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Pays de la Loire

Itinéraires conseillés

Une réserve biologique monumentale

Incontournable, immanquable, inévitable, nécessaire ! Tout visiteur qui passe dans cette région doit visiter le Marais poitevin. Mais attention, la « cathédrale de verdure » ne s’offre pas facilement. L’endroit sait garder ses secrets. Car, au XXIe siècle, à l’heure du net et du GPS, on peut encore s’égarer dans cette jungle bocagère qui décline son camaïeu de vert à l’infini, au travers de tunnels étroits perdus dans le cheveu des arbres.
On peut ramer des heures dans cet abysse aquatique et impossible de semer des cailloux blancs. La fracture dans le tapis de lentilles vertes aura tôt fait de se refermer pour vous perdre dans un chemin d’eau labyrinthique.

Son origine serait magique, quoique pas franchement poétique. Gargantua se serait soulagé la vessie ici ! La réalité est tout autre : le marais est né de la main de l’homme à partir du XIe siècle. Des moines cisterciens et bénédictins ont drainé, creusé, élevé des digues pour donner naissance à une vraie merveille, une réserve biologique monumentale.

Depuis 1973, sur ces 100 000 hectares, on trouve une flore et une faune incroyables. Malgré tout, magie ou pas, le Marais poitevin se meurt. La plus grande zone humide de France, après la Camargue, s’assèche, vidée, pompée, drainée pour répondre aux nécessités de rentabilité des cultures céréalières. Sur les 100 000 hectares du marais, 30 000 ont été asséchés depuis vingt ans pour laisser la place à de belles étendues de culture intensive. Les intérêts s’opposent, le conflit est ouvert, il faut choisir son camp, la survie de ce Marais millénaire est à ce prix.

Mélusine et Rabelais

Notre itinéraire commencera à Fontenay-le-Comte, porte d’entrée vendéenne du marais. Une ville qui s’offre des trésors d’architecture et d’histoire de l’église Notre-Dame au Château Terre-Neuve construit par le connétable d’Henri IV. Petit tour dans la forêt de Mervent. Une forêt de 5 000 hectares où la fée Mélusine passa un long moment. C’est le paradis des randonneurs et des cyclistes.
On se retrouve ensuite à Maillezais, la véritable capitale du marais. Maillezais fut le siège d’un évêché important, célèbre pour avoir accueilli Rabelais. On y découvre les restes d’une abbaye puissante et riche qui fut transformée en carrière de pierres à la Révolution. On imagine la magnificence du lieu : 105 m de long, des voûtes de 34 m et six clochers de 55 m de haut.

Marais mouillé, Marais desséché

Vous serez loin des hordes touristiques que vous rencontrerez sans doute à Coulon. Pourtant Coulon est magnifique. Peupliers, frênes têtards, lentilles, vaches dans les prés, tout est réuni pour la photo. Profitez-en pour visiter la maison des Marais mouillés (place de la Coutume, tél. : 05-49-35-81-04), qui offre un panorama exhaustif du marais. Vous saurez presque tout sur les activités humaines dans le Marais.
On continue notre périple vers le « Marais desséché », qui fait penser aux polders de Hollande, parfois à la Camargue. C’est la partie la plus en danger du marais, celle qu’on livre sans vergogne au maïs.
Mais attention, sans Marais desséché, il n’y a pas de Marais mouillé. C’est un endroit magnifique, qui ne livre pas ses charmes simplement. La beauté se fait discrète, mais elle est réelle. Arrêtez-vous et appréciez l’Auberge de la Rivière à Velluire (rue de la Fouarne, tél : 02-51-52-37-42). Une adresse pour les routards désirant trouver calme et raffinement. Les chambres permettent au citadin fatigué de se requinquer, et une cuisine de caractère est servie dans une salle à manger traditionnelle.

Comme un oiseau

Nous terminerons notre balade dans la baie de l’Aiguillon. Encore un changement radical de paysage. Résultat : le spectacle n’en est que plus grandiose, lorsqu’on découvre ce sanctuaire que les oiseaux ont adopté comme une étape obligée durant leurs migrations. En janvier, on compte dans ce havre de paix jusqu’à 150 000 volatiles de toutes sortes. Il n’est pas de spectacle plus grandiose que celui de cette marée montante qui provoque l’envol de milliers d’oiseaux qui se posent un peu plus loin.

Il faut aussi faire un tour à la réserve naturelle nationale de Saint-Denis-du-Payré (9 bis, rue du Général-de-Gaulle, tél. : 02-51-27-23-92), où on vous expliquera mieux qu’ailleurs pourquoi l’assèchement du marais met en péril la survie de certaines espèces. Mais la protection d’une gorge bleue, d’un bécasseau ou d’un busard des roseaux a t-elle encore une importance aujourd’hui ?

À L’Aiguillon-sur-Mer, vous pénétrerez enfin dans le berceau de l’élevage de la moule sur bouchot, technique développée ici depuis le XIIIe siècle.

Ainsi, vous aurez pu découvrir une des merveilles que la France nous offre. Espérons que cela dure et que les futures générations n’en soient pas privées.





 



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