Santé
La situation sanitaire en Russie répond grosso modo aux mêmes normes
qu’en Europe occidentale : la vaccination de la population a constitué l'un des
grands programmes de la politique sociale de l’après-guerre. Quelques petits
conseils s’imposent toutefois.
- Il est bon de s’assurer avant le départ qu’on est à jour des vaccinations dites
« universelles » : diphtérie, tétanos, poliomyélite, et l’hépatite B
est recommandée.
- Cependant, la Russie reste un pays où des situations représentant des risques
sanitaires peuvent survenir plus facilement que dans un autre. En cas d’inquiétude,
les ambassades sont là pour renseigner leurs ressortissants.
- L’eau du robinet n’est pas potable en Russie.
- Préférez faire vos achats de produits frais sur les marchés en centre-ville plutôt que ceux de la périphérie ; les contrôles y sont plus stricts. Laver les fruits, légumes, viandes, c’est du bon sens.
- Pour les insectes, préférez acheter un répulsif surpuissant avant le départ : ceux vendus sur place ne sont pas assez efficaces.
Médecine populaire traditionnelle
Accéder à des soins de qualité a longtemps été assez problématique en Russie. La situation progresse, mais évidemment pas partout et pas au même rythme pour tout le monde. Heureusement les Russes, et en particulier les femmes, possèdent sur un plan très pratique de nombreuses notions leur permettant de soigner divers maux sans avoir recours aux savantes ordonnances des médecins. Ces notions font appel à une médecine populaire transmise de génération en génération.
Gouttes pour le nez et autres grands classiques du comprimé font bien entendu partie de la panoplie, mais on a aussi bien souvent recours aux plantes traditionnelles, préparées en décoction, au bain-marie ou en infusion en fonction des essences.
Autre méthode très populaire pour se soigner de toutes sortes d’affections, la moutarde, vendue en poudre dans les pharmacies, qui sert à faire des bains de pieds et des compresses.
Et pour ne pas être malade, les Russes ont un secret : le bain, cousin du sauna. Cette pratique remonte à la nuit des temps. Les étrangers qui venaient d’Europe occidentale au Moyen Âge étaient paniqués de voir les habitants des villages russes se flageller dans leurs bania, ces petites cabanes chauffées jusqu’à 60-80 °C, et se précipiter ensuite au dehors pour se rouler dans la neige ou se plonger dans un trou d’eau glacée. On pensait alors en Occident que le contact avec l’eau était dangereux et on ne se lavait pas. La coutume du bania est très populaire même dans les villes d’aujourd’hui. En plus, de nombreux Russes ont un bania dans leur datcha.
Le traditionnel bain dans l’eau glacée est assez largement pratiqué. Il s’agit de la méthode la plus répandue d’« auto-endurcissement » (zakalka), notion centrale d’entretien de la forme physique pour tout Russe en bonne santé.
Sexe
Attention, il ne sera pas dit que la Russie est un pays de destination
pour le tourisme sexuel. Que la légendaire beauté des femmes y soit une réalité,
c’est vrai. Mais en matière de sexe, des expériences décevantes se révéleront
bien souvent un risque (non pas une règle, fort heureusement !).
Risque no 1 : les attentes de part et d’autre peuvent
ne pas correspondre ; certains lieux peuvent avoir l’air d’endroits de
drague, mais on ne fait qu’y attendre le chaland friqué (exemple le Night
Flight à Moscou).
Risque no 2 : le vol. Un prix est convenu. Mais l’aventure
tourne autrement. Extorsion par un maquereau peu accommodant surgit d’on ne
sait où ; perte de connaissance suite à administration de drogue et dépouillement
intégral.
Risque no 3 : le sida. Avoir des préservatifs, c’est indispensable.
Les autorités ont recensé quelque 200 000 personnes atteintes du virus
du sida ; mais selon leurs propres estimations, la réalité serait plutôt
aux alentours d’un million de personnes (des jeunes femmes pour environ un quart).
Prudence extrême de rigueur.
Conclusion : il vaut mieux rester dans le romantique
de la séduction ; prenez votre balalaïka et allez chanter votre romance
sous le balcon de la belle. Qui sait ?
Police
Policiers corrompus et quelquefois
dangereux
Avec les actes terroristes dont a été victime Moscou, les contrôles de police
se sont renforcés partout. Aux entrées de ville, dans le métro, près des gares,
dans les rues. Ce contrôle se fait beaucoup au faciès, sans complexes, ni protestations
de qui que ce soit. Les Caucasiens sont a priori ciblés. Si vous êtes vérifié dans le métro, montrez votre passeport et restez calme et ferme, mais ne soyez surtout pas agressif.
Le problème, c’est que la plupart des flics chargés des opérations de contrôle,
principalement des automobiles (les GAÏ), sont brutaux et surtout totalement
ripoux. Ils arrêtent pour n’importe quoi et rançonnent les gens. Tous les conducteurs
de Moscou vous le diront.
Au cas où vous seriez arrêté à la suite d’une infraction au code de la route
ou simplement parce que le « sergent de ville » a besoin de « haricots
pour les enfants » (comme on dit en Afrique), il y a quelques chances que,
devant votre méconnaissance du russe, il vous laisse filer. En règle générale,
il vaut mieux rester assis au volant et montrer ses papiers, dont une « procuration »
obligatoire pour tout véhicule prêté.
Pas d’envolées lyriques
N’insistez pas trop : les envolées sur les Droits de l’homme ou les « vous
n’avez pas le droit... » peuvent vous mener loin. Les tabassages en règle
sont rares à l’égard d’étrangers occidentaux, mais fréquents contre des Russes.
De plus, il y a quand même des officiers de police corrects. Mais
attention à votre comportement. La corruption de fonctionnaires, c’est très
mal, mais à vous de juger si une vingtaine ou une cinquantaine de dollars, selon
l’infraction, apparaissent comme une « amende » acceptable, plutôt
que de risquer de très longs et très désagréables moments au poste.
Dangers et enquiquinements
On évitera les déplacements en Tchétchénie, en Ossétie du Nord, en Ingouchie et au Daghestan. Ces régions sont en effet politiquement instables et soumises à des risques d'attentats. Plus d'informations sur le site du ministère des Affaires étrangères : www.diplomatie.gouv.fr.
Beaucoup s’interrogent sur les dangers liés à la mafia. On va se faire rassurant :
à moins que vous n’alliez en Russie pour conclure l’affaire mafieuse du siècle,
vous n’intéressez personne. En revanche, comme partout, inégalités sociales égalent délinquance
et elle concerne tout le monde, Russes ou touristes. Que votre vigilance soit
adaptée aux circonstances ! Pas d’ostentation dans la richesse, évitez
de tenter d’éventuels candidats à un gain rapide et facile. Moins on verra
vos valeurs et objets précieux, mieux vous vous porterez. À l’hôtel, ils
doivent se trouver au coffre.
Il peut arriver (c’est devenu rare) qu’on vous propose du change dans la rue
à un cours plus avantageux que celui pratiqué par les kiosques de change :
vous risqueriez de payer cher un tour de prestidigitation dont vous aurez été
le seul spectateur. Au mieux, on vous refilera des billets démonétisés du début des années 1990… D’une manière générale, si vous êtes abordé alors que vous
n’avez rien demandé, fiez-vous à votre bon sens pour ne pas vous retrouver dans une situation gênante ou désagréable.
Dans la rue, il y a encore pas mal d’ivrognes. Passez votre chemin tranquillement.
Il pourra vous arriver aussi de vous retrouver entouré d’enfants tsiganes vous
demandant l’aumône. Sachez qu’ils peuvent en profiter pour se servir eux-mêmes.
Si vous prenez les transports en commun, attendez-vous à être bousculé aux heures
de pointe. La promiscuité n’effraie pas la population du métro et des autres
moyens de transport en commun.
Lors d’un voyage en train, gardez vos affaires avec vous, et ne vous fiez pas aux verrous des compartiments.
Au chapitre formalités, veillez à ce que votre visa soit enregistré
par l’organisation ou la personne qui vous a invité. Cela doit être fait dans
les trois jours ouvrés suivant votre arrivée. Si vous ne l’avez pas fait, vous
risquez des ennuis avec la police des frontières à votre départ (c’est l’ancien
héritage des dispositions qui s’appliquaient aux touristes qui visitaient l’Union
soviétique, mais ils s’en souviennent parfois).