Santé
Un certain nombre de précautions s'imposent, en plus des vaccins et du traitement antipaludique conseillés dans notre rubrique « Avant le départ », d'autant que la situation sanitaire du Népal ne s'améliore pas tellement d'une année sur l'autre.
- Les moustiques sévissent pendant la période de mousson, surtout dans la basse vallée (moins de 1 800 m d'altitude) et dans le Téraï. Pour les éloigner, utilisez des répulsifs antimoustiques en vérifiant que ceux-ci sont véritablement efficaces sur les moustiques exotiques. Produits de la gamme Repel Insect par exemple. Dans tous les cas, s'enduire les parties découvertes du corps toutes les 4h environ.
Les systèmes de plaquettes que l'on branche directement sur une prise de courant ne sont utiles que dans la vallée. Les mosquito coils que l'on fait brûler la nuit sont aussi très efficaces, mais ils ne doivent pas être utilisés dans de petites pièces closes.
- L'eau du robinet et des rivières n'est jamais potable, surtout à Kathmandu (c'est là qu'elle est la plus dangereuse). Il faut toujours la filtrer (type Katadyn®), la désinfecter chimiquement (Micropur®DCCNa) ou la faire bouillir (plusieurs minutes en altitude). Se rincer les dents à l'eau minérale paraît un peu excessif, même les résidents de la vallée s'y refusent. Méfiance avec les légumes et les fruits qui ne s'épluchent pas, sauf s'ils sont cuits ou lavés abondamment avec de l'eau propre ou bouillie. Dans certains restaurants pour touristes, les salades sont lavées avec de l'Iodine (équivalent du Micropur), du moins elles sont censées l'être si on en croit les cartes... Attention, les dysenteries sont fréquentes au Népal.
- Se méfier des laitages, sauf du lait dûment bouilli. Attention aux lassi, la boisson lactée, surtout en période de mousson, le lait fermenté supportant mal la chaleur et l'humidité.
- Se protéger du soleil. Attention aux yeux. Prévoir une crème solaire d'indice maximal.
- Boire beaucoup en cas d'efforts, de chaleur, de diarrhée.
- Ne jamais marcher pieds nus.
- Ne pas se baigner en lac et rivière au-dessous de 2 000 m.
- Se laver souvent les mains, sources d'infections intestinales.
- Les sangsues sévissent pendant la mousson dans le Téraï et dans toutes les zones boisées (dans les petits chemins que l'on emprunte lors de treks dans la vallée). Pour extraire ces vampires, il n'y a pas 36 solutions : il faut les recouvrir complètement de gros sel. Elles se décrocheront d'elles-mêmes. ATTENTION, surtout ne pas les arracher : cela peut créer des infections très graves ! Désinfecter la plaie ensuite car les sangsues provoquent des surinfections traînantes.
- Kathmandu se caractérise par la pollution des véhicules à moteur (voir l'introduction du texte sur Kathmandu). Pour les fragiles des bronches qui voudraient se déplacer en 2-roues, nous conseillons l'achat de masques « spécial moto ou vélo » avant le départ. Ceux disponibles au Népal ne sont vraiment pas efficaces.
- Les diarrhées sont très fréquentes au Népal, en raison du manque d'hygiène dans la plupart des établissements. Elles arrivent plus souvent au début du séjour et sont normalement sans gravité. Toutefois, un traitement adapté doit être entrepris dès les premiers symptômes. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant le départ. Surveillez l'aspect de vos selles, la présence de sang ou de pus ainsi que la coexistence d'une fièvre imposent une consultation rapide. Contactez le médecin de l'ambassade qui vous conseillera.
- Attention aussi à la rage. La vaccination antirabique préventive est recommandée à tout voyageur qui se trouvera éloigné plus de 48 h d'un centre médical apte à lui administrer un traitement post-exposition de qualité. En cas de morsure de tout animal, y compris de la part d'une vache (c'est arrivé à un lecteur), contacter immédiatement un médecin. Les symptômes n'apparaissent pas avant 10 à 15 jours, mais l'issue est alors toujours fatale.
Après une morsure animale, rincez abondamment et désinfectez soigneusement et rapidement, puis foncez à Kathmandu. Vérifiez aussi votre vaccination antitétanique, et consultez le plus vite possible si elle n'est pas à jour. Désinfectez plusieurs fois par jour la moindre plaie car la cicatrisation est longue en raison de l'impureté de l'eau des douches.
- Le sida a, lui aussi, fait son apparition via les nombreuses prostituées népalaises enrôlées de force en Inde, principalement à Bombay. Prudence donc, il faut absolument sortir « couvert » ! Évitez toute transfusion et toute piqûre avec une seringue douteuse.
- On signale à l'automne 2009 une épidémie de choléra dans l'ouest du pays.
- Votre trousse médicale devra comporter au minimum : un antipaludique (Savarine ou Malarone) pour tout séjour au-dessous de 1 800 m d'altitude, un antalgique, un antiseptique intestinal, un antidiarrhéique, un antibiotique à large spectre, un antispasmodique, de la crème solaire, des pansements antiseptiques cutanés, une bande de contention, du sparadrap, des seringues neuves et du matériel stérile, sirop ou pastilles contre les irritations de gorge et la toux (on tousse beaucoup au Népal).
N'oubliez pas d'y joindre aussi de quoi traiter rhinites et bronchites, très fréquentes, à cause de la poussière, de la pollution des véhicules et des tas d'ordures qui dégagent des milliards de bactéries. De la vitamine C pourra vous être très utile.
S'il vous reste des médicaments à la fin de votre séjour (nous l'espérons pour vous), ne les donnez pas aux habitants. Ce geste généreux peut engendrer des catastrophes. Déposez-les plutôt à l'ambassade de France ; ils seront distribués aux différentes associations et aux dispensaires.
En cas de pépin
Voir les contacts médicaux dans la rubrique « Adresses utiles » de Kathmandu. Seuls quelques hôpitaux sont recommandables (voir le médecin de l'ambassade). Ils assurent les urgences 24 h/24.
Les cliniques privées sont compétentes pour la pratique d'examens (biologie, radiologie) et les consultations spécialisées.
Quelle que soit la structure, hôpital ou clinique, les médicaments sont payables d'avance et doivent être achetés par le malade lui-même ou une personne l'accompagnant. Cela est également valable pour la nourriture.
Il est difficile, sinon impossible, de contacter une personne hospitalisée, le réseau téléphonique se résumant souvent à un seul poste pour tout l'établissement.
Dangers et enquiquinements
L'état d'urgence, en vigueur depuis 2001, a été abandonné en 2006. Les maoïstes ont décrété un cessez-le-feu reconduit en juillet 2006.
L'impôt révolutionnaire mis en place sur de nombreux treks n'est, en principe, plus levé, mais il est toujours conseillé aux trekkeurs de ne pas partir seuls et de passer par une agence reconnue. De son côté, l'ambassade de France invite les Français de passage « à venir remplir une fiche d'enregistrement ».
Pour tous renseignements complémentaires sur la situation, consultez avant votre départ le site du ministère des Affaires étrangères.
- Le vol : devant l'accroissement du tourisme, la tentation de vol est parfois grande. Il est important de ne pas la provoquer en posant son sac à terre sans le surveiller. Les larcins deviennent courants sur les toits des bus. L'idéal est d'avoir un sac cadenassé. Dans les hôtels, toujours fermer portes et fenêtres et laisser à la réception passeports, devises et billets d'avion. Attention aussi sur certains treks comme celui de Jomsom. Des trekkeurs ont été dévalisés dans la région de Dampus, d'autres sur le tour des Annapurnas. En règle générale, soyez discret avec votre argent, surtout lorsque vous effectuez un achat ou sortez de la banque, le portefeuille bien garni. Si la vigilance s'impose, il ne faut cependant pas tomber dans la paranoïa.
Depuis quelques années, des agressions de touristes sont à déplorer dans le quartier de Thamel (Kathmandu). En cas de problème, vous pouvez toujours vous adresser à la Tourist Police (tél. : 424-70-41 ou, en cas d'urgence, tél. : 100).
Méfiez-vous aussi de certains bijoutiers qui vous demandent de transporter des bijoux en France ou qui vous proposent carrément une association. Arnaque assurée à 100 % et problèmes à la douane garantis sur facture.
- La blanchisserie : on lave encore à la main au Népal, et quand nous disons laver, c'est plutôt racler ! Évitez de donner du linge fragile, si vous ne voulez pas qu'ils vous reviennent déformés ou passés de la taille S à XXL... Dans les bons hôtels, le pressing est toutefois irréprochable.
- Les contrefaçons : comme dans la plupart des pays asiatiques, vous trouverez des copies de toutes les grandes marques mondiales. Articles de sport mais aussi montres, matériel électronique, etc. Le prix peut être attractif, la qualité beaucoup moins, mais ATTENTION ! rapporter de tels produits en Europe peut vous coûter très cher (confiscation pure et simple des produits et forte amende) ! Alors réfléchissez-y à deux fois !
- Les geckos : sorte de lézards que vous trouverez fatalement un jour ou l'autre dans votre chambre. Ne les tuez surtout pas, ce sont de précieux alliés contre les moustiques. De plus, ils ne viendront jamais vous déranger car ils sont très craintifs.
- Les araignées : certaines sont très étranges, avec une forme de disque ou de soleil. Leurs piqûres, sans être dangereuses, peuvent occasionner de fortes démangeaisons. Leur chasse est difficile parce que, très plates, elles se faufilent dans des endroits inimaginables. De plus, elles sautent et résistent aux insecticides.
Drogue
La drogue est interdite depuis 1973. Des revendeurs continuent cependant à en proposer aux touristes, surtout dans les quartiers de Thamel à Kathmandu et de Lake Side à Pokhara. Il s'agit de haschisch ou d'herbe de mauvaise qualité, et les vendeurs sont, pour la plupart, des indicateurs. On vous proposera parfois à Pokhara des champignons hallucinogènes à déguster dans des omelettes. Attention, là encore, aux conséquences...
La drogue fait des ravages auprès des Népalais. On voit de petits enfants sniffer en pleine rue.
Des contrôles sont dorénavant effectués dans les bus et sur les sentiers de trek. Les sacs peuvent être fouillés par la police aux différents checkpoints. Soyez donc vigilant. Les prisons népalaises n'ont vraiment pas bonne réputation...
Guides
Attention aux guides qui se proposent spontanément à Kathmandu ou à Pokhara. Licenciés ou non par l'État (carte officielle), ils offrent des prix fort alléchants comparés aux agences.
Après avoir discuté un instant avec vous, ils n'hésitent pas à vous attendre à l'aéroport de Pokhara comme si un contrat avait été signé. Là, ils ne vous lâchent plus et vous menacent de faire des complications pour obtenir le permis de trek si vous ne leur donnez pas quelques roupies en dédommagement. Ceux qui sont licenciés connaissent en effet les autorités qui délivrent les permis, et comme il y a pas mal de corruption, mieux vaut être prudent.
Par ailleurs, évitez d'avoir recours à des enfants. Attirés par les gains potentiels, ils font l'école buissonnière pour servir de guides aux touristes. Pas la peine de les encourager !