Savoir-vivre et coutumes
Ne soyez pas surpris par ce qu'on pourrait prendre pour une forme de rudesse. L'accueil est rarement démonstratif, le bonjour, l'au revoir et le merci sont assez rares. C'est comme cela, autant s'y faire.
Certains cadeaux seront très appréciés par vos amis et correspondants polonais, notamment eau de Cologne, vins, chocolats et, pour les adolescents, cassettes ou CD de variétés françaises (actuelles).
Si vous offrez des fleurs à une Polonaise, ne laissez pas le papier d'aluminium ou le plastique d'emballage : c'est, paraît-il, considéré comme une preuve de mauvais goût !
Chez eux, les Polonais considèrent qu'il n'y a rien à payer s'ils vous hébergent. À vous de leur rendre la pareille s'ils vous rendent visite.
L'interdiction de fumer est en vigueur dans presque tous les lieux publics.
Les femmes : des apparences trompeuses
Les Polonais sont connus pour leur galanterie. Mesdames, on vous aidera à mettre votre manteau, on vous tiendra la porte, on vous allumera votre cigarette, on vous versera à boire (il est mal vu qu'une femme se serve seule une boisson alcoolisée), on vous fera même le baisemain à l'occasion. Alors, un paradis pour les femmes ?
La réalité est souvent moins rose. La Pologne n'a pas connu de révolution féministe. Avant la guerre, rares étaient celles qui, comme l'écrivain Zofia Nalkowska (1884-1954) et la socialiste Irena Krzywicka, militaient pour l'émancipation des femmes, le droit au divorce, le concubinage, l'avortement, ou qui défrayaient la chronique par leurs amours tapageuses.
Après la Seconde Guerre mondiale, le pays manquant cruellement de main-d'œuvre, les femmes ont pris d'assaut le marché du travail. L'idéologie communiste garantissait l'égalité entre les deux sexes. Dans le travail, en tout cas, car le partage des tâches à la maison ne s'est jamais fait.
Le droit très restrictif à l'IVG
La législation polonaise est d'ores et déjà parmi les plus restrictives en Europe. L'interruption volontaire de grossesse n'y est autorisée qu'en cas de viol, d'inceste, de danger pour la vie de la mère ou de malformation irréversible du fœtus. Deux médecins doivent signer le certificat d'autorisation, et beaucoup refusent de le faire de peur d'être stigmatisés pour leur acte.
Largement autorisé sous le communisme comme dans tout l'ancien bloc de l'Est, l'avortement a été très strictement limité par une loi votée en 1993, après la chute de la dictature.
Seul(e) le médecin ou la personne qui pratique un avortement est passible de deux ans de prison. La femme n'est pas passible de sanctions.
Selon les organisations féministes, une interdiction totale ne ferait que renforcer la pratique des avortements dans la clandestinité. Pourtant, des sondages révèlent que 57 % des Polonais souhaiteraient que les femmes puissent disposer elles-mêmes du choix de prolonger ou non leur grossesse.
Selon la Fédération du planning familial, on estime entre 80 000 et 200 000 par an le nombre d'avortements clandestins en Pologne, alors qu'on n'en dénombre officiellement que 200 ! L'accès à un cabinet clandestin reste facile, des petites annonces insérées quotidiennement dans les plus grands journaux polonais offrent un « service gynécologique complet ». Mais l'illégalité en rend le coût prohibitif : le prix moyen d'une intervention est estimé à 2 000 Zl (540 €), soit l'équivalent de deux mois de salaire pour une caissière de supermarché.
Égalité au travail ?
Sur le marché du travail, à la différence du passé, la situation des femmes est moins brillante que celle des hommes (ce n'est pas très original !). Elles représentent 62 % des demandeurs d'emploi. Dans un sondage effectué en août 1999 pour le compte du supplément de Gazeta Wyborcza, le quotidien d'Adam Michnik, 37 % des Polonaises ont avoué avoir perdu quelque chose dans la vie, juste parce qu'elles étaient des femmes. Leurs salaires sont, en moyenne, 20 % moins élevés que ceux des hommes. Cette différence est moindre aux postes de direction et dans les métiers nécessitant une haute spécialisation. Peu nombreuses sur la scène politique, les Polonaises réussissent bien dans le commerce et les finances ; c'est une femme, Leszek Balcerowicz, qui tient d'une main de fer les rênes de la Banque nationale de Pologne.
Le gouvernement fait de son mieux pour plaire à ces dames, mais les projets de loi, soi-disant en faveur des femmes, divisent les intéressées, parce qu'ils promeuvent, d'après certaines, l'image de la « mère Pologne », version slave de la mamma italienne. Une vision pas très moderniste... Ainsi, le vote de la loi prolongeant les congés maternité de 16 à 26 semaines (39 dans le cas de jumeaux) a provoqué une timide levée de boucliers chez les féministes, tandis que 73 % de la population était favorable au projet. Le projet de loi sur la parité des femmes au Sénat et à la Diète, très critiqué (aussi par les femmes), a été finalement renvoyé aux oubliettes.
Les jeunes Polonaises gardent tout de même l'espoir : 57 % d'entre elles considèrent qu'elles ont les mêmes chances pour faire carrière que leurs collègues masculins.
Fêtes et jours fériés
- Jours fériés : le 1er janvier, le lundi de Pâques, le 1er mai,
le 3 mai (fête nationale), le 15 août (attention, la majorité
des commerces et musées sont fermés), la Fête-Dieu
ou Boze Cialo, qui est une fête variable en Pologne, le 1er novembre,
le 11 novembre (fête nationale célébrant l’Indépendance
en 1918) et les 25 et 26 décembre. La Saint-Nicolas du 6 décembre est également fêtée comme en Alsace et en Belgique.
- Les Polonais offrent beaucoup de petits cadeaux (fleurs surtout,
mais aussi chocolats...) pour les fêtes individuelles. Comme il y a quatre
saints Andrzej et deux saintes Agnieszka par an, les fleuristes sont florissants
! En revanche, offrir des fleurs pour la Saint-Valentin (Walentynki) a valeur
de déclaration.
- Il y a de nombreux tournois de chevalerie en été,
assez impressionnants à voir. Les plus connus sont ceux de Golup-Dobrzyn,
à côté de Torun, en juillet, à Sandomierz en août,
à Ujazd en juin et Gniew en juillet.