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![]() Culture Polynésie françaiseFêtes et festivals- Le Nouvel An est célébré avec entrain sur toutes les îles. À Tahiti, c’est l’heure du Kaina Tour, d’une plage à l’autre, d’une nouba à l’autre. Naissance de la Polynésie
Grands amateurs de légendes, les Polynésiens peignent en quelques phrases la naissance du monde. C’est un jeune dieu, Maui, l’un des 68 fils du couple originel, qui en est le héros. Parti un jour pêcher au large avec ses frères, il fait avec son hameçon sacré une prise aussi rare que fabuleuse : un poisson-terre du fond de l’océan, si grand que, parvenu à la surface, il se fige et se brise en de multiples morceaux - les grandes entités de l’aire polynésienne. D’autres légendes similaires donnent naissance aux différents archipels, puis aux îles mêmes. Les découvertes des archéologues, des linguistes et des généticiens tracent peu à peu le portrait de la plus incroyable migration humaine jamais réalisée : la conquête du Pacifique, en vagues successives, par des groupes d’hommes et de femmes partis d’Asie du Sud-Est il y a environ 50 000 ans pour les premiers.
En quelques siècles, la quasi totalité des îles isolées sont abordées : les Marquises les premières (300-600), d’où sont ensuite gagnés les Tuamotu, Hawaii (400-650) et l’île de Pâques (400-500). Ces conquêtes ne font pas l’objet d’une direction unique, mais de multiples expéditions parties en tous sens : ainsi, c’est en rebroussant chemin vers le Sud-Ouest que sont explorés et colonisés Tahiti et les îles Cook (600-800), puis la Nouvelle-Zélande (vers l’an 1000). D’autres îles aujourd’hui désertes sont habitées, puis abandonnées. Une société rigide, empreinte de tabousAu fil du temps, chaque groupe polynésien a développé ses propres règles sociales, ses propres formes d’art et de pensée. Mais une unité transparaît : tout, dans le monde polynésien, est imprégné de sacré. La décontraction observée par les découvreurs européens n’est qu’apparente. En vérité, les sociétés polynésiennes sont régies par d’innombrables règles sociales et religieuses appuyées sur un système rigide de castes et de tabous (interdits). Les prêtres et les chefs, intermédiaires des dieux, ont droit de vie et de mort sur le peuple : toute transgression est interprétée comme une forme de blasphème. Les guerres sont fréquentes, les sacrifices humains courants, le cannibalisme rituel bien présent. L’augmentation de la population et la faible étendue des terres émergées attisent les conflits. Une victoire est l’occasion pour les chefs d’étendre leur sacro-saint mana, leur puissance spirituelle, et celui de leur tribu. Cette importance passée du sacré se retrouve aujourd’hui dans la foi virulente des Polynésiens. Les curés et les pasteurs sont les nouveaux dépositaires du mana. Les églises sont pleines à craquer et les excès parfois de rigueur. On parle encore, timidement, de ces six hommes et femmes brûlés vifs en 1987 à Faaité, aux Tuamotu, par excès de zèle religieux. Pour libérer le corps de sa mère de l’emprise de Satan, un fils la déposa lui-même sur le bûcher. Renaissance culturelleLes arts polynésiens, issus des traditions et des règles sociales de jadis, sont les mêmes d’un archipel à l’autre : danse, chant et tatouage. Les deux premiers, intimement liés, avaient (et ont encore dans une certaine mesure) vocation à compter l’histoire des ancêtres, les migrations, les exploits des héros disparus, la puissance de leur mana, la beauté des filles, des paysages, la force des dieux et la peur qu’ils inspirent. Au XVIIIe siècle, le capitaine Cook décrivait déjà le timorodee (tamouré) et la manière qu’avaient les Tahitiennes de pratiquer cette « danse très indécente », tout en « chantant des chansons fort indécentes »… C’est toutefois le upa’upa tahitien, pratiqué en couple, qui fit couler le plus d’encre : ses mouvements étaient si obscènes, à en croire les premiers missionnaires, qu’ils se voilaient les yeux pour n’en rien voir ! Interdite par les autorités coloniales, réduite à la clandestinité, la danse a refait surface dans les années 1960 avec le réveil de la conscience culturelle polynésienne. Chaque archipel possède ses propres chorégraphies, parfois très différentes, mais qui mettent en scène deux soucis majeurs de la vie passée : la guerre, qu’évoquent traditionnellement les hommes par des mouvements amples et saccadés (comme dans l’ote’a tahitien), et les choses de l’amour, domaine des femmes et des rythmes ondulants et lascifs. On trouve aussi, comme dans l’aparima tahitien ou la danse du cochon marquisienne, des thèmes liés à la vie quotidienne. Primordial dans le passé, presque abandonné un temps, et aujourd’hui en plein renouveau, le tatau,
le tatouage, marquait jadis l’entrée dans la vie adulte. Réalisé par
étapes au cours d’une vie, il en résumait en quelque sorte le cours,
avec ses hauts-faits, permettant au statut de chacun, et surtout des
chefs, de s’afficher aux yeux de tous. On en parle sur le forum Polynésie française
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