Géographie
Ce qui frappe avant toute chose dans le paysage limousin, c'est l'abondance de la verdure et le développement massif de la végétation. Pays de rivières, de sources, de ruisseaux et de tourbières, le département de la Creuse compte plusieurs milliers de kilomètres de cours d'eau, près de 3 000 étangs et une dizaine de grands lacs. Certains plans d'eau artificiels ont été créés au Moyen Âge.
Le Limousin se dessine comme un ensemble de plateaux peu élevés, parsemés de collines. On distingue les plateaux de Millevaches et d'Ambazac des monts de Blond, qui constituent les hautes terres.
La région limousine est aussi une terre de forêts, qui porte comme emblème le châtaignier. Cet arbre des montagnes méditerranéennes s'est développé ici au Moyen Âge, pour subvenir aux besoins alimentaires des hommes et des animaux, dans un pays où l'exploitation de céréales panifiables restait faible.
Aujourd'hui, le paysage traditionnel des campagnes limousines subit les conséquences de la désertification des campagnes. Le déclin de la population s'est accompagné des progrès massifs de l'arbre et des herbages. L'inventaire forestier montre le progrès spectaculaire de la forêt sous forme de friches qui occupent jusqu'à 70 % du territoire boisé de certaines communes.
La vache du Limousin
Au naturel, c'est une blonde
vénitienne aux yeux doux, ourlés de blanc... Apprêtée, cette
voluptueuse ne trahit pas un atome de graisse et se montre d'une
incroyable tendreté. Si le plateau de Millevaches vous donne le
tournis, sachez que les pâturages du Limousin en comptent 600 fois
plus, bœufs et taureaux compris !
Une appellation réglemente et
protège la race, strictement hiérarchisée suivant l'origine,
l'alimentation, l'abattage. La région est en outre l'une des dernières
citadelles de l'élevage du « veau sous la mère », c'est-à-dire du veau
de lait. Élaborée au XIXe s par des croisements sélectifs dus à un
éleveur de La Jonchère, Charles de Léobardy, la race a formidablement
proliféré : plus d'un million de têtes en France, autant aux
États-Unis, sans compter les croisements locaux.
Habitat
On retrouve dans l'habitat limousin les matériaux et les richesses régionales tels que le granit, l'ardoise ou le bois de châtaignier.
Dans les régions isolées, comme le plateau de Millevaches ou la Xaintrie, on constate une utilisation récurrente du granit. Jusqu'au XIXe s, les toits étaient recouverts de chaume, remplacé par l'ardoise de Corrèze et d'Anjou. On retrouve dans chaque maison le cantou, une vaste cheminée qui comprend généralement un four.
Un élément typique du Limousin est aussi l'épi de faîtage, placé au sommet des toitures. C'est une poterie en argile émaillée, en forme de cruche, qui marquait la richesse du propriétaire et était censée éloigner les mauvais esprits.
Le châtaignier a fortement influencé la structure des habitations. Les toitures des clochers et des églises sont constituées de bardeaux de châtaignier.
Et évidemment, la porcelaine a pris une place importante dans la décoration des habitations limousines. On la retrouve dans les halles de Limoges.
Architecture
Le granit
Au cours du Moyen Âge, de nombreuses fondations religieuses et lieux de pèlerinages voient le jour à proximité de tombeaux d'évangélisateurs ou d'ermites. Sur ces sites, l'Église, riche et puissante, érige aux XIe et XIIe s abbayes et prieurés, donnant naissance à des villes murées. Les moines bâtisseurs limousins utilisent alors la pierre du pays : le granit.
Par ailleurs, l'insécurité qui régnait à cette époque est à l'origine des monastères et des églises fortifiés (avec tours crénelées, chemins de ronde et fossés), seuls refuges sûrs pour les villageois.
Les maçons creusois
Le Limousin - et particulièrement la Creuse - s'est surtout rendu
célèbre pour ses maçons et ses tailleurs de pierre, qui ont inventé une
technique appelée « limousinage ». Cette particularité est liée à
l'exode massif des Creusois originaires de la Marche, qui investirent
les villes du XVe s jusqu'au début du XXe s.
L'avarice des terres
poussait les Limousins à se louer, de mars à novembre, comme maçons
terrassiers ou scieurs. À la Révolution, ils sont presque 16 000 en
Limousin. On estime à 35 000 le nombre de Creusois qui migrèrent vers
la capitale au milieu du XIXe s. Ils représentaient alors la principale
source de main-d'œuvre du bâtiment et ont participé aux grands travaux
haussmanniens à Paris. Martin Nadaud, ouvrier maçon et député de la
Creuse en 1849 et en 1876, en est la figure emblématique. C'est lui qui
déclara : « À Paris, quand le bâtiment va, tout va. »
Les constructions métalliques et Art déco
Enfin, l'architecture métallique a marqué de façon significative le paysage limousin. On retrouve plusieurs viaducs construits au XIXe s par Gustave Eiffel à Tardes (23) ou fortement influencés par ce génie des structures en métal, comme à Busseau-sur-Creuse (23) ou le viaduc des Rochers-Noirs (19). Les halles de Limoges, classées Monuments historiques, en sont aussi un bel exemple.
La gare des Bénédictins à Limoges est, quant à elle, un superbe édifice caractéristique du mouvement Art déco, et la façade décorée d'allégories rassemble les savoir-faire de la région (émail, porcelaine...).
L'architecture contemporaine
L'art contemporain a su s'implanter en Limousin, essentiellement en Haute-Vienne. Le pôle de Lanaud, à Boisseuil, dédié à la vache limousine, a été dessiné par Jean Nouvel. Le centre d'art contemporain sur l'île de Vassivière et son « phare », ou encore le centre de la Mémoire d'Oradour-sur-Glane sont bien intégrés dans leur environnement. À noter aussi, le bâtiment de la faculté de droit ou encore celui de la médiathèque de Limoges, dernières grandes réalisations en date.