Routard.com, guide voyage en ligne

Culture Philippines

Les Philippines furent découvertes le 16 mars 1521 par Ferdinand Magellan, un explorateur portugais voyageant pour le compte de la couronne espagnole. L’archipel fut nommé en l’honneur de l’infant d’Espagne, le futur Philippe IV, par un malheureux explorateur, Ruy Lobos de Villalobos, en 1543. Le pays resta sous tutelle espagnole jusqu’au 10 décembre 1896, jour où l’Espagne cèda l’archipel aux États-Unis pour 20 millions de dollars. Le pays n’obtiendra son indépendance qu’en 1946 comme promis par les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Il existe une expression bien connue des Philippins qui décrit ces périodes : « quatre cents ans au couvent, cinquante à Hollywood ».

Après avoir été intégrées dans un système de commerce panasiatique vers l’an 1000, les Philippines tombèrent sous l'influence chinoise au XIIe siècle, puis sous la domination de différents royaumes d'Indonésie. C'est alors que l'Islam fit son apparition dans cette région animiste et bouddhiste. Devant supporter l'implantation des ordres religieux et le monde américain par la suite, les Philippins allaient se fabriquer une culture unique en Asie. Il s’agit en effet de la première république implantée dans ce continent. Sa population de près de 80 millions d'habitants se divise en une multitude de cultures très variées, allant de cultures archaïques à des modes de vie à l’américaine, en passant par des modèles proches des voisins asiatiques.

Même si la géographie du pays témoigne bien de son origine asiatique, il renferme malgré tout un nombre impressionnant de groupes ethniques, comme les Negritos. D’origine malaise, l’archipel philippin est le résultat de nombreux métissages de civilisations dus à la présence de peuples étrangers. Jusqu’au tournant du deuxième millénaire, le peuple philippin était en quelque sorte organisé en tribus qui vivaient isolées les unes des autres et qui avaient un mode de vie semi-nomade dans les régions montagneuses de l’intérieur. Un de ces peuples, du nom de Negritos, s’est d'ailleurs perpétué jusqu’à aujourd’hui.
En raison de la longue domination espagnole (un peu plus de trois siècles), la vie des Philippins fut ensuite marquée sur plusieurs plans, particulièrement celui de la religion. En effet, les Espagnols introduisirent la religion catholique romaine qui est toujours pratiquée aujourd’hui par plus de 80 % de la population. Rappelons que l’État philippin est le seul pays catholique d’Asie. Les Philippins sont demeurés très pratiquants et les fêtes religieuses sont célébrées pendant les fiestas qui sont considérées comme un des plus grands héritages laissés par les premiers immigrants. Avec au moins une fête par mois, les Philippins accompagnent généralement les célébrations de danses folkloriques, qui sont des plus particulières grâce à leurs couleurs vivantes et aux mouvements rythmés qui révèlent bien l'influence des cultures espagnole, malaise, arabe et musulmane.

Fêtes

Les fiestas sont un savant mélange de rites chrétiens et de folklore païen qui privilégient les mises en scène grandioses. Tout est prétexte pour en organiser une : remercier le patron du village, fêter une moisson abondante ou revivre un événement historique.

Les plus populaires

- Le Pahiyas de Lukban et de Sariaya (province de Quezon).
- La fête de San Clemente à Angono (Rizal).
- Le festival du carabao : ce buffle d’eau avec des cornes recourbées est considéré comme le meilleur ami du paysan en raison de ses bons services dans les travaux agricoles. À l’occasion du festival, les carabaos sont lavés et ornés de rubans et de fleurs. Après la course de carabaos, les animaux sont présentés devant l’église locale, où ils doivent s’agenouiller pour être bénis.
- La fête de Bulacan en mai.
- La Parada ng Lechon à Batangas : défilé de rôtis de cochons de lait !
- L’Ati Atihan à Kalibo sur l’île de Panay : en janvier, en l’honneur de l’enfant Jésus.
- Le Sinulog à Cebu.
- Le Masskara festival à Bacolod sur l’île de Negros.
- Le festival des Moriones à Marinduque : pendant la Semaine Sainte.
- La période de Noël se termine par la fête des Rois, le premier dimanche de janvier. Des hommes se déguisent et reconstituent le voyage biblique des trois mages.
- Le festival des lanzones (fruit saisonnier) à Camiguin.
- Les défilés spectaculaires de Flores de Mayo (parades fleuries en l’honneur de la Vierge) que l’on organise un peu partout dans le pays.
- La fête de l’Indépendance était autrefois célébrée le 4 juillet, jour de l’affranchissement du pays des Etats-Unis ; l’ex-président Marcos a changé la date au 12 juin, jour où le pays s’est affranchi de l’Espagne.

Musique et danse

Manille possède un orchestre symphonique et les chanteurs pop sont légion dans un pays aux influences latines où la musique est omniprésente. Parmi les genres populaires issus des minorités ethniques, citons les récits chantés Hudhud des Ifugao ou encore la musique des Moros islamiques à Mindanao qui utilise une grande quantité d’instruments en bronze. Ces mêmes populations ont conservé des danses typiques, tels le kandigan et le sua sua, deux danses nuptiales des Sulu.
Le plus grand classique est sans doute le singkil qui représente la danse de cour des Moros. Mais la danse nationale est le tinikling où deux tiges de bambou sont cognées l’une contre l’autre entre les pieds des danseurs sur un rythme rapide. On trouve aussi des variations de danses européennes, en particulier espagnoles. Le genre de la zarzuela, sorte de comédie musicale, est toujours très apprécié.

Littérature

Pendant la domination espagnole, la littérature philippine s’est limitée aux œuvres religieuses. Au début du XVIIe siècle, les travaux commencent à explorer le tagalog et l’épopée la plus populaire rédigée dans la langue locale est Florante et Laura de Francisco Balagtas. Malgré l’influence des Américains, les Philippins ont conservé certains rites et traditions propres à leur culture.

Légendes

Chaque île a ses propres légendes comme celle des îles de Hangin et Bulaklak. Hangin, le dieu du vent se promenait sur la terre et rencontra une belle jeune fille du nom de Bulaklak qui signifie « fleur » en tagalog. Hangin en tomba éperdument amoureux, mais étant déjà fiancé à une déesse, les dieux l’obligèrent à respecter ses engagements. Plutôt que d’être contraints de se séparer, les deux amants se suicidèrent. Leurs corps se transformèrent en îles, étrangement reliées par un pont de sable. La légende raconte que chaque année, au mois de mai, Hangin et Bulaklak provoquent la noyade d’un enfant pour leur permettre de l’adopter dans leur monde.
La légende de Lingyon est elle aussi bien connue des Philippins. Lingyon est une petite montagne formée par une coulée de lave. La légende dit qu’autrefois vivait le géant Kulagog, reconnu pour être le pire des paresseux. Il laissait toutes les corvées à son épouse Tilmag. La seule chose que Kulagog faisait était de tendre le bras pour former un pont jusqu’au mont Mayon, permettant ainsi à Tilmag d’aller chercher du combustible dans le cratère afin de pouvoir faire la cuisine. Un jour, Tilmag trébucha et laissa échapper un tison brûlant sur le bras de son époux Kulagog. Ce dernier sursauta et Tilmag fit une chute mortelle. Quelques jours après son enterrement, une montagne s'éleva à l’endroit de la sépulture.
À lire : Mythes et légendes des Philippines (Éditions de L’Harmattan).

Littérature révolutionnaire

La littérature révolutionnaire naît vers la fin du XIXe siècle avec José Rizal, héros de la lutte pour la liberté, qui écrivit, entre autres, deux romans en espagnol Noli me Tangere et El Filibusterismo. Avant d’être fusillé par les Espagnols, il écrivit dans son ultimo adios : morir es descansar (mourir, c’est se reposer). Le Che avant d’être assassiné avait prononcé : no hay tiempo para descansar. Il connaissait sans doute le poème de Rizal, mais l’inversa face à l’injustice d’une mort précoce.
À lire de José Rizal : Révolution aux Philippines et N'y touchez pas (Éditions Gallimard).

Théâtre

On connaît peu de choses du théâtre philippin, mais les drames qui représentent les luttes entre musulmans et chrétiens sont encore d’actualité.

Musées et monuments

Les Philippines n’ont pas conservé de grands monuments de la période pré-coloniale à l’exception des monumentales rizières en terrasse de Banaue que les tribus Ifugaos ont construites il y a deux ou trois mille ans au flanc des collines. Avec la colonisation espagnole, les maisons de style hispano-mauresque devinrent le symbole du statut social des familles aisées. Voici donc une liste non-exhaustive de monuments à voir dans les villes principales.

À Manille

- Le Fort Santiago : ancienne caserne du régiment espagnol et prison où furent jetés des milliers de résistants philippins dont le héros national, José Rizal. L’une des casernes a été transformée en musée à la mémoire de Rizal. On y trouve également un théâtre à ciel ouvert et une exposition d’anciennes voitures présidentielles.
- La cathédrale de Manille et l’église Saint-Augustin : deux des plus vieilles églises du pays, véritables musées d’art religieux. L’orgue de la cathédrale vient des Pays-Bas. C’est l’un des plus grands d’Asie. Dans l’église, on trouve une petite chapelle où est conservée la dépouille de Miguel Lopez de Legazpi, ainsi que celle d’autres conquistadores.
- La Casa Manila est une belle demeure du XIXe siècle qui abrite des objets et des meubles récréant l’ambiance de la vie coloniale à l’époque du commerce des galions.
- Le Coconut Palace, dans l’enceinte du complexe du centre culturel, situé sur le Roxas Boulevard. Plusieurs vitrines mettent en scène les nombreux usages possibles du cocotier.
- Le cimetière chinois. Une véritable ville ! Le cimetière comporte des rues et des tombes ostentatoires aussi grandes que des maisons de taille moyenne. Certaines ont même la climatisation et une piscine !!!

À Cebu

- Le monument à la mémoire de Magellan, ainsi que la Croix de Magellan qui marque l’endroit où les premiers Philippins furent baptisés par le Père Pedro Valderrama.
- En face, la basilique Minore du Santo Niño de Cebu renferme la statue de l’enfant Jésus de Prague, saint patron de la ville, le plus ancien trésor chrétien des Philippines. Il s’agit du cadeau apporté par Magellan à Juana, reine de Cebu, lors de son baptême. Il est objet de grande vénération au niveau national. Signe de cette dévotion, on lui change son costume brodé de pierreries et sa couronne chaque année. La rue Colon est la plus ancienne du pays.

À Davao

- Le musée ethnographique : bien que modeste, il regroupe une bonne partie de la production artisanale ethnique de l’île de Mindanao.





 



Accès rapide : Contact, Recrutement, Photos de voyage, Maroc, Lisbonne, Italie, Portugal, Paris, Espagne, Tunisie, Madrid, Chine, Thaïlande, Egypte, Canada, Sénégal
Marrakech, Etats-unis, Barcelone, République Dominicaine, Sénégal, Cuba,Vietnam, Mexique, Madagascar, Berlin, Toulouse, Turquie, Venise, New-York, Seychelles, Japon
Paris, Budapest, Bretagne, Corse, Amsterdam, Bruxelles, Vienne, Québec, Ile Maurice, Réunion, Normandie, Australie, Lyon, Nice, Marseille, Croatie