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![]() La terre et les hommes Nord-Pas-de-CalaisAu départ, trois collines, deux rivières lentes, grosses comme le bras, des marécages avec, pour égayer le tout, du vent, de l'eau et de la brume. Quelques jolis coins de nature ici et là, et un peu de bois quand même dans le Hootland. GéographiePlateaux de l'Artois, polders flamands, bocages vallonnés de l'Avesnois, tout se succède en contrastes. Région charnière entre le Bassin parisien et l'Europe du Nord, elle représente 2,3 % du territoire français. PêcheIl fut un temps dans le Nord et dans le Pas-de-Calais où la pêche, comme la
mine ou la filature, était porteuse de toute une mythologie de la condition
laborieuse. ArchitectureArchitecture urbaineLa première impression qu'on a de l'architecture des Nords, c'est la brique,
elle décline toutes les couleurs d'un demi-spectre qui va du jaune serin aux
limites de l'infrarouge et du rubis. Puis on voit la pierre, burinée, ciselée,
sculptée, travaillée. Et soudain, on sait que la ville du Nord est un joyau. Et puis, c'est une architecture à double
culture. On sent que le beffroi a été construit contre la cathédrale, dans les
deux sens du mot « contre ». Le beffroi carillonne laïque quand la cathédrale
sonne la messe. La maison de Dieu et la maison du peuple. Architecture ruraleEt les maisons sont là, blotties pignon contre pignon (quelques-uns se tiennent
à l'écart mais on sent bien que c'est pour la façade), propres, rideaux immaculés
et brique peinte dans tous les tons de la palette d'un grand fauve qui aurait
connu Rousseau. Et on quitte le village et depuis une demi-hauteur, on aperçoit là-bas, entre le mont et l'horizon, les hofstedes (fermes flamandes), avec leurs cours ouvertes, leurs bâtiments en L aux pannes orangées et le ruban noir de leur soubassement de goudron. Voilà une première impression de la Flandre rurale. Un regard rapide, limité par l'horizon. Un des paysages ruraux du Nord - Pas-de-Calais. Car le Nord rural ne se limite ni à la brique ni à l'espace flamand. On les aime bien ces briques, mais il y a aussi les pierres. La pierre et les autres Nords. Et le pays d'Ardres avec ses maisons de plain-pied en craie blanche et en pannes rouges si bien chapeautées d'épis de faîtage. Et les pierres des châteaux de l'Artois. Et les moulins à eau entre les forêts et les étangs de l'Avesnois et qui dorment près de leur bief dans les pierres bleues de la Fagne. Les moulinsIl y a dans le Nord - Pas-de-Calais deux détails importants dans la nature des choses. Un : les rivières coulent lentement. Deux : le vent a du souffle. Et voilà les deux conditions réunies pour avoir des moulins, une variété de moulins. - Les moulins à eau : du côté de l'Audomarois, sur
l'Aa et l'Authie, et plus loin sur la Sambre, on trouve encore des
dizaines de moulins à eau, parfois près de leur bief. Il y en a, il y
en avait principalement de deux espèces. Les sereins (roue en dessus),
qui laissaient gentiment le courant tourner leur roue à aubes, et les
têtus (roue en dessous), pour qui il fallait installer des systèmes de
bacs ou autres pour que l'eau leur tombe dessus pour qu'ils daignent
moudre. Il y en avait même quelques dissidents, de ce manichéisme
meunier, et qui ont la roue sur le côté. Les corons et les citésIls apparurent d'abord les corons-rues,
longs, uniformes, aux maisons basses en brique brute à peine égayés d'un badigeon.
Avec, sur l'arrière, un jardinet séparé du logis par un chemin de Lilliput appelé voyette. Puis on assiste à une bonne amélioration au temps des grandes compagnies houillères, et la cité pavillonnaire apparaît. Avec quand même plus d'espace pour circuler, et un bout de jardin plus conséquent pour cultiver. Arrivent le XXe siècle et enfin les cités-jardins : rues larges, sinon avenues, bordées d'essences variées, kiosques à musique et verdure. Aérées, les façades prennent des couleurs ; moins pressées par l'urgence, les rues courbent leurs tracés. On cultive des grands jardins et on achète sur place et à moindre prix à la coopé. Et on respire d'autant mieux qu'on a construit tout ça un peu loin du terril. Aujourd'hui, la plupart des corons et des cités ont été réhabilités. Les fils des mineurs y vivent. |
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