Coutumes et croyances
Coutumes, croyances et superstitions
La superstition se charge de nous rappeler la signification profonde
de gestes simples. On ne sert pas la main de quelqu’un à travers un seuil de
porte. Car le seuil traditionnel est une frontière protégeant l’isba
(maison traditionnelle en bois) des forces maléfiques du monde extérieur. De
même s’interdit-on de verser à boire à quelqu’un la main tournée vers l’extérieur
: un geste de déni incompatible avec la valeur symbolique du geste de servir, associé
à de vieilles habitudes de communion païenne.
Les grands saints de la foi orthodoxe eux-mêmes sont associés à
d’anciennes divinités païennes, à travers des croyances païennes particulières.
Comme partout, beaucoup de traditions et d'usages en Russie sont liés à la table. Il est vrai aussi que ceux-ci se perdent, mais de nombreuses personnes préféreront que vous posiez couteau et sel sur la table plutôt que de vous les prendre des mains. Il ne faut pas faire interférer des symboles (le Malin craint le sel) avec un geste trivial comme celui de se passer quelque chose de main à main.
Les usages les plus vivaces sont ceux liés à l'alcool. Si le sexe faible est représenté à table, il serait très mal perçu qu'au moins un toast, généralement le deuxième, ne soit pas porté en son honneur. La boisson la plus adaptée aux grandes circonstances est la vodka.
Fêtes et traditions
Lorsque Noël tombe en désuétude à l'ère soviétique, toute sa charge symbolique est reportée sur le Nouvel An. Ce n'est que depuis quelques années que l'on fête de nouveau Noël dans les grandes villes.
Le Noël orthodoxe (le 7 janvier) reste une fête éminemment religieuse, même si tout le monde ne lui accorde pas la même importance. Certains fêtent aussi le Noël catholique, pour le plaisir de partager une autre fête avec le reste du monde (ou du moins une partie).
Mais la fête la plus célébrée est sans doute le Nouvel An, que l'on fête entre amis plusieurs jours d'affilée. Le calendrier orthodoxe, en retard de 13 jours sur le nôtre, fournit le prétexte de fêter de nouveau le Nouvel An en janvier. Le gouvernement a décrété une douzaine de jours de congé obligatoires chaque année à cette période.
Dans certaines campagnes, au début de l'été, la fête d'Ivan Koupala (comparable à la Saint-Jean) donne encore lieu à la perpétuation de traditions antérieures à l'arrivée du christianisme. Ivan Koupala célèbre à la fois saint Jean (Ivan), responsable par son baptême de la seconde naissance du Christ, et Koupala, le dieu du Soleil.
Contes et légendes
Dans les croyances russes, les forces de la destruction et celles de la création s'équilibrent et même s'accordent. Il en va de même dans les contes.
Les contes russes, avec leur mélange de cruauté et d'humour, de sagesse et de folie, complètent des croyances puisées dans les millénaires d'une histoire souvent mal connue. Ensemble, ils forment un imaginaire, une source inépuisable de création artistique et intellectuelle,
Icônes
La conception d'une icône obéit à des critères stricts : chaque couleur possède une signification précise. Les corps sont allongés, disproportionnés par rapport à la taille de la tête. Le fond est souvent doré, parfois même « habillé.
On prête aux icônes une puissance bienfaitrice, variable selon le saint auquel elles se vouent. Influence qui peut s'exercer dans un domaine précis comme la guérison, la chance, etc. Les croyants prient devant l'icône appropriée à chaque situation.
Sans une église, l'icône la plus vénérée est toujours la première à droite de l'iconostase.
Religions
Les chants orthodoxes russes, les ors des églises et des icônes sont sans doute
la première chose qu’on se représente en évoquant la religion en Russie.
Tout comme la Russie est multinationale, elle est plurireligieuse. Les chrétiens
orthodoxes sont une majorité écrasante, et l’importance de leur
Église est encore accrue par son rôle historique et identitaire.
L’islam vient en deuxième position et lui aussi a joué un rôle dans les évolutions musulmanes jusque dans les années
1920, époque à laquelle il a été gelé et réprimé comme les autres religions
par le régime soviétique.
La troisième religion est le judaïsme, et aujourd’hui encore la
Russie compte la troisième communauté juive du monde après Israël et les États-Unis.
Un judaïsme à grande majorité ashkénaze.
Le bouddhisme russe, ou plutôt russien, qui concerne environ un million de personnes, est surtout pratiqué dans la république sibérienne de Bouriatie, à l’est du lac Baïkal, à Touva (sud de la Sibérie) et en Kalmoukie (au sud de la Russie, sur la Caspienne). Tous observent les rites du bouddhisme tibétain.
Les vieux-croyants du protopope : chez les Chrétiens orthodoxes, le schisme s’est produit au XVIIe siècle, qui a donné naissance à une Église de « vieux-croyants », ceux qui ont refusé la réforme du patriarche Nikon. Parmi leurs revendications figurait celle de ne prier que devant des icônes en bois de tilleul. Il y a quelques églises à Moscou, mais c’est surtout dans la paysannerie que ce courant populaire a survécu, et ce malgré une répression inouïe sous le tsarisme et sous les Soviétiques.
Savoir-vivre et coutumes
Le moins que l’on puisse dire est que les rapports humains de la rue ne sont
pas emprunts chichiteux. Les « bonjours »,
« s’il vous plaît » et autres « merci »
serons certes reçus avec reconnaissance par ceux à qui vous les adresserez.
Cependant, dans leurs rapports entre eux, les Russes sont
plus instantanés. Pas besoin de longs préliminaires
pour voir une vendeuse mal embouchée invectiver un acheteur indécis ; mais
une autre sera tout aussi rapide à échanger avec lui trucs et conseils.
Votre interlocuteur vous pardonnera de lui tendre la main à travers un pas de porte mais, le plus souvent, il vous amènera à l'intérieur ou vous rejoindra à l'extérieur, pour ne pas permettre au seuil, doté d'une signification maléfique, de polluer votre poignée de main. S'il s'agit d'une femme, s'embrasser n'est pas très habituel entre personnes qui se connaissent peu.
Mais ce que les règles du savoir-vivre russe traduisent de la manière
peut-être la plus spectaculaire, ce sont les relations entre les sexes. L’art
de la galanterie s’exerce en tous lieux et en toutes circonstances. Que ce soit
pour céder sa place dans le métro, tenir une porte ou aider à descendre un marchepied. N’importe quelle femme appréciera qu’un homme l’aide à passer son manteau,
lui allume sa cigarette ou la salue d’un baisemain ! Même les hommes entre eux s'offrent des fleurs.