Cuisine
La mythique quiche a beau occuper les devants de
la scène, le patrimoine culinaire lorrain n’en est pas moins riche. La gastronomie
locale, ce sont plein de bonnes choses qui remplissent l’estomac après une rude
journée passée à scier des bûches...
La potée, par exemple : morceaux de viande de porc (saucisse,
lard et palette) cuits avec haricots, patates, chou et carottes. Dans la région,
la viande est reine ! L’Andouille du Val d’Ajol, du sud des
Vosges, est la vedette chaque année de la Foire aux Andouilles qui se déroule
dans ce village le troisième lundi de février. Le pâté lorrain
est un mélange de veau et de porc aromatisé aux échalotes et au vin blanc, que
l’on peut recouvrir de crème mêlée à des œufs pour obtenir une tourte.
Les poissons ne sont pas en reste : la Lorraine est la troisième
région de France pour la pisciculture d’étang. On y élève le brochet, le sandre,
la perche, la carpe et l’anguille. Les rivières vosgiennes sont quant à elles
riches en truites, que l’on prépare traditionnellement au court-bouillon ou
dans du vin rouge.
Passons au fromage ! La Lorraine possède la version locale
de noms célèbres. Le géromé, qui signifie « venant de Gérardmer »,
n’est autre qu’un munster qui revendique le nom de sa ville d’origine, tout
en bénéficiant de la même AOC. Il existe un brie reconnu au même titre que celui
de la région éponyme, le brie de Meaux. Le brouère, enfin, est un fromage modelé
par son moule en bois sculpté par un artisan.
La Lorraine propose aussi des mets délicats, en particulier des desserts. Impossible
de passer à côté du fruit dont les arbres fleurissent la région, le printemps
venu : la mirabelle est ici dans son royaume, on en produit
la plus grande quantité au monde. Elle est parmi les rares fruits français à
avoir obtenu une IGP (indication géographique protégée). Dans l’assiette, on
la décline sous toutes les formes : nature, en pâtisseries (tartes), en
conserverie (confiture, sorbets) et même pour accompagner les plats salés (foie
gras, crevettes). À Metz, elle est fêtée chaque mois d’août pendant une semaine.
Autres fruits appréciés : les myrtilles vosgiennes (dites
" brimbelles ", si vous ne voulez pas passer pour un amateur), ou
le bluet. Les cuisiniers lorrains ont inventé de célèbres pâtisseries :
la madeleine, le baba, introduit par Stanislas, les macarons, les dragées, les
chardons à la liqueur, les bergamotes... Et n’oublions pas le fameux miel
des Vosges, ni les bonbons qui en sont dérivés !
Boissons
La Lorraine était au début du XXe siècle la première région
brassicole de France. On dit qu’en 641, Saint-Arnould multiplia les chopes
de bière à Champigneulles, et qu’il devint par ce prodige le patron
des brasseurs. Plus prosaïquement, c’est à Tantonville, à la brasserie Tourtel,
que le bon pasteur redonna santé au peuple en inventant les procédés modernes
de fabrication de la bière. De grands noms résonnent encore à nos oreilles,
comme la Meuse ou Amos, mais la production lorraine ne survit plus aujourd’hui
que dans quelques musées ou brasseries artisanales. À Champigneulles, on produit
toujours de la bière pour Kronenbourg, et Stenay abrite le musée européen de
la bière, qui s’enorgueillit d’être le plus grand au monde.
La Lorraine possède une route des Vins, bien que la production
soit renaissante depuis l’épidémie de phylloxera qui a ravagé le vignoble mosellan
à la fin du XIXe siècle. Celui-ci comptait alors près de 6 000 ha,
contre 28 en 1999 ; la production y est ancestrale (les Romains
plantaient déjà la vigne sur les bords de la Moselle), et elle est classée VDQS
(Vin délimité de Qualité supérieure). Autre cru régional, les vins gris des
Côtes de Toul (classés AOC) doivent leur nom à une couleur rosé pâle et sont
le fruit du pressurage immédiat de la vendange : ils sont à boire jeunes.
L’appellation " Vins des Côtes de Meuse " réunit les produits de cépages
blancs, rouges ou gris. Quant aux Vosges, on y produit du vin sur une centaine
d’hectares, mais il ne répond pas aux normes européennes et ne peut donc être
commercialisé...
Enfin, n’oublions pas que le fruit roi, la mirabelle, produit le digestif
du terroir, une eau-de-vie de 45 à 50° !