Soyons francs : si on peut manger correctement au Nicaragua, on y fera rarement un repas gastronomique. Tout d’abord, tout, ou presque, est frit. Et puis, au quotidien, la plupart des Nicaraguayens essayent avant tout de se caler le mieux possible au meilleur prix. Ça se passe souvent au comedor autour de la comida corriente, le plat du jour.
À la maison aussi, le gallo pinto (le « coq peint ») occupe une place de choix. Pas de poulet au menu, mais une simple assiette de riz (frit) et de haricots rouges (frits), à accompagner de tortillas et, éventuellement, de viande lorsque la bourse le permet. Autres ingrédients de base : le fromage, les bananes plantains et la pomme de terre. Arrosez d’huile, faites frire, rissolez, mélangez et vous obtiendrez un arc-en-ciel de spécialités assez semblables déclinant tous ces ingrédients.
Honneur aux incontournables nacatamales, les tamales en version XXL, nourriture de prédilection du petit déj dominical (mais pas seulement) : une pâte de maïs fourrée de porc ou de poulet, de tomates, de riz, pommes de terres, ail et oignons, le tout enrobé dans une feuille de bananier pliée comme un petit paquet et cuit à la vapeur. Le fromage peut remplacer la viande. Préparé à l’étouffé selon une technique similaire, le vaho est un plat de viande, de bananes plantains et de yucca. Très commun, l’indio viejo mêle maïs, viandes, tomates et oignons. Bananes et gallo pinto se retrouvent aussi autour des fritangas, les grillades de rue.
Vous êtes pressé ? Essayez les quesillos, des tortillas au fromage et oignons. La chose s’accompagne traditionnellement d’un tiste, une boisson de maïs grillé et de cacao - mais Coca-Cola n’en fabrique pas encore, alors on ne vous garantit rien côté amibes... Autres snacks de choix : les chicharrones (couenne de porc frite... faut aimer !), les épis de maïs grillés vendus dans la rue et les tostones, des bananes plantains frites recouvertes de fromage fondu. Ne les confondez pas avec les tajadas (les bananes sont frites façon chips) et le maduro (là, les bananes sont moelleuses).
Si vous vous sentez un peu lourd(e) après tout ça, mettez le cap sur le bord de mer ! Vous y trouverez d’excellents poissons grillés et du ceviche comme au Mexique (poisson mariné dans le jus de citron, avec coriandre, oignons et tomate). La langouste n’est pas rare, surtout aux Corn Islands.
À noter que dans la région caraïbe, le lait de coco entre dans la composition de nombre de plats, à l’instar du célèbre rundown d’origine jamaïcaine (ragoût de viande ou poisson, bananes, arbre à pain et manioc). Si vous en avez vraiment marre, vous trouverez toujours un pseudo-chinois quelque part... À Managua, on trouve de bons restos de toutes origines.
Enfin, sachez que les plats nicaraguayens ne sont pas épicés à la base. En revanche, on trouve sur chaque table assez de salsa picante et de piments pour enflammer les papilles de tout un village...
Première entrée en matière à Managua : à chaque carrefour, des hordes de vendeurs ambulants proposent gaseosas (sodas) et glaces plus ou moins frelatées, oranges et bibelots les plus farfelus. Le ton est donné : la chasse aux calories n’est pas de mise.
À l’hôtel, dans les cafés, laissez-vous tenter par les jus allongés d’eau (attention, là où elle est purifiée seulement). Au bar, faites comme les Nicaraguayens, prenez une bière : elles sont souvent un peu tièdes, mais blondes et légères. La Victoria s’impose, mais la Toña est peut-être plus adaptée aux chaleurs du climat (1,5 % d’alcool seulement).
Mais pour faire de vous un vrai pinolero (surnom des Nicaraguayens), il vous faudra passer par la case pinolillo, une boisson un peu rustique, plus ou moins sucrée, à base de maïs grillé et de cacao, d’eau ou de lait. On l’aime tant ici qu’elle a donné lieu à un véritable slogan : « Soy puro Pinolero, Nicaragüense por gracia de Dios ! ».
Pas de vignobles au Nicaragua, mais on trouve un choix raisonnable de vins américains et européens dans les meilleurs restaurants de Managua et des zones balnéaires. Les Nicas, eux, préfèrent le rhum et surtout le Flor de Caña, un nectar digne des plus grands éloges dans sa version Centenario, produite depuis 1937. Certains le mélangent au Coca !
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