Chaque parcelle de cette belle province se révèle
propice à de longues promenades. Les vallons et les crêtes dessinent
des horizons harmonieux au-dessus des campagnes fleuries et des vastes
forêts.
Sillonnée par des sentiers de grande randonnée, elle offre
partout des chemins et des petites balades à choisir à la carte au long
de la Meuse champêtre, près des boucles de la Moselle, dans le vignoble
des Côtes de Toul ou celui de Contz-les-Bains ou encore sur les
hauteurs de la colline de Sion.
Un climat très favorable et des
sols souvent très riches donnent à la région un exceptionnel potentiel
forestier (un tiers du territoire régional). Ses 850 000 ha de forêt la
placent d'ailleurs à la cime des régions françaises les plus boisées.
La
Lorraine possède deux types de forêt : de plaine et de montagne, toutes
deux composées de 75 % de feuillus et de 25 % de résineux. Les Vosges
sentent certes le sapin, mais le hêtre et le chêne demeurent les
essences reines de la région.
Parmi la faune qui peuple
les forêts lorraines, cerfs, chevreuils, sangliers et renards
cohabitent avec la très médiatique bête des Vosges.
Les réserves
domaniales sont une des grandes richesses de la région (1 380 000 m3) :
l'Argonne en pays de Meuse, la forêt de Haye où chassa Charlemagne, les
clairières et les chênaies de Bitche, les grands espaces touffus de
Pierre-Percée et de Saint-Quirin, riches réserves de l'importante
filière bois vosgienne.
Les Vosges atteignent un taux de boisement de 48 %, se plaçant ainsi à
la troisième place des départements les plus verts après les Landes et
le Var. La forêt est depuis toujours au cœur de l'économie locale. La filière bois regroupe des activités allant de la sylviculture à l'exploitation forestière.
Les scieries débitent le bois de chauffe (pour les industries
traditionnelles du cristal ou du fer, par exemple), mais aussi celui qui
sera transformé en meubles, en jouets, en cahiers Clairefontaine, ou en
violons... Les plus grands maîtres luthiers français sont issus de
l'école de lutherie de Mirecourt.
Cet océan vert lorrain progresse
chaque année davantage. Son accroissement courant annuel est de l'ordre
de 6,6 millions de m3. Une augmentation constante qui fait de la région
un territoire privilégié de la valorisation énergétique du bois. Énergie de chauffage peu onéreuse, le bois a le vent en poupe et représente une reconversion économique importante pour la région. A fortiori, quand les architectes remettent au goût du jour les « matériaux bois » dans les constructions.
Les Lorrains, longtemps voués à l'industrie et
au travail de la mine, ont quelque peu négligé leur environnement, au
contraire de leurs voisins alsaciens. Le contraste est frappant
lorsqu'on monte le versant est du col du Bonhomme et qu'on voit les
pimpantes bourgades que sont Kaysersberg et Lapoutroie, puis qu'on
bascule, côté lorrain, dans la triste vallée de Fraize et Plainfaing,
désertée par l'industrie textile.
Même si les choses s'arrangent depuis une dizaine d'années, les friches industrielles du
Pays Haut n'ont pas disparu d'un coup de baguette magique. Les
cheminées d'usines fument toujours entre Hayange et Thionville. La plate-forme chimique de Carling continue d'être un potentiel Seveso dans l'Est mosellan, la centrale de Cattenom reste un potentiel Tchernobyl au nord, tout près du Luxembourg. À ces sites s'ajoute le projet d'enfouissement des déchets radioactifs de Bure, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne.
Cependant, depuis 1984, le Conservatoire des sites lorrains s'attache à sauvegarder les espaces naturels remarquables : mare salée de Marsal, marais et autres zones humides, pelouses calcaires où refleurissent des orchidées, ainsi que les 15 km, au sud de Bayon, où la Moselle est restée sauvage. Le parc naturel régional de Lorraine créé en 1974 couvre 220 000 ha. Dans ces deux secteurs, tout un programme d'activités met en valeur les paysages, les traditions et les espèces naturelles à préserver. Puis en 1989, c'est au tour du parc naturel régional des Ballons des Vosges, à cheval entre l'Alsace et la Lorraine, d'être créé. Le parc naturel régional des Vosges du Nord a, quant à lui, reçu le label de « Réserve mondiale de la Biosphère », décerné par l'Unesco.
Depuis le milieu des années 1990, les mentalités marquent plus d'intérêt pour les beautés de la nature et le charme des jardins. Les collectivités territoriales s'efforcent de suivre cette évolution.
Le conseil régional de Lorraine propose à la visite une cinquantaine de jardins patrimoniaux ou contemporains. Il apporte également un soutien direct à la création et à la restauration de parcs et jardins, dans le cadre d'un appel à projets encourageant le développement qualitatif de l'offre de parcs et jardins en Lorraine. Le conseil général de la Moselle, lui, s'est associé au Land de Sarre et au grand-duché de Luxembourg pour constituer « Jardins sans limites »: 8 des 23 sites ainsi labellisés sont en Moselle et ce réseau transfrontalier continue de s'étendre.
L'architecture de la Lorraine est diversifiée : la gare de Metz, les cités des bassins industriels, les maisons fromagères des monts vosgiens, les châteaux et les églises de tous âges ici et là, la place Stanislas. Un lien commun qui subsiste envers et contre tout est le village lorrain, permanence de l'urbanisme rural, avec sa grande rue qui sert de lien d'un point à un autre. On trouve ce système dès le début du XVIe siècle.
De chaque côté de l'église, entourée de ruelles, les maisons alignent leurs façades à deux ou trois travées. Dans le sud de la Lorraine, les demeures se développent en profondeur. Dans les Vosges où l'on utilise le sapin, les maisons, éparpillées par nécessité, unissent plus étroitement le logis et les granges ou étables.
Le même principe, économique, pratique, égalitaire, dessine l'implantation des cités dans l'ensemble du bassin industriel minier. Les maisons identiques avec un jardinet sur l'arrière s'étirent avec monotonie autour du centre commercial et associatif, pas loin d'un environnement d'eaux claires et de belles forêts.
Tandis que les villages traditionnels dépérissent ou survivent avec des lotissements, certaines cités ouvrières subissent en divers lieux les risques d'affaissement et les expropriations. Dans les Vosges, autour des bâtiments à l'anglaise des usines textiles, souvent fermées, les cités bénéficient d'un environnement plus rural.
La Lorraine s'est toujours vaillamment défendue. Malgré les destructions des occupants, il reste des traces des fortifications de toutes les époques. On trouve des vestiges des remparts à Metz, Verdun, Nancy et la présence, ou l'influence de Vauban à Bitche, Longwy, Montmédy, Toul... Près de la frontière, petits et grands ouvrages illustrent le concept de la ligne Maginot.
Le développement économique et démographique a modifié l'aspect des villes.
La présence prussienne (1870-1918) a modifié l'aspect de Metz. Une sage politique a créé, avec la Moselle, une ville verte qui, fidèle au patrimoine, accueille la modernité, en témoigne l'architecture résolument contemporaine du centre Pompidou.
Nancy, auréolée de l'ensemble harmonieux de la place inspirée par Stanislas, conserve les villas et les immeubles prolongeant le style de l'école de Nancy.
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