Drapeau normandie
> Guide > France > Normandie > La terre et les hommes

La terre et les hommes Normandie

Géographie

La Normandie s'est bâtie autour de contacts morphologiques entre la terre et la mer, entre le Bassin parisien et le Massif armoricain. Elle repose sur un socle de roches, vestige d'une ancienne chaîne de montagnes hercynienne (ère primaire) que l'érosion a démantelée, un peu comme le Massif central.
L'encaissement des rivières dans les roches anciennes du Massif armoricain crée un relief certain d'où naissent gorges et belvédères qui ne sont pas sans charmer pêcheurs et promeneurs.
La Normandie peut se vanter d'avoir à son actif quelques beaux reliefs. Elle n'en reste pas moins un bocage, qui, des collines du Perche au mont des Avaloirs et au signal de la forêt d'Écouves (417 m), sont les plus hauts massifs de la France de l'Ouest, surgis d'une végétation dense.
La Normandie et ses quelque 500 km de côte offrent également à voir criques et falaises, comme celles du pays de Caux, ou plages de sable fin, à l'image de la Côte Fleurie et du Cotentin. Tout au bout, tout en haut, l'évocation est encore plus forte, les anses rocheuses de la presqu'île de la Hague fleurent bon la lointaine Irlande.

La Haute-Normandie

La Haute-Normandie a définitivement un petit quelque chose d'Île-de-France avec ses basses collines et ses courtes vallées. Les zones bocagères y sont moins nombreuses qu'en Basse-Normandie, mais les plaines sont plus étendues et les plateaux de la façade maritime plus découpés.
Côté climat - ce n'est un secret pour personne ! - on a vu mieux. L'insolation est l'une des plus basses de l'Hexagone (presque deux fois inférieure à celle d'Aix-en-Provence) et les précipitations parmi les plus importantes (plus de 150 jours de pluie sur l'année).

La Basse-Normandie

La Basse-Normandie a, quant à elle, un avant-goût de Bretagne. Le relief s'agence suivant une direction sud-ouest - nord-est alternant entre basses collines et calmes vallées (de la Sée, de la Sienne...) et les couches sédimentaires du pays d'Auge. Dans le nord de la Manche, par-delà le bocage, on croise parfois des zones de marais et de petites étendues de landes, familières des paysages bretons.
En ce qui concerne le climat, les habitants de la partie orientale sont moins arrosés qu'à l'ouest mais subissent tout autant les caprices d'un climat océanique.

Sites normands célèbres

Enfin, il y a ces atouts que la Normandie a du mal à cacher : cette fameuse baie du Mont-Saint-Michel d'où la mer se retire parfois à perte de vue, cette vallée de Seine avec ses méandres, ses coteaux crayeux et ses abbayes, et ces non moins célèbres falaises d'Étretat, l'un des plus beaux sites naturels de France, né des caprices de la nature et de l'apogée de l'érosion.

Environnement

Aujourd'hui, la Normandie est principalement agricole, industrielle, résidentielle et urbaine, et la qualité de l'environnement s'en ressent. Les herbages deviennent labours, les usines et les zones portuaires marquent les paysages, les tissus pavillonnaires s'étendent autour des villes.
Mais il reste heureusement une Normandie dotée de richesses naturelles et d'un patrimoine environnemental, plus secret que les colombages et les vieilles pierres.
La proximité de la région parisienne a depuis longtemps bouleversé l'équilibre rural normand traditionnel. La vallée de la Seine, centre économique qui relie Le Havre à Paris, se présente comme un des pôles les plus importants dans les secteurs de l'énergie, de la pétrochimie et de la chimie. La Normandie industrielle accueille des usines à risques, des raffineries, le nucléaire et les convois chargés de produits chimiques. La logistique et les ports modernes (Le Havre, Rouen, Dieppe, Cherbourg) représentent une activité phare. Du coup, on fait des routes en Normandie !
La qualité de l'air, très mauvaise dans les années 1970-1980, s'est améliorée. Elle reste médiocre autour de Rouen et de Gravenchon, passable au Havre.
La Seine est polluée depuis longtemps à cause des rejets de l'agglomération parisienne et des industries riveraines. Les zones les plus polluées (l'eau du robinet provenant des nappes souterraines n'y étant même plus potable !) sont celles où l'on pratique le plus l'agriculture industrielle : le sud du département de l'Eure et le pays de Caux (Seine-Maritime).
En ce qui concerne la qualité des eaux de baignade, la situation s'est améliorée depuis une quinzaine d'années. L'eau est globalement de bonne qualité dans la Manche. Dans le pays de Caux et le Calvados, où la majorité des eaux de baignade sont conformes mais encore « moyennes », il faut rester vigilant.
La Normandie compte quatre parcs naturels régionaux (les Marais du Cotentin et du Bessin, les Boucles de la Seine normande, les forêts et le bocage de Normandie-Maine, et le bocage du Perche).
Le littoral normand est de mieux en mieux protégé par le Conservatoire du littoral et les départements. Malgré la pression historique des hommes et des activités, la flore et la faune sauvages normandes restent riches et variées.
Enfin, la Normandie ne manque pas non plus d'attraits écologiques : grandes forêts, marais intimes et giboyeux, multiples rivières et petits fleuves côtiers.

Économie

Des champs, des forêts, une mer poissonneuse avec de bons ports, tout cela bien au chaud dans un molleton d'herbages... Exploitée dans ses moindres recoins par 40 000 fermes, cette région réputée cossue n'est guère plus peuplée qu'une autre.
Le trio de choc normand est conduit par la vache normande, la Rolls des bovins : elle donne une viande persillée et un lait très crémeux. La Normandie compte près de 630 000 vaches laitières.
Autre herbivore super racé, le pur-sang a lui aussi enrichi le pays : plus de la moitié des individus élevés en France provient des haras normands.
En matière de production végétale, on ne saurait oublier la culture du lin, pour laquelle la Normandie se place au premier rang avec plus de 50 % de la production nationale (principalement en pays de Caux). Autres cultures qui se portent assez bien, le blé (près de 10 % de la production nationale), le maraîchage et les betteraves.
Côté mer, la Normandie se classe au cinquième rang en France : coquille Saint-Jacques, pêchée à Dieppe (premier port national) et à Port-en-Bessin (dans le Calvados), huîtres d'Isigny et de Saint-Vaast, petits coquillages puisés sur les vastes grèves du Mont-Saint-Michel, bulots de Granville et moules de partout... Bref, les Normands pêchent en abondance poissons plats (la sole normande), saint-pierre, colins, morues, etc.
L'industrie a eu sa bonne fée : la Seine. Bien avant l'autoroute Paris-Normandie, elle reliait Paris au monde. Rouen fut le premier port de mer du royaume. Rétrogradé au cinquième rang, il truste l'exportation des grains briards, même si ce trafic est désormais supplanté par celui des produits pétroliers raffinés. Le Havre, quant à lui, est le 2e port pétrolier de France avec 40 % de nos importations de pétrole brut et le premier port du pays en ce qui concerne le commerce extérieur avec 63 % du transit de nos marchandises en conteneurs.