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La terre et les hommes Picardie

L’art gothique

Étendard du patrimoine de Picardie qu'il partage avec les manoirs et châteaux, l'art gothique a fleuri dans la région au point d'offrir sur son sol les plus beaux exemples de son architecture au gigantisme criant. Ainsi, on compte en Picardie 6 cathédrales (Amiens, Beauvais, Soissons, Laon, Senlis, Noyon) et d'innombrables édifices religieux tout aussi majeurs (basilique de Saint-Quentin, abbatiale de Saint-Riquier, abbatiale Saint-Vulfran à Abbeville).
Aux XIIe et XIIIe s, la Picardie bénéficie d'un essor économique important ; le pouvoir religieux, désireux d'affirmer sa puissance, y compris face aux pouvoirs royaux et seigneuriaux, lève des fonds pour construire des édifices à la gloire du catholicisme. L'art roman s'essouffle, et l'apparition des voûtes et croisées d'ogives - constructions architecturales typiques du gothique - permet d'élever plus haut les églises.
Du gothique simple qu'on retrouve dans les plus anciennes cathédrales de la région (Noyon 1150 et Senlis, dans sa partie ancienne du moins), les architectes vont par la suite rivaliser d'imagination pour construire toujours plus haut leurs édifices, jusqu'au chef-d'œuvre de la période gothique dite « flamboyante » : Notre-Dame-d'Amiens, la plus profonde du monde (on y met deux fois Notre-Dame de Paris). Mais les architectes voudront faire encore plus : ce sera l'échec de Beauvais. Voulue par les chanoines pour rivaliser avec Amiens,elle s'effondra plusieurs fois... Cependant, à 48 m, elle reste la plus haute sous voûte, détenant le record de l'histoire du gothique.

Les châteaux forts

Même si beaucoup n’ont pas traversé les siècles et ont mal supporté les guerres, quelques châteaux forts existent encore dans la région. Au XIIe siècle, les constructions de pierre remplacent le bois et de puissantes forteresses s’élèvent un peu partout. Prenons l’exemple de Péronne.

Le château de Péronne

Située au confluent de la Somme et de la Cologne, Pérone joua un rôle tout particulier au Moyen Âge en tant que ville féodale et place forte. C’est au XIe siècle que les comtes de Vermandois firent de cette ville leur capitale et édifièrent le donjon qui contrôle le passage de la Somme.
La forteresse est entourée dans un bastion en brique de l’ancienne enceinte. Elle est toujours ceinte de ses quatre grandes tours en grès, édifiées par Philippe Auguste, alors maire de la ville. Ces dernières sont légèrement obliques à la base, afin de rejeter les projectiles qu’on lançait du faîte à l’époque. Le château était en ce temps-là entouré de fossés profonds remplis d’eau. Une seule entrée permettait de pénétrer à l’intérieur, et elle était défendue par une herse et différents autres obstacles, que l’on montait ou descendait à l’aide d’un treuil.

Au cours des siècles, le château a subi de nombreuses transformations. Dans la cour, on retrouve aujourd’hui les fours à pain, les ruines de l’ancienne maison des officiers, l’entrée des souterrains ainsi que l’ancienne chapelle. En dehors du château, on a accès entre étangs et verdure à la promenade du Cam. C’est également à cet endroit que l’on retrouve l’entrée de l’Historial de la Grande Guerre, musée et lieu de recherche consacré à la bataille de la Somme en 1916.

- Renseignements : château de Péronne, 80201 Péronne Cedex 1. Tél. : 03-22-83-14-18. Internet : www.historial.org.





 


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