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La terre et les hommes Lorraine

Forêt lorraine

Chaque parcelle de cette belle province se révèle propice à de longues promenades. Les vallons et les crêtes dessinent des horizons harmonieux au-dessus des campagnes fleuries et des vastes forêts.
Sillonnée par des sentiers de grande randonnée, elle offre partout des chemins et des petites balades à choisir à la carte au long de la Meuse champêtre, près des boucles de la Moselle, dans le vignoble des Côtes de Toul ou celui de Contz-les-Bains ou encore sur les hauteurs de la colline de Sion.
Un climat très favorable et des sols souvent très riches donnent à la région un exceptionnel potentiel forestier (un tiers du territoire régional). Ses 850 000 ha de forêt la placent d'ailleurs à la cime des régions françaises les plus boisées.
La Lorraine possède deux types de forêt : de plaine et de montagne, toutes deux composées de 75 % de feuillus et de 25 % de résineux. Les Vosges sentent certes le sapin, mais le hêtre et le chêne demeurent les essences reines de la région.
Parmi la faune qui peuple les forêts lorraines, cerfs, chevreuils, sangliers et renards cohabitent avec la très médiatique bête des Vosges.
Les réserves domaniales sont une des grandes richesses de la région (1 380 000 m3) : l'Argonne en pays de Meuse, la forêt de Haye où chassa Charlemagne, les clairières et les chênaies de Bitche, les grands espaces touffus de Pierre-Percée et de Saint-Quirin, riches réserves de l'importante filière bois vosgienne.

Environnement 

Les Lorrains, longtemps voués à l'industrie et au travail de la mine, ont quelque peu négligé leur environnement, au contraire de leurs voisins alsaciens. Le contraste est frappant lorsqu'on monte le versant est du col du Bonhomme et qu'on voit les pimpantes bourgades que sont Kaysersberg et Lapoutroie, puis qu'on bascule, côté lorrain, dans la triste vallée de Fraize et Plainfaing, désertée par l'industrie textile.
Même si les choses s'arrangent depuis une dizaine d'années, les friches industrielles du Pays Haut n'ont pas disparu d'un coup de baguette magique. Les cheminées d'usines fument toujours entre Hayange et Thionville. La plate-forme chimique de Carling continue d'être un potentiel Seveso dans l'Est mosellan, la centrale de Cattenom reste un potentiel Tchernobyl au nord, tout près du Luxembourg. À ces sites s'ajoute le projet d'enfouissement des déchets radioactifs de Bure, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne.

Cependant, depuis 1984, le Conservatoire des sites lorrains s'attache à sauvegarder les espaces naturels remarquables : mare salée de Marsal, marais et autres zones humides, pelouses calcaires où refleurissent des orchidées, ainsi que les 15 km, au sud de Bayon, où la Moselle est restée sauvage. Le parc naturel régional de Lorraine créé en 1974 couvre 220 000 ha. Dans ces deux secteurs, tout un programme d'activités met en valeur les paysages, les traditions et les espèces naturelles à préserver. Puis en 1989, c'est au tour du parc naturel régional des Ballons des Vosges, à cheval entre l'Alsace et la Lorraine, d'être créé.

Depuis le milieu des années 1990, les mentalités marquent plus d'intérêt pour les beautés de la nature et le charme des jardins. Les collectivités territoriales s'efforcent de suivre cette évolution.

Architecture lorraine

L'architecture de la Lorraine est diversifiée. Un lien commun qui subsiste envers et contre tout est le village lorrain, permanence de l'urbanisme rural, avec sa grande rue qui sert de lien d'un point à un autre. On trouve ce système dès le début du XVIe siècle.

Le village-rue

De chaque côté de l'église, entourée de ruelles, les maisons alignent leurs façades à deux ou trois travées. Dans le sud de la Lorraine, les demeures se développent en profondeur. Dans les Vosges où l'on utilise le sapin, les maisons, éparpillées par nécessité, unissent plus étroitement le logis et les granges ou étables.

Les cités ouvrières

Le même principe, économique, pratique, égalitaire, dessine l'implantation des cités dans l'ensemble du bassin industriel minier. Les maisons identiques avec un jardinet sur l'arrière s'étirent avec monotonie autour du centre commercial et associatif, pas loin d'un environnement d'eaux claires et de belles forêts.
Tandis que les villages traditionnels dépérissent ou survivent avec des lotissements, certaines cités ouvrières subissent en divers lieux les risques d'affaissement et les expropriations. Dans les Vosges, autour des bâtiments à l'anglaise des usines textiles, souvent fermées, les cités bénéficient d'un environnement plus rural.

Les espaces fortifiés

La Lorraine s'est toujours vaillamment défendue. Malgré les destructions des occupants, il reste des traces des fortifications de toutes les époques. On trouve des vestiges des remparts à Metz, Verdun, Nancy et la présence, ou l'influence, de Vauban à Bitche, Longwy, Montmédy, Toul... Près de la frontière, petits et grands ouvrages illustrent le concept de la ligne Maginot.

L'imagination des villes

Le développement économique et démographique a modifié l'aspect des villes.
La présence prussienne (1870-1918) a modifié l'aspect de Metz. L Une sage politique a créé, avec la Moselle, une ville verte qui, fidèle au patrimoine, accueille la modernité, en témoigne l'architecture résolument contemporaine du centre Pompidou.
Nancy, auréolée de l'ensemble harmonieux de la place inspirée par Stanislas, conserve les villas et les immeubles prolongeant le style de l'école de Nancy.