Architecture et habitat
La Picardie n'a pas un habitat et une architecture uniformes. Malgré l'importance de son bassin crayeux propice à un habitat groupé (surtout sur le plateau picard, résurgence du Bassin parisien), la Picardie reste la région de France au nombre de communes le plus élevé : près de 2 300 ! Avec les hameaux, elles sont encore plus nombreuses dans les régions argileuses de bocage du pays de Bray, du Vimeu ou de Thiérache. On y trouve tous les attributs du village typique : l'église, le monument aux morts (très importants en Picardie), souvent un pigeonnier et un manoir ou un château, qui rappelle l'origine et la structuration féodale, rurale et seigneuriale de la région.
Côté architecture, on peut distinguer une zone au nord du plateau picard, et une au sud qui s'apparente plutôt à l'Île-de-France. Au nord, comme dans la région Nord-Pas-de-Calais et la Belgique, la brique rouge reste l'élément fondamental des constructions d'aujourd'hui, même si elle n'est apparue sérieusement qu'au XIXe s. Avant, c'était le torchis qui constituait l'élément principal de construction, notamment celui de la ferme picarde.
Il y a bien sûr des variantes : vers le versant normand, le colombage et les pans de bois donnent une allure normande aux fermes (qu'on retrouve aussi partiellement à Beauvais). La brique s'est également substituée au torchis après les destructions de 1914-1918.
En vallée de la Somme, à L'Étoile par exemple, la construction de lotissements de maisons ouvrières donne une allure de corons du Nord à certaines rues. Ainsi, la maison amiénoise est caractéristique de la capitale picarde : très étroite, avec plusieurs niveaux. En Thiérache, les églises de brique se doublent de fortifications étonnantes, visant à repousser les envahisseurs.
L’origine du mot « picard »
Il est difficile de dater la première apparition du mot « picard ».
On le retrouve pour la première fois dans un texte du XIe siècle
comme nom de famille. Il désigne un certain Willelmus Picardus (ou Guillaume
le Picard), chevalier ayant participé à une croisade et mort au siège de Jérusalem.
Les noms de « pays picards » apparaissent dans le vocabulaire administratif
au XVIe siècle et l’appellation de la Picardie comme territoire
le siècle suivant.
La langue picarde
La langue picarde est la langue parlée jusqu'au XVe s dans la Picardie historique (Picardie administrative jusqu'à la Belgique et les bords de Flandre). C'est une langue d'oïl qui a les mêmes racines que le français dont elle se distingue par des prononciations de lettres et une phonétique différente. Le chti, curieusement bien plus connu (avant même le film de Dany Boon), n'est en fait qu'un dialecte de cette langue d'oïl.
Aujourd'hui en plein renouveau grâce à l'action d'associations, d'universitaires ou d'élus, nombre de ses expressions continuent à être parlées et transmises dans le nord de la France, sans que ces utilisateurs soient bien conscients qu'il s'agit de mots d'une autre langue que le français ! Il faut dire aussi que ces expressions sont souvent très imagées et croustillantes, même traduites !
Figures
Écrivains
Célébrée par Jean de la Fontaine dans ses Fables, Colette, Victor Hugo
ou Marcel Proust , la Picardie a été une terre d’inspiration pour de nombreux
écrivains :
- Jean Calvin (1509-1564) : le grand réformateur religieux
et écrivain français est né à Noyon.
- Jean de la Fontaine (1621-1695) : né à Château-Thierry.
Sa maison est conservée et abrite aujourd’hui le musée municipal.
- Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) : né en Suisse, mais enterré
à Ermenonville, dans l’Oise avant que ses restes ne soient transportés au Panthéon.
Les Rêveries du promeneur solitaire évoquent les derniers mois de sa
vie qu’il passa au château d’Ermenonville.
- Alexandre Dumas (1802-1870) : le père de Monte Cristo est
né et enterré à Villers-Cotterêts (avant que son corps ne soit transporté au
Panthéon en 2002). Ses vagabondages dans la forêt de Villers-Cotterêts
ont nourri son imaginaire.
- Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval (1808-1855) : écrivain
et poète qui tira son pseudonyme d’un lieu-dit de Picardie où il aimait se promener.
- Jules Verne (1828-1905) : écrivain, père fondateur de la
science-fiction. Picard d’adoption par sa femme, il y vécut à partir de 1871
et jusqu’à sa mort. . C’est à Amiens que le romancier écrit l’essentiel de son
œuvre et finit sa vie. On y visite toujours sa maison, dotée d’un étrange observatoire.
Il possédait également une maison dans la Baie de Somme (« je suis
une bête de Somme », déclarait-il à ses amis), où était amarré son bateau.
Maison de Jules Verne : 2, rue Charles-Dubois, Amiens. Tél. :
03-22-09-24-30.
Peintres
La région inspira également des peintres.
- Camille (1864-1943) et Paul (1868-1955) Claudel :
le Tardenois est leur berceau. Ils ont vécu leur enfance à Villeneuve-sur-Frère.
Camille, sculpteur qui passa les trente dernières années de sa vie dans un asile,
écrira un jour à son frère, écrivain et diplomate : « Quel bonheur
si je pouvais me retrouver à Villeneuve. Ce joli Villeneuve qui n’a rien de
pareil sur terre ».
- Jean-Baptiste Corot (1796-1875) : le peintre de l’Aisne
par excellence. Il adorait le marais et les vergers de la région qui l’ont inspiré.
- André Masson (1896-1987) : ce peintre surréaliste, puis
gestuel, est né à Balagny-sur-Thérain dans l’Oise.