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Nice

Un peu d'histoire

Origines

Les hommes s'installent à Nice il y a 400 000 ans, au lieu-dit Terra Amata où les archéologues ont prouvé qu’ils maîtrisaient le feu et savaient tailler la pierre. Les Ligures s'installent quant à eux sur la côte de 900 à 600 avant J.-C. Ils construisent les premiers villages perchés pour se défendre.
À partir du VIIIe siècle av. J.-C., les Celtes, venus du Nord, s'intègrent progressivement aux populations locales, donnant naissance à la civilisation celto-ligure. Vers le IVe siècle avant J.-C., les Grecs de Marseille établissent sur cette belle côte un comptoir qu'ils nomment Nikaia (Nice), qui signifie « la victorieuse ».
Les Romains fondent Cemenelum (Cimiez), sur une hauteur voisine, laquelle devient la capitale des Alpes-Maritimes vers 69 apr. J.-C. C'est une importante agglomération avec son amphithéâtre, ses thermes et même son réseau de chauffage central à air chaud. On peut en admirer les beaux vestiges en haut de la colline. La ville est reliée au reste de l’Empire par les grandes routes commerciales Via Julia Augusta et Via Domitia.
En l'an 300, peu de capitales romaines étaient aussi civilisées. La chute de l'Empire en 476 marque néanmoins le début d’une période sombre pour Nice qui subit, comme le reste de la région, une suite d'invasions barbares qui dure jusqu'en 900 : Vandales, Wisigoths, Burgondes, Ostrogoths, Arabes et Francs.

Le Moyen Âge

En 1215, Nice se place sous l'autorité de Gênes. Cette expansion apparaît comme une menace pour le comte Raymond Bérenger V qui contraint la ville à se soumettre à son autorité.
1388 est une date capitale dans l'histoire de Nice. La ville et l'arrière-pays refusent de reconnaître le comte de Provence, Louis d'Anjou, et se donnent à la Savoie. Amédée VII, comte de Savoie, qui a profité des troubles qui divisent le pays, fait une entrée triomphale dans la ville. De provençale, Nice devient donc savoyarde et tisse des liens plus étroits avec l'Italie. Une province, le comté de Nice, est créée.
Excepté quelques interruptions, Nice appartiendra à la maison de Savoie (qui régnera sur la Sardaigne) jusqu'en 1860.
Pendant trois siècles, Nice est la principale place forte de la région. En raison de sa prospérité et son emplacement stratégique, la ville, alors aux mains de Charles Quint, essuie diverses tentatives d’invasion, notamment celle des Ottomans, alliés de François Ier, en 1542. Les envahisseurs sont repoussés un an plus tard après un long siège, grâce à l’intervention, selon la légende, d’une lavandière, Catherine Ségurane, sorte de Jeanne d’Arc niçoise qui incarna la révolte de la population.

Le XVIIe siècle, l'âge d'or

Si Nice est occupée à de nombreuses reprises vers la fin du XVIIe siècle, cela n’entame pas son développement florissant. En 1748 débutent les travaux de creusement du port de Lympia qui sera à la base du développement commercial de Nice. Deux ans plus tard, on ouvre la place Garibaldi et on construit la première terrasse en bordure de mer. Bonaparte y séjourne deux fois. En 1794, il envisage même de se marier à la fille de son hôte qui habite au no 6 de la rue qui porte aujourd’hui son nom.
Le traité de Paris, en 1815, après la chute de l'Empire, rend Nice au royaume de Sardaigne (maison de Savoie). Les années post-Bonaparte sont difficiles pour la ville azuréenne. Sous la restauration sarde, la concurrence du port de Gênes, rattaché au royaume de Piémont-Sardaigne, est particulièrement rude et contribue au déclin commercial et maritime de la ville.

Les Anglais et la Riviera

Les débuts du tourisme anglais dans la région de Nice remonte au séjour de Tobias Smollett en 1763. L’écrivain britannique fut séduit par Nice, et toute l'Angleterre fut émerveillée d'apprendre en lisant son récit de voyage que les amandiers y étaient en fleur au mois de janvier. Il en fallut peu pour les convaincre que la Côte d'Azur était un endroit formidable pour hiverner.
Ces riches familles anglaises qui débarquèrent en très grand nombre, créant une sorte de société parallèle sur toute la Côte, furent plutôt bien accueillies par la population locale, car elles apportaient à la région richesse et renommée. Dès 1820, la ville de Nice comptait plus de 100 familles britanniques, et même une église anglicane.
Un révérend britannique fit construire « lou camin deï Angles », première ébauche de la promenade des Anglais. La reine Victoria tomba elle aussi sous le charme de la Côte d'Azur et y passa les sept hivers précédant sa mort. Cet énorme engouement des Anglais fit dire en 1851 à Alexandre Dumas que Nice était une ville anglaise où l'on pouvait même rencontrer des Niçois !
Loin de prendre ombrage de cette véritable colonisation, ces derniers, outre la fameuse « promenade des Anglais », baptisèrent beaucoup de rues en hommage à leurs étranges « invités », comme la « rue Smollett ».

La Belle Époque

Plus que les riches Anglais qui viennent soigner leur tuberculose, ce sont surtout les aristocrates Russes qui marquèrent Nice de leur présence : des tsars, des artistes, des princes, avant même l'arrivée des célèbres blancs. Suite à la guerre d'Italie, le traité du 24 mars 1860 et le plébiscite d’avril consacrent le rattachement du comté de Nice à la France.
Grâce au développement du tourisme, la ville va connaître un essor spectaculaire. En 1890, environ 22 000 personnes sont venues passer l'hiver à Nice. Vingt ans plus tard, on en dénombre 150 000. Ces hôtes, qui restent quelques mois, attirent les placements de capitaux dans l'hôtellerie et l'immobilier. Ainsi la Foncière Lyonnaise, filiale du Crédit Lyonnais, est à l'origine du développement du quartier de Cimiez.
La reine Victoria, la famille impériale russe, la reine du Portugal et d'autres têtes couronnées ne dédaignent pas l'endroit. Le renom de Nice est exceptionnel et éclipse celui des villes de Cannes, Monaco, Menton qui se développeront surtout dans le courant du XXe siècle.

Le tournant du XXe siècle

La croissance urbaine effrénée demande une importante main-d'œuvre ouvrière, et ce sont alors les Italiens qui arrivent en nombre pour peupler des quartiers populaires entiers tels que Riquier et la Madeleine. Dans les années 1920, les nobles et les aristocrates investissent davantage les stations balnéaires de la côte.
Parallèlement, Nice perd son charme et ses coutumes provinciales, et devient moins fortunée. La promenade des Anglais prend son visage actuel dans les années 1930 : un front ininterrompu d'immeubles face à la mer. Nice n’est plus la bourgade paisible de villégiature, mais prend au contraire l’apparence d’une véritable métropole. Avec l'instauration des congés payés en 1936, le tourisme se démocratise.
Mais les congés payés et les années 1950 sonnèrent le glas des rentes coloniales, et la colonie anglaise finit par se dissoudre, noyée dans la foule des nouveaux arrivants. En 1975, le consulat britannique de Nice ferma ses portes, mettant un point final à la page d'histoire anglo-provençale.





 



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