Musiciens et chanteurs
Le Mali est un pays de musiques. Chaque ethnie a la sienne, et la
musique est traditionnellement là pour accompagner les grands événements de la
vie (baptêmes, mariages, etc.). Rien d’étonnant donc que ce pays soit devenu,
au cours des dernières années, un véritable vivier de talents, dont plusieurs
ont conquis la scène internationale.
Honneur aux griots, ces
troubadours qui, selon la tradition, chantent les louanges d’un lignage et de
ses descendants. On en rencontre dans toutes les ethnies.
Parmi les plus
connus, Ami Koïta, griotte pur jus et surnommée la « griotte
raffinée ». Ou encore, Habib Koité qui s’est révélé au
milieu des années 1990 avec son titre Cigarette A Bana, véritable
tube dans toute l’Afrique de l’Ouest. Quelques années plus tard, son 1er album
le consacre sur la scène internationale.
Autre grand nom de la musique
malienne, Toumani Diabaté. Ce griot est
devenu l’ambassadeur et le virtuose incontesté de la kora,
cet instrument emblématique du Mali.
La chanteuse Oumou
Sangaré a su imposer son style à travers des textes engagés
(en matière de droits des femmes notamment) et une musique traditionnelle
quelque peu renouvelée.
Souvent qualifié de l’une des plus belles voix de
l’Afrique et de la « voix d’or » du Mali, Salif Keita
(à ne pas confondre avec son homonyme, le joueur de foot !) est l’un des
artistes maliens les plus connus internationalement. N’étant pas issu de la
caste des griots, les règles ancestrales du pays lui interdisaient initialement
de chanter !
Dans le domaine du blues, le Mali n’est pas en reste. Parmi les
incontournables, Boubacar Traoré, dit « Kar-Kar ».
Chanteur à succès sous le régime de Modibo Keita, dans les années 1960. On
pense aussi au grand Ali Farka Touré, l’« artiste-cultivateur », considéré comme l’un des fondateurs de la musique
contemporaine du Mali.
Dans la nouvelle génération, citons Rokia Traoré,
auteur-compositeur-interprète de talent, établie en France, qui met à l’honneur
la langue bambara sur fond d’instruments traditionnels. N’oublions pas Amadou
et Mariam qui ont fait un carton en France en 2004, avec Mon Amour, ma chérie.
Il ne faudrait pas non plus oublier la musique touareg popularisée par Tinariwen, le plus connu des groupes de culture tamashek, mais aussi par le groupe mixte Tarlit.
Les griots
Les griots, ces musiciens ambulants, professionnels presque de
naissance - ils font partie d'une caste -, qui vont de village en cour
royale chanter les louanges d'un lignage et de ses descendants, sont une
caractéristique de bon nombre de sociétés traditionnelles d'Afrique de
l'Ouest.
Leur existence est attestée par les récits des premiers voyageurs, aux XIIIe et XIVe siècle.
Les
griots jouent un rôle social particulier, puisque aucun interdit ne
pèse sur eux. Ils sont en effet les seuls à pouvoir dire aux puissants
ce que pense d'eux le peuple.
Les griots chantent plus souvent les
louanges de leur employeur, rappelant les hauts faits de leurs ancêtres à
travers des récits épiques, transmis oralement de génération en
génération, et jouant le rôle de conseiller.
Ils s'accompagnent de leur instrument de musique.
Aujourd'hui,
ce rôle a évolué, mais les griots continuent à trouver leur place dans
la vie moderne. Certains atteignent la célébrité, d'autres font le tour
du quartier, surtout à l'occasion d'une fête. Beaucoup de chanteurs et
musiciens faisant une carrière commerciale rappellent qu'ils sont issus
d'une lignée de griots, même si leur activité s'est éloignée de la
tradition.