L’origine du mot « picard »
Il est difficile de dater la première apparition du mot « picard ».
On le retrouve pour la première fois dans un texte du XIe siècle
comme nom de famille. Il désigne un certain Willelmus Picardus (ou Guillaume
le Picard), chevalier ayant participé à une croisade et mort au siège de Jérusalem.
Les noms de « pays picards » apparaissent dans le vocabulaire administratif
au XVIe siècle et l’appellation de la Picardie comme territoire
le siècle suivant.
Le dialecte picard
Comme le normand, le wallon ou le champenois et toutes les langues parlées
au nord de la Loire, le dialecte picard appartient à la langue d’Oïl. Au Moyen
Âge, il était parlé sur un domaine bien plus étendu que l’actuelle Picardie.
Jusqu’en 1539, les actes notariés témoignent de l’évolution de cette langue.
Toutefois, à cette date, l’Édit de Villers-Cotterêts impose l’usage du français
dans tous les actes juridiques. Au XVIIe siècle, si on retrouve
la langue picarde dans les écrits de Molière ou de Jean de la Fontaine, le
français s’impose peu à peu comme langue officielle. Les dialectes sont dès
lors relégués au rang de patois. Le picard n’est plus parlé que par les pays
et les couches modestes de la population.
Bien qu’en recul aujourd’hui, le picard reste un élément constitutif de l’identité
de la région. L’expression comme l’accent varient d’un village à l’autre. Dictons
et proverbes, bien souvent à caractère rural, sont des illustrations intéressantes.
Comme, par exemple : « eche vent, il est queut su che sa » :
la conversation est tombée, ou « ggras comme un gouau » : gras
comme un mulot.
Le Ch’lanchron, revue créée en 1980, entièrement écrite en picard,
milite pour sa survie. Enfin, l’accent, lui, ne se perd pas et fait corps
avec l’identité de la région.
Figures picardes
Célébrée par Jean de la Fontaine dans ses Fables, Colette, Victor Hugo
ou Marcel Proust , la Picardie a été une terre d’inspiration pour de nombreux
écrivains :
- Jean Calvin (1509-1564) : le grand réformateur religieux
et écrivain français est né à Noyon.
- Jean de la Fontaine (1621-1695) : né à Château-Thierry.
Sa maison est conservée et abrite aujourd’hui le musée municipal.
- Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), né en Suisse, mais enterré
à Ermenonville, dans l’Oise avant que ses restes ne soient transportés au Panthéon.
Les Rêveries du promeneur solitaire évoquent les derniers mois de sa
vie qu’il passa au château d’Ermenonville.
- Alexandre Dumas (1802-1870) : le père de Monte Cristo est
né et enterré à Villers-Cotterêts (avant que son corps ne soit transporté au
Panthéon en 2002). Ses vagabondages dans la forêt de Villers-Cotterêts
ont nourri son imaginaire.
- Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval (1808-1855) : écrivain
et poète qui tira son pseudonyme d’un lieu-dit de Picardie où il aimait se promener.
- Jules Verne (1828-1905) : écrivain, père fondateur de la
science-fiction. Picard d’adoption par sa femme, il y vécut à partir de 1871
et jusqu’à sa mort. . C’est à Amiens que le romancier écrit l’essentiel de son
œuvre et finit sa vie. On y visite toujours sa maison, dotée d’un étrange observatoire.
Il possédait également une maison dans la Baie de Somme (« je suis
une bête de Somme », déclarait-il à ses amis), où était amarré son bateau.
Maison de Jules Verne : 2, rue Charles-Dubois, Amiens. Tél. :
03-22-09-24-30.
La région inspira également peintres et artistes :
- Camille (1864-1943) et Paul (1868-1955) Claudel :
le Tardenois est leur berceau. Ils ont vécu leur enfance à Villeneuve-sur-Frère.
Camille, sculpteur qui passa les trente dernières années de sa vie dans un asile,
écrira un jour à son frère, écrivain et diplomate : « Quel bonheur
si je pouvais me retrouver à Villeneuve. Ce joli Villeneuve qui n’a rien de
pareil sur terre ».
- Jean-Baptiste Corot (1796-1875) : le peintre de l’Aisne
par excellence. Il adorait le marais et les vergers de la région qui l’ont inspiré.
- André Masson (1896-1987) : ce peintre surréaliste, puis
gestuel, est né à Balagny-sur-Thérain dans l’Oise.