Jours fériés
- Jour de l'An.
- Festival de Muscat (Mascate) : janvier-février.
- Aïd-al-Fitr : fête de la rupture du jeûne de ramadan.
- Aïd-al-Kebir : fête de la commémoration du sacrifice d'Abraham.
- Nouvel An musulman.
- Fête du Travail : 1er mai.
- Commémoration de la naissance du Prophète.
- Fête nationale et anniversaire du sultan Qabous : 18 novembre.
Savoir-vivre et coutumes
- Tenue vestimentaire : le vêtement traditionnel (et officiel)
du pays est la dishdasha, longue tunique couvrant hommes et femmes du
cou jusqu’aux pieds. Il est donc conseillé de porter des vêtements convenables
par respect pour vos hôtes. Manches courtes et bermudas sont tolérés par temps
de grosse chaleur ; de même que les maillots de bain sur les plages ou
à la piscine. Les femmes doivent toutefois préférer le maillot complet au deux-pièces.
- Tourist welcome ! L’hospitalité est de rigueur, plus encore
chez les Bédouins. Ne refusez donc pas ni une petite tasse de café ni un morceau
de halwa... En plus, c’est très bon !
- Photos : les femmes se cachent derrière leurs voiles colorés
en présence des étrangers ce qui rend difficile, voire impossible de faire leur
portrait. Leur père ou leur mari n’est jamais trop loin, demandez donc leur
permission avant si vous y tenez vraiment.
- Sujets sensibles : les critiques au sultan. À l'instar
des autres pays du Golfe, Oman présente un système politique efficacement verrouillé
par le sultan lui-même, qui cumule les fonctions de chef de l'État et de Premier
ministre. Bien que le processus de démocratisation et d’ouverture au monde opère
très lentement (interdiction du multipartisme, absence de constitution et désignation
par le sultan des principaux gouverneurs de province), les résultats de l'économie
sont très prometteurs. Les Omanais ne sont donc pas peu fiers de leur monarque !
Tribus
Tribus bédouines
La civilisation originelle de l’Arabie du Sud, déjà clairement attestée par
divers écrits et vestiges dès le VIIIe siècle av. J.-C., est
assez bien connue. Dans cette zone, s’étaient succédé les prestigieux royaumes
de Saba, de Malin, de Qataban, d’Hadramaout et les pistes caravanières de ces
régions reliaient le Moyen Orient au golfe Persique.
Le terme « bédouin » vient de l’arabe badw qui signifie habitant
du désert. Premiers compagnons du Prophète, fer de lance des troupes parties
à la conquête du monde, les Bédouins ont cependant quelque peu tardé à se rallier
à la cause de l’Islam. Mais depuis leur conversion, ils ont fait preuve d’une
fidélité inébranlable aux lois musulmanes.
Ils commencent leur journée par la prière qui a lieu vers 5 h du matin.
C’est dans le désert aux immenses dunes de Roub al-Khali, que l’on trouve les
« vrais Arabes », selon leurs propres termes, c’est-à-dire les Bédouins.
Sans oublier les habitants des ports et des petites villes du littoral qui formaient
un monde de pêcheurs, de marins et de négociants dépendant bien davantage des
ressources de la mer que des maigres possibilités du désert.
Mais les nomades
évitent autant que possible de fréquenter les grandes villes, sauf pour s’approvisionner
en vivres et divers produits manufacturés. De nos jours, la subsistance de ces
tribus nomades dépend en grande partie du travail saisonnier de la culture du
palmier dattier, de la récolte de céréales, de la pêche ou encore de l’élevage.
Le printemps est la période préférée de l’année pour les Bédouins : le
désert, arrosé par la pluie, devient vert et les différents clans se dispersent
dans les pâturages. C’est aussi l’époque des mariages et des alliances diverses.
Pour beaucoup, ils ne se déplacent plus en chameau mais en voiture et, même
s’ils continuent à vivre sous les tentes, ils les agrémentent de tous les éléments
du confort moderne.
La tribu s’organise autour d’un système patriarcal strict. Le cheikh
(ancien) ou sayyid (seigneur) est le chef traditionnel d’un clan ou d’une
tribu. En vertu de la noblesse de son sang et du prestige de sa fonction, il
se doit de perpétuer l’idéal bédouin qui s’appuie sur la tradition médiévale,
faite de chevalerie et de courtoisie. Le gouvernement omanais déploie un nombre
constant d’actions pour préserver le patrimoine de savoirs et de traditions
dont sont porteurs ces nomades.
Intimement liées au nomadisme, la poésie récitée
ou chantée et la musique sont un fidèle reflet de la mentalité bédouine. Les
valeurs du passé sont transmises par la tradition orale des sagas. Parmi les
instruments de musique que l’on trouve chez les nomades, on compte la cornemuse,
la flûte et le hautbois, le luth et le violon, les cymbales et deux formes de
tambour : un conique sur pied et un autre sur cadre.
On recense à Oman plusieurs tribus nomades parmi lesquelles les Bédouins du
désert, les montagnards et ceux installés près des côtes. Bien que le port de
la dishdasha, le vêtement officiel omanais, soit désormais courant, on
reconnaît les hommes des différentes tribus aux couleurs de leurs turbans (masar)
et à la façon de les nouer (le chapeau est réservé pour les habitants des villes),
ainsi qu’aux couleurs chatoyantes des vêtements des femmes, composés d’un pantalon
brodé et de tissus superposés aux motifs indiens et africains.
Bédouins des sables
Les deux tiers du territoire omanais sont occupés par les déserts et les dunes,
où les points d’eau sont rares et la végétation inexistante. Les hommes qui
parviennent à s’adapter à ces conditions difficiles évoluent dans les marges
du désert Roub al-Khali, impropre à toute exploitation autre que l’élevage des
dromadaires. De nos jours, l’irrigation par le système des falajs favorise
les établissements permanents dans des villes-oasis. Mais au-delà de ce court
rayon d’action, la nourriture est rare dans le désert, même pour le chameau.
L’arfaj et le rimth, herbes fréquentes dans les zones sableuses,
sont utilisés comme fourrage. Le dromadaire reste le moyen de locomotion le
plus fiable.
Au désert, la femme, bien que soumise en principe à l’homme, possède en propre
certaines parties de la tente et des bagages, de même que la totalité des ovins.
En revanche, ce sont les hommes qui discutent le prix des moutons et des chèvres
au cours de longues palabres. Mais leurs compagnes surveillent de près les transactions
et il faudra leur accord pour que le marché soit définitivement conclu.
Les
tribus nomades du Sud, comme les Wahiba, construisent des huttes (barasti)
faites de branchages et de feuilles de palmier, tandis que celles du Nord, comme
les Rawashid, préfèrent des tentes plus confortables confectionnées de laine
noire avec le poil des dromadaires et des chèvres, le beït es-shaar.
Le montage de la tente est une activité féminine : elles posent les tapis
à même le sable et disposent les nombreux coussins pour le repos. Les rideaux
intérieurs sont tissés souvent en noir et blanc par les maîtresses de maison.
La partie des femmes est séparée de celle des hommes, le seul endroit de la
maison autorisé aux étrangers.
Pendant la période où ils séjournent dans les
oasis, les Bédouins confectionnent divers objets qu’ils utiliseront lors de
voyages ultérieurs, comme par exemple les poteries.
L’hospitalité sous la tente est l’un des premiers devoirs du nomade et repose
sur la notion de responsabilité collective. La répartition des tâches entre
les sexes est strictement fixée par la coutume, en particulier en ce qui concerne
la boisson, à laquelle est liée une symbolique très importante. Si les femmes
préparent le thé, ce sont les hommes qui font le café aromatisé à la cardamome.
En revanche, seuls ces derniers peuvent présenter les deux boissons aux hôtes.
Les femmes doivent attendre que les hommes aient bu avant de commencer. On offre
d’abord trois tournées de café, ensuite le thé.
Bien que la richesse
soit souvent limitée, chaque famille s’efforce de posséder de superbes ustensiles en
étain ou en cuivre, notamment les dalla ou cafetières traditionnelles.
La propriété individuelle est réduite au minimum, et chacun se doit de défendre
les biens communautaires.
Le repas comporte des galettes faites de farine de blé ou d’orge cuites sous
la cendre, de lait de chamelle froid ou bouilli avec des dattes. La viande de
chèvre est la plus courante et on abat un chameau pour fêter un grand événement.
On achète le poisson séché aux peuplades du littoral. Les hommes sont servis
en premier et finissent leur repas avant que les femmes ne se mettent à manger.
Bédouins des montagnes
Ces zones naturellement reculées et d’un accès difficile abritent des populations
semi-nomades aux mœurs farouches. Bravoure et virilité sont les valeurs de référence.
Aucun homme ne sort sans ses armes, parmi lesquelles le poignard à large lame
recourbée, le khanjar. Parmi les tribus réputées pour la férocité de
ses guerriers figurent les Bani Kharus de l’Hajar occidental et les Qara, les
Mahra et les Baït Kathir qui vivent dans les montagnes du Dhofar à Jabal Qamar
et Samhan, également connus sous les nom de Jabali. Dans les zones montagneuses,
la vie est assez frustre, et les conditions de confort y sont souvent rudimentaires.
Les Arabes qui se déplacent selon des rythmes ancestraux perpétuent la tradition
patriarcale et entretiennent des rapports distants avec les populations sédentaires.
La montagne recèle des canyons profonds et étroits au fond desquels sources
et rivières font naître et entretiennent la vie. La découverte du ruban vert
qui annonce un wadi est toujours une surprise pour le voyageur qui a traversé
des longues étendues desséchées et désolées.
L’économie bédouine de montagne repose sur l’élevage semi-sédentaire des ovins
qui fournissent du lait, de la viande et le cuir. Les femmes ont souvent la
charge du troupeau qu’elles mènent paître dans les rares arbustes. Les palmiers
dattiers constituent la première ressource des oasis de montagne. D’énormes
foires aux dattes ont lieu à Nizwa, perpétuant ainsi l’un des plus anciens rites
agraires de cette partie du monde.
Une autre activité courante lors de périodes
de sédentarisation est le tissage à l’ancienne sur les métiers traditionnels.
Les montagnards restent toujours très concernés par tout ce qui se rattache
à la tradition courtoise de la chevalerie arabe, notamment par le prestige attaché
aux armes, fusils, poignards et revolvers. Pour les femmes, le respect de la
charia ou loi islamique comporte le port du masque facial souvent aux
couleurs chatoyantes qui marquent leur appartenance à un clan ou à une famille.
Bien que la plupart des femmes omanaises n’utilisent pas le voile, les Bédouines
portent toujours le burqa (masque noir, doré ou argenté) à la manière
traditionnelle. Le khôl est utilisé comme maquillage pour les yeux et
les motifs dessinés au henné sur les pieds et les mains contribuent à l’attrait
de la parure. Les bijoux féminins, exécutés en argent ou en or et reproduisant
les motifs traditionnels, sont à la fois une parure esthétique et la preuve
de la richesse et du rang social du mari.
Les scènes constituées par les clientes
en train de choisir des bijoux au milieu de marchandages bruyants est un spectacle
aussi étonnant que coloré. La femme régente le foyer et passe ses journées à
broder, tisser ou décorer son intérieur. On extrait une résine nommée luban
de l’arbuste boswellia pour en fabriquer de l’encens. Elle est récoltée
par les Bédouins Jabali (littéralement « les montagnards ») dans le
nord du Dhofar.
Bédouins pêcheurs
Même si les travaux de la mer ne correspondent guère à l’imagerie associée
aux Bédouins, ils mobilisent toutefois les hommes pendant plusieurs mois que
ce soit pour la pêche ou pour le ramassage des huîtres perlières. Le littoral
de la mer d’Oman est connu dans les textes comme la côte des ichtyophages, ou
mangeurs de poisson. De Quryat à Sour, la montagne laisse peu de place à la
plaine côtière, là où les sardines séchant à l’ombre des palmiers sur les hauts
des plages font encore partie du paysage.
Tout le long de la côte d’Arabie orientale
s’ouvre une fosse maritime à la fois très profonde et très proche de la côte.
C’est une voie de migration saisonnière et des millions de sardines passent
chaque année en bancs devant Ras al Jinz, la plage aux tortues. Au début du
printemps, les Bédouins, nomades de la mer, les suivent. Le poisson frais (thon,
maquereau géant) est vendu sur les marchés locaux ou exporté tandis que le poisson
séché nourrira l’année durant les chèvres et les chameaux du sultanat.
Le gouvernement omanais favorise la sédentarisation des Bédouins pêcheurs en
les aidant financièrement lorsqu’ils décident de faire construire une maison
en dur. Mais les pêcheurs de la région ne peuvent se fixer définitivement, car
ils vivent non seulement au rythme des migrations du poisson, mais ils partent
aussi de juin à octobre dans une grande oasis de l’Oman intérieur, Bilad Bani
Bu Hassan, afin d’y récolter des dattes. Les mois d’été en effet, avec les vents
de mousson, la mer est trop agitée pour que l'on puisse s’y aventurer.