Plongée sous-marine et protection de la nature
Avant 1960, Saint-Barthélemy coulait des jours paisibles. À partir de cette époque, l'île a commencé à être appréciée des plaisanciers pour son calme et sa beauté, et elle est devenue en quelques années un lieu touristique à forte fréquentation.
En parallèle, la pêche s'est développée avec des moyens plus sophistiqués, dilapidant rapidement les ressources naturelles. En 1988, une fondation américaine, New England Biolabs, a vanté la richesse des fonds marins de l'île, tout en insistant aussi sur leur fragilité et les risques d'une dégradation rapide. Les fonds sous-marins souffraient considérablement de l'accroissement du nombre de touristes en raison de l'augmentation des infrastructures hôtelières, du parc grandissant des véhicules de location, des rejets toujours plus volumineux des eaux usées, des mouillages sauvages des bateaux de croisière...
Les pouvoirs publics se sont alarmés de cette situation et ont décidé de mettre en œuvre des moyens de protection adaptés, à l'instar de certaines autres îles caribéennes. Une réserve marine a donc vu le jour en 1996, afin de protéger les ressources marines. Découpée en cinq zones de réserve distinctes, elle couvre environ 1 200 ha de mer tout autour de l'île. Seule l'observation de la faune et de la flore est autorisée autour des Grenadines et de l'île Tortue. Une taxe de 1 € par plongée est perçue pour garantir la préservation des fonds.
Toute forme de pêche est prohibée dans la réserve, ainsi que la collecte de coquillages et de coraux. Le mouillage de bateaux y est interdit, sauf avec une autorisation préalable. Les pratiques du ski nautique, du jet-ski et du scooter des mers sont formellement proscrites. Les plaisanciers n'ont pas le droit de ramasser des lambis ou de pêcher des langoustes.
Deux types de milieux font l'objet d'une attention particulière :
- les récifs coralliens, de type frangeant, que l'on rencontre essentiellement en bordure des côtes et autour des petites îles (à Saint-Barthélemy, il n'existe pas de barrière de récifs) ;
- les herbiers de phanérogames marines, que l'on observe sur les fonds sableux et au large des récifs. Ces herbiers constituent des zones de nurserie pour les juvéniles de nombreuses espèces. Ils doivent être préservés des dégâts provoqués par les ancres des bateaux, principalement dans la baie de Colombier.
Vous pouvez découvrir les fonds de la réserve avec palmes, masque et tuba, mais aussi faire de la plongée sous-marine dans certaines zones.
Une charte a été déterminée : ne pas nourrir ni toucher les animaux marins ; limiter l'utilisation des éclairages sous-marins ; gilet de stabilisation obligatoire afin d'éviter les palmages dévastateurs ; ramasser les détritus, quand on en rencontre ; ne pas utiliser de gants en plongée ; ne pas utiliser de scooter sous-marin sans encadrement par un moniteur breveté ; utiliser obligatoirement les bouées de mouillage préinstallées. Toute observation effectuée lors d'une plongée (manquement à la réglementation, prolifération ou diminution de certaines variétés de la faune ou de la flore) doit être signalée à la réserve.
À court terme, la réserve ne sera accessible qu'aux plongeurs titulaires du Niveau 1 (car le diplôme est un gage, en principe, de bon comportement) et aux bateaux de moins de 12 m embarquant un maximum de 10 plongeurs. Seuls les moniteurs brevetés d'État ont le droit d'officier sur les sites de plongée faisant partie inhérente de ces zones protégées.
ATTENTION : vous ne pouvez être en possession d'objets dérivés de la tortue, et il est nécessaire d'obtenir un permis pour exporter les conques vides.
Meilleure période pour plonger
La meilleure période pour plonger à Saint-Barth s'étend du 15 avril à la fin août, avant que ne commence la période cyclonique. Heureux plongeurs, cela correspond à la basse saison... Les touristes se ruent en effet plutôt sur l'île l'hiver. Il y fait 25 °C, mais, à cette période, les alizés atteignent force 4 ou 5, et ce, pendant plusieurs jours. La mer est brassée et les fonds sableux sont agités (particules en suspension et visibilité moindre). À partir d'avril, plus de problème et la température de l'eau avoisine les 28 °C.