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Cuisine et boissons Russie

Cuisine

À l’ère soviétique, le mot « gastronome » désignait avant tout des magasins d’alimentation, où la gastronomie tenait bien peu de place !
Les « grands » chefs, aussi bien à Moscou qu’à Saint-Pétersbourg, sont soit français soit italiens. Pourtant, de mémoire de Russe, l’art de la ripaille est un sport national, pour lequel il n’existe ni heure ni protocole.
À propos de caviar, sachez que la population de bélougas, d'osciètres et de sterlets, d'où sont issus les œufs tant convoités, est gravement menacée dans la mer Caspienne. En effet, le marché du caviar est à 80 % aux mains de la contrebande.

Zakouski (Entrées)

On trouve aussi bien le roi-caviar, le vrai, le « noir », mais aussi le « rouge » (œufs de saumon) et les autres « caviars », d’aubergine ou de courgette.
Poissons fumés (crus ou cuits) ou salés, esturgeon, saumon, flétan, sprat, hareng, maquereau, et l’on en passe. Les Russes adorent les champignons. La collecte (la « chasse silencieuse ») est un rite, et les salaisons un délice. Les pirojki (chaussons à la viande, au chou, aux champignons, etc.) sont excellents.
Et les Russes sont aussi maîtres en salades ; nous vous recommandons particulièrement la seliodka pod chouboy (le « hareng sous son manteau ») : ce qui sert de « manteau » aux petits morceaux de harengs salés est un mélange de betteraves et de carottes râpées, de dés de pommes de terre et de mayonnaise. La « vinaigrette » (viniegriet) à la russe est en fait une salade dans laquelle on mélange betterave et pomme de terre. Les zakouski accompagneront tout le repas : ils servent à « faire passer » la vodka.

Piervoye (Soupe)

Les choses sérieuses commencent avec la soupe, composante quasi obligatoire d’un repas complet. On ne l’appelle pas d’ailleurs soupe, mais piervoye (le premier). Chtchi (soupe au chou généralement servie avec de la crème fraîche) ou borchtch ?
Optons pour le borchtch : une soupe à base de betteraves. Généralement à la viande, il comprend un mélange de légumes et d’épices qui en fait un plat qui vaut vraiment le détour. Plus familiales sont les oukha (soupes de poisson) et autres solyanka et rassolnik.
La solyanka, à la viande ou au poisson, comprend des petits morceaux de cornichons salés et est relevée d’olives. Le rassolnik est une sorte de solyanka aux abats de volaille et au riz ou à l’orge.
En été, il faut absolument goûter l’okrochka, soupe froide à base d’une boisson fermentée appelée le kvas, dans la composition de laquelle entrent différents légumes cuits et crus et de petits morceaux de viande ou de saucisson bouilli.

Vtaroye (Plat de résistance)

Le plat de résistance, appelé, fort logiquement, vtaroye (le deuxième), n’offre pas moins de choix. Les goloubtsi sont des choux farcis, mais on farcit également les courgettes. Les pelmeni et les varienniki (littéralement : les « bouillies ») sont différentes sortes de bouchées composées de viande et d’oignons hachés dans des enveloppes de pâte fraîche, que l’on fait soit griller soit bouillir - en clair, des sortes de raviolis. Il existe également des variantes, notamment au fromage blanc et à la cerise, qui se rapprochent d’un dessert.
Parmi les plats préparés au four, il ne faudrait pas rater l’occasion de se régaler d’esturgeon ni de carpe. Impossible de ne pas mentionner le bœuf Stroganov, incontournable dans les menus des restaurants traditionnels - de fines lamelles de viande bien cuite baignant dans une sauce à la crème et aux oignons.
Citons aussi les kotliéti pa kievski (des blancs de poulet au beurre). La grietchnievaya kacha, ou kacha tout court (sarrasin bouilli) est un accompagnement très traditionnel (par kacha on désigne en fait tout grain bouilli). Enfin, le plat de cuisine familiale par excellence est la solyanka (version « plat de résistance »), dont il existe plusieurs variantes, la base étant du chou grillé.

Tchaï (Thé)

Il peut être servi avec des pirojki fourrés, cette fois-ci, au coulis d’abricots ou de fruits rouges, ou avec des blintchiki, petites crêpes, généralement, elles aussi fourrées de différentes bonnes choses.

Konfiéty (Bonbons)

Les Russes raffolent des klioukvas (canneberges), ces baies qui viennent du Nord. Ce qu'ils préfèrent, c'est les manger enrobées de sucre glace en prenant le thé (tout comme les biscuits aux graines de pavot). Les canneberges se déclinent aussi en thé à la canneberge et crème de canneberge (pour les nostalgiques du kir !). On en trouve en général dans les supermarchés.

Cuisines du Caucase et d’Asie centrale

Il serait dommage de ne pas profiter d’un séjour en Russie pour goûter les cuisines caucasienne et d’Asie centrale. Le plov, plat de riz et de viande, est typiquement ouzbek mais se rencontre aussi en Azerbaïdjan et en Arménie.
L’Asie centrale nous sert également des manti, sortes de pielméni deux fois plus gros, dont la pâte doit « fondre » en bouche.
La cuisine géorgienne est un hymne aux épices et aux bonnes herbes, parmi lesquelles la coriandre occupe une place importante ; celles-ci entrent notamment dans la composition de toutes sortes de plats en sauce, souvent froids comme les lobio (haricots rouges dans une sauce aux noix et à la coriandre) ou les satsivi (au poulet ou à l’esturgeon, toujours avec une sauce aux noix). Le tchanakhi et le tchakhokhbili sont aussi des plats en sauce, mais chauds. Il s’agit pour le premier de mouton aux aubergines et aux tomates, pour le second de poulet aux tomates et aux oignons (plus quelques dizaines d’autres ingrédients dans les deux cas).
La soupe nationale caucasienne est le khartcho, à base de mouton et de riz et agrémentée de pruneaux, d’épine-vinette et d’estragon.
Le Caucase propose aussi sa version des manti : les khinkali géorgiens sont, tout comme leurs cousins d’Asie centrale, à déguster avec les doigts et à avaler entiers.
La cuisine géorgienne est aussi l’occasion de boire autre chose que de la vodka ! Il existe en effet toute une gamme d’excellents vins géorgiens.

Shashlick (Brochettes)

Pourquoi ne pas vous laisser entraîner dans une partie de shashlick (brochettes) ? C’est la coutume gastronomique la plus conviviale du pays. Les Russes ont une préférence pour le porc. On met les morceaux à mariner la veille au soir dans du kéfir (lait fermenté), de l’oignon ou du vinaigre. On prépare de la même façon l’esturgeon, le bœuf et le mouton.
Côté boisson : ne soyez pas surpris si l’on vous propose une partie de shashlick par - 15 ou - 20 °C… La recette est la même que pour les shashlick d’été... avec double ration de vodka !
Les shashlick apparaissent sur les cartes de très nombreux restaurants caucasiens, aux côtés du lioulya kebab - des brochettes de boulettes de viande aromatisées.

Boissons

Les revenus de l’État liés à la production et au commerce de l’alcool représentent une source budgétaire majeure.
Dans les grandes villes, les jeunes générations délaissent la vodka au profit de la bière. Les « nouveaux Russes » ont quant à eux lancé la mode du vin.

Bière, hydromel et boissons non alcoolisées

Produite à l'origine par fermentation de miel, la miedovukha doit faire face, à partir du XVe siècle, à la concurrence de produits bien meilleur marché. Aujourd'hui, certaines recettes authentiques subsistent dans les campagnes, mais le « vin de miel » produit industriellement se résume à de l'eau-de-vie diluée et parfumée au miel.
La fidélité des Russes envers la bière et le kvas ne s'est, elle, jamais démentie. Pourtant, les quelques dizaines de marques qui se disputent les faveurs du consommateur russe servent, à de rares exceptions près, un breuvage insipide, produit d’une technologie bon marché standard. Les marques Baltika et Zolotaya Botchka servent une qualité à peu près convenable. En ce qui concerne le kvas, Ochakovsky est une bonne marque.
Le kompot, à base de baies ou de fruits qu'on fait cuire dans de l'eau bouillante, est stocké dans de grands bocaux jusqu'à l'hiver. Le morse (pas l’animal) est une boisson rafraîchissante à base de jus de baies (airelle, cassis, groseille) et sucrée. Le kissel est plus épais (on y ajoute de la fécule) et se boit souvent chaud. Spécial.

Vin

Les principales régions fournissant traditionnellement la Russie en vin se trouvent en Moldavie, en Ukraine (en Crimée notamment) et en Russie, entre la mer Noire et la Caspienne. La viticulture se développe surtout à la fin du XIXe siècle. L’Église adopte alors pour ses besoins un vin cuit, initialement importé de Cahors, puis produit à Massandra, en Crimée. Ce Cahors local (Kagor), bon marché, est encore l’une des bouteilles favorites des Russes sur la table des repas de fêtes.
Toujours à la fin du XIXe siècle, le prince Lev Sergeievitch Golitsyne rapporte en Russie la recette du champagne. Ce Champanskoye est un vin mousseux sucré tout aussi bon marché que la vodka, et constitue l’apanage de la gent féminine.
Ce n’est que récemment que la préférence donnée par les Russes aux vins doux a été remise en cause : le champagne français et les vins secs importés de l’étranger en général sont en effet incomparablement plus chers que le Kagor et le Champanskoye traditionnels, d'où leur succès auprès des nouveaux Russes !
On trouve aujourd’hui des vins français facturés trois ou quatre fois le prix qu’ils valent en France, mais également des vins géorgiens (beaucoup moins depuis 2008), légèrement plus abordables et dont certains valent le détour.

Vodka...

En Russie, c'est la nourriture qui accompagne la vodka, et non l'inverse...
Certains zakouski constituent avec la vodka des alliances harmonieuses. Citons le cornichon salé, les masliata (petits champignons qui, marinés, ont une consistance visqueuse), le maquereau salé, la julienne (petite entrée à base de champignons cuits au four) et le kholodets (gelée préparée avec des morceaux cartilagineux de porc).
Au chapitre de la diversité, la vodka n'est pas en reste par rapport à sa compagne la zakouska. La vodka peut être soit parfaitement pure, soit légèrement adoucie grâce à l’ajout de certains arômes de plantes à doses homéopathiques, soit encore préparée avec des fruits rouges ou du piment marinés. Dans ce cas, on parle de nastoïki. En tout état de cause, elle se boit toujours cul sec !


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