Courant électrique
Le courant est du 220 V alternatif cadencé à 50 Hz, comme
en Europe occidentale. Les prises femelles soviétiques avaient des trous légèrement
plus petits que ceux de nos prises femelles. Elles sont encore très fréquentes,
sauf dans les grands hôtels. La prise mâle d’un transformateur d’ordinateur
portable, par exemple, rentre dans ce type de prise (pas toujours cependant), mais pas celle d’un fer
à repasser. Pour ce type d’appareil, il faut un petit adaptateur (adapter) qu’on achètera
dans une grande surface avant le départ (ou dans un kiosque à Moscou).
Langue
Jusqu'au XVIIIe siècle, la Russie n’a pas une, mais deux langues,
l’une parlée, l’autre écrite. La première, issue du peuple, est impropre à exprimer
des notions abstraites et ne satisfait pas la nouvelle intelligentsia, et la
seconde est devenue avec le temps quasi inintelligible. Au point qu’au XVIIIe siècle,
la noblesse avait adopté le français pour combler cette carence linguistique.
Nikolaï Karamzine, à la fois écrivain et historien, propose à la fin du XVIIIe siècle
d'inventer une nouvelle langue en exploitant le capital linguistique de la langue
parlée sans craindre au besoin d'inventer les mots qui lui font défaut. C’est
ainsi qu’est née la langue russe moderne, à laquelle Alexandre Pouchkine allait
donner ses lettres de noblesse en littérature et en poésie.
Chez les Slaves, la langue écrite est un phénomène relativement tardif, fruit
de l’entreprise d’évangélisation des peuples slaves des Balkans menée par les
frères Cyrille et Méthode au nom de l’Église byzantine au IXe siècle.
Les deux évangélisateurs mirent au point l’alphabet dit glagolitique, qui subsista
en Moravie jusqu’au XVIIIe siècle. L’alphabet cyrillique fut
inventé par les élèves de Méthode après la mort de ce dernier. Ils utilisèrent
pour ce faire l’alphabet grec et l’alphabet glagolitique. En 1708, Pierre
le Grand introduisit une première réforme de l’alphabet, qui a donné naissance
à l’alphabet russe proprement dit. L’alphabet moderne comprend 33 signes,
dont un « signe dur » et un « signe mou »
qui constituent des subsistances des nombreuses subtilités que les bolcheviks
firent disparaître en 1918.
Photo
Voici quelques conseils de bon sens.
- Ne pas prendre de photos de miliciens ou de soldats, sauf autour du Kremlin (la relève de la garde, par exemple).
- Il est d’autant plus déconseillé de mitrailler de près des véhicules
de la Milice, ainsi que des camions de l’armée et des bâtiments
utilisés par les « garants » de l’ordre public. Petite tolérance pour
le ministère des Affaires étrangères (intéressante architecture),
le Kremlin (à l’évidence impossible d’interdire) et dans une certaine
mesure la Loubianka qui excite bien sûr la curiosité.
- Également, ne pas prendre en photo les marchés où l’on vend de la contrefaçon. Vendeurs particulièrement susceptibles
et les okhrana (gardes) risquent de s’emparer de votre appareil photo,
d’en saisir la pellicule et de la garder.
- Il est interdit de prendre des photos dans le métro de Moscou.
- Essayez de vous montrer le plus discret possible en prenant des photos d’activités ou de personnages douteux.
- Au cas où vous n’auriez pas d’appareil photo ou perdu le vôtre, il est possible
de trouver de bons vieux Zénith aux puces de Ismaïlovo pour des prix défiants
toute concurrence (on peut en avoir de bons pour 400-500 R - soit 12 à 15 € - en marchandant).
- Enfin, les collectionneurs ne manqueront pas de faire emplette d’un beau
faux Leica tout doré, avec gaine de cuir pour une cinquantaine d’euros (et parfois
en état de marche).
Poste
Une lettre de Londres ou Paris à Saint-Pétersbourg met environ deux semaines,
mais avec des pointes à une semaine et des extrêmes à trois ou quatre mois (vos
amis russes peuvent très bien recevoir vos vœux de Nouvel An vers mars-avril).
Dans l’ensemble, les lettres arrivent. Les colis, non, s’il y a quelque chose
de précieux dedans. Les délais sont imprévisibles. Résultat des courses :
on est obligé de recourir aux géants américains des messageries privées. Une
lettre Paris-Moscou coûte ainsi de 30 à 50 € au lieu de 0,75 €.
Une remarque à part pour les transferts d’argent : on comprend bien que
les mandats postaux sont peu réalistes, et donc que vous vous retrouvez orientés
vers Western Union. Attention : en plus du prix élevé qu’ils vous font
payer pour le service rendu de transfert d’argent, ils vous imposeront un taux
de change assez éloigné du marché et toujours à leur avantage.
Savoir-vivre
Le moins que l’on puisse dire est que les rapports humains de la rue ne sont
pas emprunts de « chichis ». Les « bonjours »,
« s’il vous plaît » et autres « merci »
serons certes reçus avec reconnaissance par ceux à qui vous les adresserez.
Vous constaterez cependant que dans leurs rapports entre eux, les Russes sont
plus « instantanés ». Pas besoin de longs préliminaires
pour voir une vendeuse mal embouchée invectiver un acheteur indécis ; mais
une autre sera tout aussi rapide à échanger avec lui trucs et conseils comme
le feraient deux voisins de palier. Curieusement, ces attitudes ne semblent
pas être le moins du monde dérangées par la loi du marché qui s’est installée
partout.
Pas étonnant, de ce fait, que la rudesse du premier abord coexiste avec des
usages emprunts de rituel, voire de superstition. Votre interlocuteur vous pardonnera
de lui tendre la main à travers un pas de porte, mais le plus souvent, il vous
amènera à l’intérieur ou vous rejoindra à l’extérieur, pour ne pas permettre
au seuil, doté d’une signification maléfique, de polluer votre poignée de main.
S’il s’agit d’une femme, sachez que s’embrasser n’est pas très habituel entre
personnes qui se connaissent peu.
Les Russes ne circulent jamais en chaussures dans leurs maisons ou leurs appartements,
et tiennent généralement à la disposition de leurs invités des chaussons. Cette
habitude, qui a certes un petit côté oriental, est aussi dictée par des considérations
pratiques : durant toute la période qui s’étend de novembre à avril, il
arrive souvent que l’on doive patauger dans la boue pour marcher dans la rue.
Mais ce que les règles du savoir-vivre russe traduisent de la manière
peut-être la plus spectaculaire, ce sont les relations entre les sexes. L’art
de la galanterie s’exerce en tous lieux et en toutes circonstances. Que ce soit
pour céder sa place dans le métro, tenir une porte ou aider à descendre un marchepied.
Et n’importe quelle femme appréciera qu’un homme l’aide à passer son manteau,
lui allume sa cigarette ou, comble de l’élégance, la salue d’un baisemain !
Télécommunications
Téléphone
Portables hyper chers : les gens téléphonent partout, même
dans le métro… Cependant, c’est très cher. Vos communications avec la France,
la Belgique ou la Suisse vous seront facturées 5 à 8 €/mn, selon l’opérateur
russe partenaire du vôtre. Et vous payez aussi très cher les communications
qui vous arrivent. De l’ordre de 2 à 3 €/mn. Alors il vaut mieux ne pas
s’attarder au téléphone. Configuration du portable : bibande et bande simple.
En revanche, les opérateurs locaux proposent des prix raisonnables si vous achetez une carte à puce sur place. Vous trouverez de nombreux de kiosques de télécommunications, situés non loin des stations de métro. La carte coûte environ 5 €, crédités sur votre compte. Environ 0,20/mn pour tous les appels locaux.
Cartes téléphoniques
Bien que les communications intra-urbaines sont encore très bon marché, les hôtels vous les facturent 1 à 3 R/mn. Pour appeler l’étranger, c’est le plus souvent carrément ruineux depuis une chambre d’hôtel.
Des solutions existent : acheter des cartes dans les kiosques spécialisés ou les boutiques de téléphonie (c’est mieux, pour les conseils, d’avoir quelqu’un parlant anglais ou français). Elles vous permettent de téléphoner moins cher en composant un code - voire simplement en glissant votre carte dans l’appareil, comme en France.
Télé 2 est sans
doute l’opérateur le moins cher, mais le meilleur réseau semble détenu par Megafon.
A vous de voir sur place car tout cela évolue assez vite.
L’Internet russe ou net.ru
Un peu plus de 10 millions de russophones sont connectés sur le Web de
par le monde. Il est né à la fin de 1989, en pleine Perestroïka
de Gorby, grâce à un câble entre Helsinki et un centre de recherche universitaire
de Saint-Pétersbourg.
La Glasnost d’alors frappait un grand coup aussi
discret qu’efficace pour abattre le rideau de fer qui enfermait la Russie. Né
grâce à la Glasnost donc, le net.su (pendant quatre
ans le domaine s’est appelé ainsi avant de devenir net.ru)
en est devenu l’un des piliers. Le milliardaire Georges Soros, d’origine hongroise,
qui a créé une fondation pour empêcher tout retour des communistes, l’a du reste
fort bien compris et a investi 100 millions de dollars pour connecter les
grandes villes russes à Internet. Internet palliait par la même occasion le
retard des infrastructures.
Aujourd’hui encore, la liberté d’information est
totale sur le Web russe malgré la surveillance du FSB par un système nommé Sorm
et surtout des États-Unis, par l’intermédiaire des grandes oreilles de la NSA
qui traque le monde entier.
L’autre originalité du net.ru, c’est qu’il est la première concrétisation d’une
nouvelle notion : le monde russophone, comparable à la francophonie. En 2002,
la Russie ne fournissait que 45 à 60 % des visiteurs du net.ru. Les autres
viennent des États-Unis et du Canada (10 %), des anciens États de l’URSS,
d’Israël, d’Allemagne, de France, d’Australie, etc.
Si vous ne l’avez pas encore découvert en préparant votre voyage, des tas de cybercafés vous permettront de découvrir le net.ru à Moscou et maintenant à Saint-Pétersbourg ; vous en trouverez même quelques-uns en province.