Pas la peine d'aller à Cassis ou à La Ciotat pour se baigner. De l'Estaque
(au nord) aux calanques (au sud), Marseille déroule près de 57 km de littoral
et une vingtaine de plages ponctuent son rivage. Longtemps décriées à cause
de la pollution et de la saleté, les plages de Marseille sortent aujourd’hui
de l'ombre et de l'oubli. De sable ou de galets, familiales ou branchées, envahies
par la foule ou réservées à quelques-uns, les plages de Marseille sont aux portes
de la ville. On peut dire qu'elles sont dans la ville sans trahir la vérité,
car on y accède à pied ou en bus, si facilement. Sous les pavés, la plage !
Le bus no 83, à prendre au Vieux-Port, longe toutes les plages
situées au sud de la ville, jusqu’au rond-point du « David ». Arrêts
« Catalans », « Fausse Monnaie », « Prophète »,
« Plage-Roucas-Blanc », « Plage-Gaston-Defferre » (plus
connue sous le nom de plage du Prado), « La Plage ». Prendre ensuite
le bus n°19. Arrêts « Escale Borély » et « Pointe Rouge ».
En suivant le bord de la côte jusqu'aux Goudes (bus n°20), vous découvrirez
quelques petites plages nichées dans des anses comme celle de Bonne Brise
ou des Phocéens. Ensuite débutent les calanques...
Plongée sous-marine
Bercée par son climat velouté, la Méditerranée représente une véritable « mer
de prédilection » pour la plongée. Ce n'est donc pas un hasard si ses eaux
chaudes et limpides furent « l'atelier-laboratoire » privilégié des
grands pionniers de l'aventure sous-marine... La Mare Nostrum livre des
épaves mythiques aux plongeurs et concentre - en certains points - les
fabuleuses richesses de sa vie sous-marine. Et parmi tous les lieux français
de plongée en méditerranée, Marseille reste le plus attractif. Il faut savoir
qu’avant même de savoir shooter dans un ballon, la cité phocéenne était une
plongeuse émérite. Ses premières bulles remontent aux années 1930, quand
le commandant Le Prieur invente l'ancêtre de nos actuels appareils respiratoires...
Après la Seconde Guerre mondiale, la cité phocéenne se passionne pour les travaux
d'une palanquée de pionniers farfelus : Philippe Taillez, Frédéric Dumas
et Jacques-Yves Cousteau... Ces « Mousquemers » utilisent le fameux
scaphandre autonome Cousteau-Gagnan, et réalisent les premiers films sous-marins
en enfermant leurs caméras dans des pots à confiture ! Bientôt, ils fouillent
les épaves antiques dont les fonds marseillais sont truffés, et définissent,
à grand renfort d'expériences, les bases de la plongée sous-marine actuelle.
Depuis ces temps héroïques, « Marseille la Bleue » s'impose comme
la grande Mecque de la plongée sous-marine française.
- La météo : le beau temps améliore la qualité de la plongée.
Période idéale : entre juin et novembre, avec température très confortable
de 18 à 25 oC, en surface (au fond, l'eau est plus froide).
Attention aux rafales cinglantes du mistral et du vent d'est.
- La profondeur : un handicap, car très rapidement importante.
Si plonger sur une roche permet, en général, de se maintenir à des petites profondeurs
(ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi !), l'exploration des
épaves - entre 40 et 60 m de profondeur - n'est réservée qu'aux
seuls plongeurs aguerris.
- La visibilité : excellente ! 20 m en moyenne.
Sachez que l'eau est cristalline autour des îles et souvent trouble sur les
épaves.
- Les courants : ils sont bien localisés, mais peuvent être
violents et conduire à l'annulation de la plongée. Donc méfiance !
- Matériel recommandé : une combinaison de 5 mm
d'épaisseur, avec cagoule, s'impose. Des gants pour protéger vos « patounes »
sur les épaves (tôles coupantes). La lampe-torche est indispensable pour
voir les couleurs, fouiller dans les trous et être remarqué de vos équipiers.
Les plongeurs confirmés prévoiront également un parachute de palier,
si le bateau de plongée ne peut pas s'ancrer.
- Vie sous-marine : concentrée à certains endroits où elle
est très riche. Votre moniteur vous familiarisera avec les beautés et pièges
des fonds méditerranéens, tout en dégotant les choses intéressantes à voir.
Certaines espèces affichent une présence systématique sur les spots : posidonies,
gorgones, anémones, éponges, girelles, congres, murènes, sars, castagnoles,
saupes, loups, rascasses... Actuellement, le mérou - poisson débonnaire
et curieux - revient en force sur tous les spots de Méditerranée.
Spots
Voici quelques spots pour plonger dans la légende !
- Autour de l'île Riou : Les Impériaux, La Grotte à
Corail, Le Liban et les Farillons, Les Moyades, La Pointe.
- Autour de l'île de Planier : le cargo Chaouen,
le cargo Dalton, L’avion Messerschmitt 109
- En rade de Marseille : le voilier trois mâts Le
Saint-Dominique et le transporteur La Drome.
Fêtes et manifestations
- En mars : le Carnaval. À cette occasion,
les chariots thématiques et leurs personnages bigarrés déambulent jusque sur
la Canebière.
- En juin : le Cinestival. Une semaine de promotion
du cinéma, de nombreuses avant-premières sont accessibles, dans toutes les salles,
pour le prix d'un billet Scoop. Le 21 juin, place à la Fête de la Musique,
où les groupes investissent trottoirs, places et devantures de cafés (Castellane,
cours d'Estienne-d'Orves, Vieux-Port...). La Massalia : grand
spectacle de rue gratuit qui retrace l'histoire de Marseille. A lieu tous les
deux ans (années paires).
- En juillet : au début du mois, la cité rime avec liberté
d'aimer. La Lesbian & Gay Pride s'y décline en effet en une
longue marche à travers les rues et une soirée de clôture au Dock des Suds.
- En septembre : pour la Fête du Vent, les
Marseillais ont rendez-vous sur les plages du Prado pour célébrer le vent et
ses ambassadeurs, les cerfs-volants.
- En octobre : de son côté, la Fiesta des Suds
ouvre ses portes au cœur des anciens docks de la ville. Ses soirées thématiques,
développées autour des musiques et cultures latines, rencontrent un large succès
populaire.
- En décembre : sur la Canebière et les Allées de Meilhan, c'est le temps de la foire aux santons, ces petites figurines d'argile qui décorent la crèche de Noël. Illuminations et spectacles agrémentent ce marché qui est le plus vieux de Provence (un peu plus de 200 ans).
Festivals
- Festival de Musique à Saint-Victor : de septembre à décembre.
Cher aux mélomanes, il programme, en son abbaye, des concerts de qualité.
- Le Festival de Musique sacrée : de fin avril à fin mai. Il offre
au public un répertoire d'œuvres majeures interprétées en l'église Saint-Michel.
- Le Festival international des Musiques d'aujourd'hui : de mai
à juin, il investit plusieurs lieux culturels de Marseille (TNM La Criée, église
Saint-Laurent...) pour rendre hommage à la création contemporaine.
- Le Festival de Marseille : en juillet. Dédié aux arts vivants,
à la danse, à la musique et au théâtre, il propose un programme éclectique en
des lieux magiques (Vieille-Charité, Théâtre de la Sucrière...).
- Et en été, place à l'éclectisme des goûts, par le biais de Musiques
à Bagatelle (fin juin-début juillet) et ses concertos classiques à savourer
sous les étoiles (prévoir plaid et siège pliant), du Festival de Jazz
des 5 Continents (juillet), organisé dans le cadre enchanteur des jardins
du Palais Longchamp, et du Festival Marsatac (septembre), donné
à l'Espace Saint-Jean, qui présente l'essentiel des tendances actuelles (électro,
house, hip hop...).
- le Festival Ciné Plein Air : de juin à août, et ses projections
au clair de lune.
- Le Festival international du film documentaire : fin
juin-début juillet ; dédié à la promotion de ce genre de plus en plus prisé,
il présente aussi bien fictions que reportages télévisuels.
- Le Festival international de folklore : en juillet, à Château-Gombert,
un festival qui n'a pas pris une ride malgré le temps et les années.
- Les Nuits Caroline : en juillet, musique, danses et contes à l'hôpital
Caroline sur l'île du Frioul. Un cadre superbe.
Les musées
Marseille est devenue la plus importante ville de France, après Paris, bien
sûr, en ce qui concerne les musées. Collections antiques, collections ethnographiques,
arts classique, moderne et contemporain, mode, traditions, tout est représenté
à Marseille. Le City Pass donne accès aux 14 musées municipaux (expositions permanentes) et nombreuses réductions (entrée à demi-tarif dans les cryptes de saint Victor, dégustation de navettes au four des Navettes, tarif réduit pour les spectacles proposés par le Festival de Marseille en juillet...). Renseignements auprès du Service Culturel de l’Office du Tourisme.
- Le jardin des Vestiges et le musée d'Histoire de Marseille : en 1967,
lors de travaux d'aménagement du quartier de la Bourse, on fit une découverte
extraordinaire : l'ancien port, rien de moins. Jusque-là, les historiens
ne disposaient pratiquement d'aucun vestige, indice ou trace de Massalia. Aujourd'hui,
on peut admirer la belle ordonnance du quai en pierre de taille, réédifié par
les Romains à partir de matériaux pris aux monuments grecs locaux, ainsi qu'un
rempart, une voie dallée, une nécropole, etc. En prime, on découvrit même en
1974 un magnifique bateau du IIIe siècle apr. J.-C. Ainsi,
pendant tant de siècles, les Marseillais marchèrent sans le savoir sur leur
propre histoire...
En complément de ces vestiges, le musée d'Histoire de Marseille, juste à côté,
apparaît comme leur prolongement naturel. Expositions temporaires et présentation
didactique de l'histoire de Marseille dans un cadre moderne, aéré, extrêmement
agréable. Évocation des origines grecques de la cité : maquette de Massalia
réalisée grâce aux écrits d'Aristote et des fouilles. Nombreux témoignages de
l'époque romaine, bornes, cippes, mosaïques, etc. Reconstitution d'un four de
potier, amphores, lingots de cuivre et étain. Exposition de l'épave lyophilisée
du navire du IIIe siècle trouvé dans le port et d'une barque
de pêche datant du VIe siècle av. J.-C.
- Le centre de la Vieille-Charité (incluant le musée d'Archéologie,
le MAAOA, musée d'Arts africains, océaniens et amérindiens, la chapelle et les
salles du rez-de-chaussée) : la Vieille-Charité, l'une des plus belles
œuvres de Pierre Puget, est l'une des rares qui lui aient survécu. Superbe témoignage
de l'architecture civile du XVIIe siècle, réalisée initialement
pour l'enfermement des vagabonds. La chapelle centrale se révèle comme l'un
des plus beaux édifices baroques français. La Vieille-Charité fut utilisée comme
caserne au XIXe siècle, puis abandonnée à son triste sort. Elle
menaçait de tomber en ruine quand Le Corbusier attira l'attention des autorités
sur ce chef-d'œuvre. Elle fut classée Monument historique, et les travaux de
rénovation durèrent plus de quinze ans. Aujourd'hui, tout le monde peut admirer
sa lumineuse pierre rose et ses harmonieuses proportions à l'occasion des expositions
qui s'y tiennent.
- Le musée des Beaux-Arts : situé dans l'aile gauche de l'imposant
palais Longchamp. Un édifice original et étonnant (certains diraient de style
grandiloquent), inauguré en 1869. La composition centrale symbolise la
Durance et ses affluents, entourés de la vigne et du blé. Le musée mérite une
visite. L'escalier monumental est décoré de grandes huiles sur toile de Puvis
de Chavannes : Marseille colonie grecque et Marseille porte de
l'Orient (1862). On peut admirer des peintures de l'école flamande, italienne
et française des XVe, XVIe et XVIIe siècles.
Belles œuvres de Rubens. Nombreuses peintures de l'école provençale du XIXe siècle,
que les Marseillais considèrent comme leurs impressionnistes : Guigou,
Loubon, Ziem, Monticelli. Intéressante petite collection de bronzes de Daumier
(36 bustes de parlementaires sous Louis-Philippe). De Pierre Puget, de
jolis marbres : Louis XIV à cheval.
- Le musée de la Faïence : château Pastré, à l’écart du centre-ville
(8e arrondissement). Entre l'entrée principale (route) et le château,
il y a un chemin long d'un kilomètre à parcourir à pied ou à bord d'un petit
train. Installé dans une vaste et élégante bastide, au cœur d'un parc de 120 ha,
appelé la campagne Pastré, où furent données quelques-unes des fêtes les plus
folles du Second Empire. Pendant l'Occupation (1940-1944), la comtesse Pastré,
la propriétaire (une héritière de l'entreprise Vermouth), y organisa des concerts
et des spectacles pour protester contre l'occupant. Ses héritiers ont vendu
la propriété en 1974. Le château a retrouvé sa splendeur grâce à quelques
passionnés et à la mairie de Marseille. Plus de 1 500 céramiques y
sont exposées, du Néolithique à nos jours, rappelant que Marseille a longtemps
été l'un des plus prestigieux centres faïenciers de France.
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Savon de Marseille
Il tient une place importante dans le top 50 des spécialités de Marseille.
Production artisanale avant de devenir industrielle, il a contribué à la gloire
de la cité. Bien que Colbert ait institutionnalisé son appellation dès 1688,
l'apogée de sa production se situe au XIXe siècle, éparpillée
en petites entreprises souvent familiales. Aujourd'hui, le savon est encore
fabriqué de manière artisanale à la savonnerie du Sérail et empaqueté
de bien jolie manière chez la Compagnie de Provence. Sachez que l'authentique
savon de Marseille est 100 % naturel, fait exclusivement à partir d'huile
végétale de coprah, de palme et d'olive, sans aucun colorant ni adjuvant de
synthèse. Il doit impérativement contenir 72 % d'huile, pourcentage estampillé
sur chaque cube de savon.
Boules de pétanque
Objets incontournables, les fameuses boules de pétanque. Ce sport est
né à La Ciotat où l'on imagina, dès les années 1900, de jouer les pieds
« tanqués », c'est-à-dire joints. « Tu pointes ou tu tires ? ».
Cette phrase, maintes fois répétée, est connue aujourd'hui de tous les boulistes.
La Boule Bleue aussi, dernière fabrique artisanale de Marseille, qui
tire son nom de la boule en acier bleuté créée en 1947. Des premières boules
en bois cloutées de 1904 aux modèles de compétition actuels, cette entreprise
familiale fait du sur-mesure et de la personnalisation en les gravant à votre
nom.
Tarot de Marseille
Au rayon insolite, n'oubliez pas le tarot de Marseille (si cher à André Breton
et aux surréalistes), à découvrir à plus d'un titre : pour le jeu de cartes
en lui-même, ses illustrations et son utilisation dans l'art divinatoire par
le biais de 78 cartes divisées en arcanes majeurs et mineurs (bateleur,
papesse, chariot, épées...).
Santons
Le santon traditionnel de Provence est fait en argile cuite, dans un style
naïf et rustique. Les amateurs de querelles de clochers noteront qu'Aubagne
et Marseille se disputent le titre de capitale du santon. On vous dira ici que
c'est Lagnel, un Marseillais, qui inventa le santon au XVIIIe siècle.
Les premiers santons, produits à Marseille, le furent dans les ateliers du quartier
du Panier. Compter de 10 à 150 €, pour un santon, selon la taille
et la beauté du motif.