Le 22 décembre, jour du renversement de la dictature de Ceausescu, n'est pas
férié.
Foires et marchés
Au hasard, vous pouvez tomber sur de belles foires et marchés. Chaque samedi
matin, à Onesti, une grande foire aux chevaux où règnent les Roms de Moldavie.
Chaque jeudi se tient à Beius (monts Apuseni) une des plus grandes foires paysannes
de Roumanie.
Le pays des citadelles saxonnes abrite vers la fin de l'été de belles foires
aux chevaux : il faut assister aux négociations pour se délecter du sens théâtral
des Roms.
Les foires et marchés hebdomadaires en Maramures sont superbes (Ocna Sugatag,
Sighet, Dragomiresti). Renseignements aux bureaux d'info de Botiza et Vadu Izei.
En Bucovine, les foires de Radauti et Dorohoi sont à voir !
Religion
En Valachie et en Moldavie, les Roumains de religion orthodoxe représentent
la quasi-totalité de la population. Par ailleurs la Transylvanie, rattachée
à la Roumanie en 1918, est la plus diversifiée : les roumanophones, largement
majoritaires, y sont orthodoxes mais aussi uniates (les catholiques de rite
grec avaient été réunis par la force aux orthodoxes par le régime communiste
; aujourd'hui, ils cherchent à récupérer leurs églises, ce qui crée des tensions
avec les orthodoxes) ; les magyars (hongrois) sont de religions catholique,
calviniste ou luthérienne, alors que les germanophones, saxons et souabes, sont
respectivement luthériens et catholiques. Les sectes néo-protestantes (pentecôtistes,
adventistes) connaissent un succès inquiétant auprès de populations rurales
que l'on dit déçues par les abus du clergé orthodoxe.
L'Église orthodoxe
L'Église orthodoxe représente l'Église des origines, dont s'est séparée l'Église
romaine, à partir de 1054. Les chrétiens d'Orient ont alors refusé l'évolution
de l'Église occidentale vers une monarchie romaine, ainsi que sa tendance à
subordonner le Saint-Esprit à la personne du Christ, ayant préféré suivre l'enseignement
des apôtres.
Savoir-vivre
La politesse roumaine est délicieusement désuète, même si elle a tendance à
disparaître, comme partout...
- Apportez des fleurs à votre hôtesse, déchaussez-vous en entrant dans les
maisons et appartements, etc.
- Lorsqu'on vous offre un verre, évitez de le descendre trop rapidement, sinon
on vous en sert un autre et ainsi de suite. Ne vous sentez pas obligé de finir
votre assiette. Les hôtes mangent rarement à votre table.
- Le baise-main est encore pratiqué, surtout dans les campagnes.
- Chez les paysans, il est préférable de s'abstenir de fumer.
- Dans les églises et monastères, soyez respectueux de l'esprit des lieux :
évitez de fumer, de vous promener en short et autre tenue légère.
- Les orthodoxes dans les campagnes respectent encore le carême (post)
: 45 jours avant Pâques, 45 jours avant Noël, les 15 premiers jours d'août,
le vendredi. Souvent, vos hôtes n'osent pas vous imposer leur régime végétarien
: mettez-les à l'aise et encouragez-les à vous le faire partager. Les recettes
de post sont parmi les plus raffinées de la cuisine roumaine (crème de
haricots aux poivrons confits, caviar d'aubergine, soupes de cèpes, etc.) !
Quelques formules qui réjouiront vos hôtes roumains (pas hongrois ni allemands)
:
- En quittant la table, il faut dire « sarut mâna pentru masa » (prononcer :
sermana pentrou mas) : je vous baise la main pour la table. L'hôte vous répond
« Sa va fie de bine » : que ça vous fasse du bien.
- Pendant les 40 jours qui suivent Pâques, on ne dit pas « buna ziua » (bonjour)
mais « Hristos a înviat » (le Christ est ressuscité) et on doit répondre « e
adevarat, a înviat » (c'est vrai, il est ressuscité).
- Au restaurant, il est bon de laisser un pourboire au serveur si celui-ci s'est montré aimable et efficace, environ 10 % de la note.
Tsiganes ou Roms
Le sujet qui fâche ! Vos hôtes roumains vont le plus souvent vous mettre en
garde contre ces Tsiganes qui soi-disant propagent une image négative de la
Roumanie. Combien sont-ils en Roumanie ? Impossible de le savoir. Entre 2 et
4 millions. Seulement 409 723 selon les recensements !
Leur langue - le romani - est en partie dérivée du sanscrit : les Roms
sont originaires de l'Inde. Pourquoi sont-ils partis ? Nul ne le sait. Ils ont
erré à travers l'Iran, le Caucase, la Turquie avant de traverser le Bosphore
vers l'an 1000 pour se répandre à travers l'Europe. En Roumanie, le terme «
tsigane » fut pendant cinq siècles synonyme d'esclave : il porte toujours la
marque du mépris. Les descendants d'esclaves - ou du moins leurs leaders - préfèrent
se dire Roms, ce qui signifie « homme » en langue romani. Beaucoup de Roms ont
adopté les apparences de la « normalité » et sont plus ou moins intégrés à la
société. Un tiers des Roms reste fidèle à un mode de vie traditionnel : ils
utilisent toujours la langue romani. Les nomades ne sont plus que quelques milliers.
Ils restent les plus visibles, flânant le long des routes avec leur attelage,
bivouaquant dans les lieux les plus divers. D'autres sont semi-nomades, campent
l'été près des villages où ils pratiquent leurs métiers.
Et pour les connaître vraiment, lisez absolument avant votre voyage le livre
Tsiganes en Roumanie.