Les émeutes de 1992
Un jury blanc de la Simi Valley, comté
blanc et réactionnaire de L.A. (celui de Reagan), acquitte quatre
policiers blancs accusés d'avoir passé à tabac Rodney King, un
automobiliste noir. Un vidéaste amateur avait filmé la scène et ses
images avaient fait le tour du monde.
À l'annonce de l'acquittement
scandaleux des policiers, South Central, l'un des quartiers les plus
pauvres de L.A., se soulève, s'embrase et s'attaque à tous les symboles
de la société de consommation par le pillage et l'incendie.
L'émeute
dure 2 jours et fait plus de 40 morts et des millions de dollars de
dégâts. Ça devait bien arriver un jour ou l'autre, avec l'immense dose
de frustration accumulée par les communautés noire et mexicaine :
suppression des programmes d'aide sociale, racisme des cops, chômage, écart croissant entre les revenus des riches et ceux des pauvres...
En
juillet 1992, la Cour suprême de Californie fit appel du verdict et
renvoya les policiers en jugement. Le 17 avril 1993, au second procès
des mêmes policiers, deux d'entre eux sont déclarés coupables : un
verdict accueilli avec soulagement.
Le tremblement de terre de 1994
Le
17 janvier 1994, à 4h30, un séisme d'amplitude 6,6 sur l'échelle de
Richter réveille la ville. Certains habitants pensent que c'est l'heure
du Big One qui sonne ! Ce tremblement de terre, dont l'épicentre se
trouve à une trentaine de kilomètres du centre-ville, dans la vallée de
San Fernando, cause la mort de 51 personnes, fait 3 000 blessés, 9 000
sans-abri, endommage près de 3 000 immeubles et touche gravement
l'infrastructure routière, élément vital dans l'économie de la région.
Mais ce n'était pas le Big One tant redouté.
Quelques dates historiques
- 1542 : le navigateur portugais João Cabrilho (Juan Rodriguez Cabrillo) pose les yeux sur le site de Los Angeles, qu'il admire de son bateau. Les feux des Indiens forment une telle nappe de fumée au-dessus de la terre qu'il baptise l'endroit Bahia de los Fumos.
- 1769 : alors que la Californie est aux mains de l'Espagne, son gouverneur, Gaspar de Portola, dirige une expédition à la recherche de la baie de Monterey. Il traverse, avec sa cavalerie, le vaste territoire de la ville actuelle. Objectif : établir une chaîne de missions franciscaines et de presidios (forts), reliés entre eux par El Camino Real (la voie royale), afin de consolider la mainmise espagnole sur la Californie. 21 missions sont ainsi créées à la fin du XVIIIe siècle, dont deux dans les faubourgs de Los Angeles : San Gabriel Arcangel (1771) et San Fernando Rey de España.
- 1781 : le 4 septembre, un groupe de 44 vecinos pobladores (des colons), la majorité de races mélangées (afro-indienne-hispanique), fondent un embryon de colonie qu'ils appellent El Pueblo de Nuestra Señora La Reina de Los Angeles del Río Porciuncula, du nom d'une sainte fêtée la veille dans le calendrier... Un nom à rallonge pour un petit village qui deviendra le centre de L.A.
- 1822 : le Mexique devient indépendant de l'Espagne et hérite de la Californie qu'il contrôle. Los Angeles est alors une succession de ranchos immenses où l'on élève des chevaux et des bêtes à cornes. Le rancho Rodeo de Las Aguas deviendra Beverly Hills, le rancho San José deviendra la ville de Pomona, le rancho San Vicente y Santa Monica donnera naissance à la célèbre station balnéaire de Santa Monica.
- 1835 : L.A. devient une ville à part entière (ciudad) et la capitale de l'Alta California. Le gouverneur mexicain continue de résider à Monterey.
- 1846 : conséquence de la guerre entre les États-Unis et le Mexique, Los Angeles, comme le reste de la Californie, est rattachée aux États-Unis et devient une ville américaine. Tandis que San Francisco, au nord, connaît la fièvre de l'or (1848-1856), L.A., plus pauvre et moins connue, vit de son agriculture et de ses plantations.
- 1885 : avec l'ouverture de la ligne de chemins de fer de Santa Fe, le décollage économique de L.A. peut commencer.
- 1886 : Horace et Daeida Wilcox, deux émigrants, achètent un grand terrain dans les environs de la ville, qu'ils transforment en une ferme prospère. L'allée centrale de cette nouvelle propriété s'appelle Prospect (qui deviendra Hollywood Boulevard). Mme Wilcox baptise sa ferme Hollywood, « bois de houx ». Bientôt un empire, celui du 7e art, naîtra et se développera au milieu des abricotiers, des orangers et des eucalyptus.