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La terre et les hommes Nord-Pas-de-Calais

Géographie

Plateaux de l'Artois, polders flamands, bocages vallonnés de l'Avesnois, tout se succède en contrastes. Région charnière entre le Bassin parisien et l'Europe du Nord, elle représente 2,3 % du territoire français.

Au nord-est, le Bas-Pays s'étend des polders à l'Escaut, région de plaines et de collines dominée par les monts des Flandres.
Au nord-est, au pied de l'escarpement de l'Artois, le Bas-Pays s'étend des polders à l'Escaut, région de plaines et de collines dominée par les monts des Flandres, qui culminent quand même à 176 m à Cassel ! Ce Bas-Pays couvre l'essentiel du département du Nord. De Dunkerque à Lille, on traverse la plaine maritime avec la dépression marécageuse de Saint-Omer, les collines du Houtland, la plaine de la Lys et le pays de Weppes.
Au sud, le Haut-Pays qui part de la crête de l'Artois jusqu'aux Ardennes, en passant par l'Avesnois et la Thiérache. Plateaux boisés et vallons se succèdent jusqu'à la vallée de la Sambre. L'unité la mieux individualisée est le bas Boulonnais, fait de plateaux et de collines et isolé du reste de la région par un grand escarpement. Haut Boulonnais et haut Artois regorgent de larges vallées, l'Aa, la Course, la Créquoise. Au sud, de larges vallées humides et verdoyantes forment le pays de Montreuil. Dans la partie centrale, on trouvera les bas plateaux du Cambrésis.
Enfin, le littoral. C'est ici, entre cap Gris-Nez et cap Blanc-Nez, que se rejoignent mer du Nord et Manche. Au nord-est de ce site des deux caps s'étend la plaine maritime, la plus plate et la plus basse d'Europe, qui va jusqu'aux Pays-Bas. Au sud-ouest, les grandes falaises de craie dominent les bas champs.

Les corons et les cités

Ils apparurent d'abord les baraques de bois, puis les corons-rues, longs, uniformes, aux maisons basses en brique brute à peine égayés d'un badigeon. Avec, sur l'arrière, un jardinet séparé du logis par un chemin de Lilliput appelé voyette.
Dans les années 1930, toujours les mêmes maisons de brique, mais adossées les unes aux autres, deux par deux, et le jardinet en façade.
Puis, bonne amélioration au temps des grandes compagnies houillères. Voilà la cité pavillonnaire, inspirée des cités creusotines des maîtres de forges. Grosso modo, 400 maisons dans un grand rectangle. Avec quand même plus d'espace pour circuler et un bout de jardin plus conséquent pour cultiver.
Arrivent enfin les cités-jardins, le nec plus ultra de l'architecture et de l'habitat social minier. Rues larges, sinon avenues, bordées d'essences variées. Aérées, les façades prennent des couleurs ; les rues courbent leurs tracés. On cultive des grands jardins et on achète sur place et à moindre prix à la coopé.
Aujourd'hui, la plupart des corons et des cités ont été réhabilités ; y vivent les petits-fils des mineurs.

On ne peut quitter les cités sans dire un mot sur le paysage minier alentour. On garde et on entretient les dernières galeries, les dernières passerelles, les derniers chevalements posés sur le carreau du souvenir minier. On expose le dernier wagonnet de gaillettes remonté de la fosse là-bas à Oignies. Les terrils noirs sont en train d'être repeints en vert par la nature. Monts, monuments, immenses poèmes en hommage aux martyrs de la « Silicose Vallée ».
Et on passe de la mine à la filature. Là, au début était le fort ouvrier, peut-être le premier ouvrage spécifique à la classe ouvrière des Nords. Il était bâti en dehors des bourgs et des villes.
Puis ce furent les courées, encore plus liées au mythe ouvrier de la filature et de la manufacture que le fort, liées à la misère aussi. C'étaient, ce sont encore parfois, des maisonnettes humbles, pauvrement alignées, accolées les unes aux autres, la fenêtre grande ouverte sur le paysage.

Aujourd'hui, on réhabilite. On chasse peu à peu les misères trop visibles et parfois leurs habitants, remplacés par des bobos.