membre ne sera laissé seul en cas de maladie ou d'accident.

Cette entraide est fondamentale. Il est fréquent de voir la famille des malades faire la cuisine dans les cours des hôpitaux publics où les repas ne sont pas pris en charge. Elle les assiste, elle reste proche. Les Africains ne comprennent pas les Européens qui confient leurs parents à l'hospice ou à la maison de retraite.





 

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