Religions et croyances
En Valachie et en Moldavie, les Roumains de religion orthodoxe représentent la quasi-totalité de la population.
La Transylvanie, rattachée à la Roumanie en 1918, est la plus diversifiée : les roumanophones, majoritaires, y sont orthodoxes, mais aussi gréco-catholiques ou uniates (les catholiques de rite grec avaient été réunis par la force aux orthodoxes par le régime communiste ; aujourd'hui, ils cherchent à récupérer leurs églises, ce qui crée des tensions avec les orthodoxes) ; les Magyars (hongrois) sont de religions catholique, calviniste ou luthérienne, alors que les germanophones, saxons et souabes, sont respectivement luthériens et catholiques.
Les sectes néoprotestantes (pentecôtistes, adventistes) connaissent un succès grandissant auprès de populations rurales que l'on dit déçues par les abus du clergé orthodoxe.
L'Église orthodoxe roumaine est très présente dans la vie politique. Elle donne son avis sur de nombreux sujets et intervient dans les débats, bloquant certaines réformes. Pour 86 % des Roumains, elle est l'institution en laquelle ils ont le plus confiance...
L'Église orthodoxe
L'Église orthodoxe représente l'Église des origines, dont s'est séparée l'Église romaine à partir de 1054. Les chrétiens d'Orient ont alors refusé l'évolution de l'Église occidentale vers une « monarchie » romaine, ainsi que sa tendance à subordonner le Saint-Esprit à la personne du Christ, ayant préféré suivre l'enseignement des apôtres.
Savoir-vivre et coutumes
- Apportez des fleurs à votre hôtesse, déchaussez-vous en entrant dans les
maisons et appartements.
- Lorsqu'on vous offre un verre, évitez de le descendre trop rapidement, sinon
on vous en sert un autre et ainsi de suite. Ne vous sentez pas obligé de finir
votre assiette.
- Chez les paysans, il est préférable de s'abstenir de fumer.
- Dans les églises et monastères, soyez respectueux de l'esprit des lieux :
évitez de fumer, de vous promener en short et autre tenue légère.
- Les orthodoxes dans les campagnes respectent encore le carême (post)
: 45 jours avant Pâques, 45 jours avant Noël, les 15 premiers jours d'août,
le vendredi. Souvent, vos hôtes n'osent pas vous imposer leur régime végétarien
: mettez-les à l'aise et encouragez-les à vous le faire partager. Les recettes
de post sont parmi les plus raffinées de la cuisine roumaine.
- Au restaurant, il est bon de laisser un pourboire au serveur si celui-ci s'est montré aimable et efficace, environ 10 % de la note.
Tsiganes ou Roms
Le sujet qui fâche ! Vos hôtes roumains vont le plus souvent vous mettre en garde contre ces Tsiganes qui, prétendument, propagent une image négative de la Roumanie. Et pourtant, le monde des Roms est fascinant.
Les chiffres officiels montrent que les citoyens roumains de culture magyare constituent la plus importante minorité de Roumanie. En réalité, la première place devrait revenir aux Roms (Tsiganes), dont le nombre est estimé entre 2 et 4 millions d'individus (au lieu des 410 000 recensés). Lors des recensements, beaucoup de Roms qui parlent le hongrois se sont déclarés « Hongrois ». Ailleurs, ils se disent « Roumains ». La plupart des Roms n'aiment pas se déclarer comme tels, autant par honte du statut de « Tsigane » que pour marquer un souci d'intégration.
Leur langue - le romani - est en partie dérivée du sanscrit : les Roms sont originaires de l'Inde. Pourquoi en sont-ils partis ? Nul ne le sait. Ils ont erré à travers l'Iran, le Caucase, la Turquie avant de traverser le Bosphore vers l'an 1000 pour se répandre à travers l'Europe.
En Roumanie, le terme « tsigane » fut pendant cinq siècles synonyme d'esclave : il porte toujours la marque du mépris. Les descendants d'esclaves - ou du moins leurs leaders - préfèrent se dire Roms, ce qui signifie « homme » en langue romani. En Europe, le peuple rom est loin d'être un ensemble homogène : Manouches et Sinti en Europe de l'Ouest, Gitans dans le sud-ouest du continent, Roms en Europe centrale et orientale.
Beaucoup de Roms sont plus ou moins intégrés à la société. Seul un tiers des Roms reste fidèle à un mode de vie traditionnel. D'autres sont semi-nomades, et campent l'été près des villages.
La grande majorité des Roms s'enfoncent dans la pauvreté, avec ses corollaires.
Autour d'associations très actives, des Roms revendiquent le droit de vivre entre deux cultures : la leur et celle du monde d'aujourd'hui. De nombreux projets sont actuellement mis en œuvre, ayant pour but l'éradication de l'analphabétisme.