Cuisine
La cuisine du Nord-Pas-de-Calais exprime deux grandes influences : flamande au nord-ouest, picarde à l'est et au sud - elle-même sous influence normande. La bière au nord et la crème au sud.
Les spécialités
- La carbonade flamande : des morceaux
de bœuf braisés avec des oignons, puis mijotés lentement dans de la bière de garde
à laquelle on ajoute une tranche de pain
beurrée de moutarde, de la cassonade, du pain d’épice... un sucré-salé.
cheddar que l'on fait gratiner,
et de la bière blanche. Quelquefois, on ajoute un œuf par-dessus. À
servir évidemment avec des frites !
- Le chicon : c'est l'endive dans le Nord. En hiver, on le mange en gratin, au jambon (avec béchamel et gruyère râpé), on le farcit, on le déguste en soupe ou en velouté. On peut le servir en salade.
- Le coq à la bière : beaucoup de plats sont cuisinés à la bière. Le coq à la bière est un des grands classiques. Il est servi avec une sauce liée à la crème fraîche.
- Le craquelin : pain sucré, plein de pépites de sucre. C'est un pain du dimanche, un pain de fête à déguster avec du beurre et du chocolat chaud.
- La flamiche : à l'origine, c'est une galette que l'on mangeait toute chaude, arrosée de beurre fondu, tout juste sortie du four. Maintenant, c'est une flamiche aux poireaux, aux oignons, au potiron, au maroilles...
- La gaufre : il en existe des quantités : la gaufre fourrée (au beurre et à la cassonade), la gaufre « de ducasse » ou gaufre « à gros trous ». On met ce que l'on veut : cassonade, beurre, confiture, gelée de groseille...
- Le hochepot : c'est le pot-au-feu traditionnel. Chacun a sa recette avec ses viandes et ses légumes.
- Le lapin aux pruneaux : incontournable dans le Nord. Revenu dans l'oignon et cuit au vin rouge avec thym, laurier ou sauge, sur lit de pruneaux. Toujours cette alliance sucré-salé. Également, le lapin à la bière.
- Les moules-frites : elles se conjuguent à toutes les sauces : marinière, au vin blanc, à la crème, au curry, à la moutarde, au beurre d'escargot, au basilic, au safran, au cidre, à l'oseille... et bien sûr, à la bière ! On ne peut y échapper.
- Le petit salé lillois, qui se mange froid.
- Les poissons : turbot, cabillaud, sole, bar et coquilles Saint-Jacques s'enivrent de bière ou de cidre.
- Le potjevleesch : trois ou quatre viandes blanches cuites et servies froides en gelée. Chacun a sa recette : avec citron, baies de genièvre, carottes, thym, laurier, vin blanc, persil... À accompagner de frites.
- Le waterzoï : poulet ou poisson. Mijoté lentement avec des petits légumes bien frais, sans matière grasse : poireaux, céleri, carottes, pomme de terre.
- Le welsh rarebit : une tartine, une tranche de jambon, du cheddar que l'on fait gratiner, de la bière... Quelquefois, on ajoute un œuf par-dessus. Un plat qui vient d'outre-Manche. À servir avec des frites !
Les fromages
La région en compte au moins 35, dont :
- La boulette d’Avesnes : pâte de maroilles
émiettée à l’estragon.
- Le Ch’ti roux : fromage à la bière de Ch'ti, bière brune
du Nord. La couleur orange provient du roucou, épice brésilienne issue d’une
écorce d’arbre.
- Le maroilles (AOC) : à pâte molle
et croûte lavée, dont la technique de fabrication s’apparente à celles du munster
et du pont-l’évêque. Fromage qui a du caractère et une pâte à la couleur crème,
onctueuse et pleine de saveurs.
- Le mont-des-cats : fabriqué par des moines trappistes à l'abbaye du même nom, c'est un fromage à pâte pressée non cuite, doux et moelleux.
Les confiseries
Les babeluttes de Lille, les chuques du Nord, la pastille du mineur (sept plantes naturelles), les bêtises de Cambrai, la chique de Bavay et les sottises de Valenciennes.
Bières et boissons fortes
La bière
La bière est aux gens du Nord ce que le vin est au clergé. Sacrée. Elle est d'ailleurs la seule boisson avec le vin de messe à se boire dans un calice.
Aujourd'hui, une trentaine d'artisans-brasseurs ayant chacun leur méthode, leur mélange et leurs secrets sortent des bières singulières.
D'aucuns diront que la bière a subi dans le Nord l'influence anglaise en plus de l'influence belge. La synthèse de l'ale et de la gueuze.
Dans les Nord, les hommes de l'art ont toujours défendu ceci qu'il fallait cinq éléments pour que la bière se différencie de la cervoise. De la bonne orge (l'utilisation d'autres céréales frôle, selon les puristes, l'hérésie), des cônes de houblon choisis et dosés, de l'eau pure, et une levure sélectionnée.
Des catholiques comme l'Angélus ou la Saint-Landelin, des laïques comme la Sans-Culotte ou la bière du Démon (12°). Là, c'est la brume assurée même les jours de grand vent. Ou des plus ludiques comme la Choulette (du nom d'un jeu de crosse) ou la Triboulette (du nom d'un jeu de quilles).
Le genièvre
C'est la goutte d'ici. À boire avec modération. C'est un alcool poli, de bon goût, avec cependant ses traîtrises. Alcool de céréales (orge, blé, seigle, avoine) fermentées puis distillées dans un alambic garni de baies de genièvre.
Les plus connus se nomment Loos et Wambrechies et se déclinent en une dizaine de cuvées.
Le genièvre de Houlle, plus doux grâce à l'avoine, a surtout ses amateurs dans les grandes tables ; il rappelle le Schidam.
Chuchemourette
C'est une boisson à base de cassis et de genièvre. À offrir à votre partenaire, homme ou femme, à la sortie du bal. Érotisme assuré jusqu'au matin.