Les braderies
S’il y a une chose qui « signe » l’identité du Nord, c’est bien les
braderies. Rendez-vous incontournable de la vie sociale et économique, de leurs
origines à nos jours, elles sont toujours aussi vivantes, et même de plus en
plus, notamment avec celle de Lille, dont la notoriété dépasse aujourd’hui largement
nos frontières. On trouve la liste des braderies dans tous les journaux locaux.
La braderie tient du vide-grenier et de la foire à l’encan.
Tout ça parce qu’au Moyen Âge (enfin, c’est ce que raconte la tradition orale),
la domesticité avait obtenu l’autorisation, une fois l’an, de vendre les vieux
vêtements et autres objets usagés de leurs maîtres. Les braderies prirent de
l’ampleur au fil des siècles. Aujourd’hui, celle de Lille connaît un succès
qui étonne. On y vide les greniers, on sort tout le saint-frusquin, on déballe
le fourbi, on expose le capharnaüm. De quoi étonner un marchand de souk arabe. Et tout est étalé sur les trottoirs des villes
et des bourgs. On vend n’importe quoi. On discute n’importe où, on boit et on
mange.
Le 1er week-end de septembre, se tient à Lille le plus grand
marché aux puces d’Europe et un grand moment du folklore festif du Nord. Plus de 15 000 vendeurs (et encore, on s’est arrêté de compter en
cours de route !), la population d’une sous-préfecture. 2 à 3 millions de
visiteurs, la population de la Slovénie !
Le samedi, à 15 h pile,
au top, tout le monde déballe (en réalité, les pros ont déjà négocié le meilleur
le matin). Il y a des dizaines et des dizaines de kilomètres de trottoirs, de
pelouses, de terre-plein transformés en marché géant. Et ça sent la frite, la
gaufre et la merguez. Et surtout la moule. Certains restaurateurs font même
le concours du tas de coquilles le plus haut. Impossible de décrire l’atmosphère,
les odeurs, les trognes qu’on y rencontre. Ça sent la vie, tout simplement.
On trouve de tout. Et tout ça dure, sans interruption, jusqu’au dimanche soir
bien après la lune, dans une bousculade bon enfant. Cela se termine dans
la belle humeur, dans la Jenlain et même parfois dans la gueuze. Une
expérience !
Fêtes et manifestations
Lille est une vraie ville de fêtes. Et même entre les fêtes officielles, on
continue à faire la fête !
- Festival international du court métrage : fin mars-début
avril. Projections et débats autour d’une centaine de courts métrages de fiction,
d’animation, expérimentaux... Internet : www.rencontres-audiovisuelles.org.
- Lille Piano(s) Festival : début avril. De grands
noms pour ce festival autour du piano (qu’il soit jazz ou classique) à l’initiative
de l’inévitable Jean-Claude Casadesus. Internet : www.lillepianosfestival.fr.
- Festival international d’accordéon : une quinzaine de jours
fin mai-début juin, à Wazemmes. Un festival presque impensable ailleurs que
dans ce quartier où l’accordéon a toujours gardé son caractère populaire, s’est
frotté à toutes les cultures, sans jamais se ringardiser dans le musette-business.
Jazz manouche, valses diatoniques et virtuoses du chromatique. Internet : www.wazemmeslaccordeon.com.
- Foire aux manèges : parking de l’Esplanade, en avril et
fin août-début septembre. Une fête foraine, une vraie, avec montagnes russes,
grande roue, train fantôme... Internet : www.foireauxmaneges.com.
- Festival international de la soupe : le 1er mai,
place de la Nouvelle-Aventure, à Wazemmes. Tout ou presque est dans l’intitulé !
Une fête un peu foldingue autour de la soupe : du théâtre de rue, des conférences
(eh oui !), et des soupes, encore des soupes, toujours des soupes !
- Festival les transphotographiques : de fin mai à début juin. Exposition autour d'un thème changeant chaque année. L'expo se déroule sur plusieurs sites : Lille bien sûr, mais aussi Roubaix, Lens et Calais. Internet : www.transphotographiques.com.
- Festival Clefs de soleil, Musique et Patrimoine : en juillet-août.
Musique classique. Concerts donnés dans des lieux chargés d’histoire (comme
ils disent)... Internet : www.clefdesoleil.com.
- La Braderie de Lille : le 1er week-end
de septembre. Le plus grand marché aux puces d’Europe avec entre 2 et 3 millions de chineurs sur les deux jours. Voir le chapitre plus haut. Le centre-ville est interdit aux voitures durant toute la
durée de la Braderie et le métro fonctionne toute la nuit. Prévoir des chaussures
avec lesquelles on a déjà fait quelques kilomètres et évidemment un peu d’argent
liquide, les occasions d’acheter, même si l’on n’en a pas l’intention, étant
vraiment permanentes.
- Grande fête du cirque : en octobre-novembre, sur l’Esplanade.
De traditionnels numéros de cirque, soigneusement sélectionnés sous les plus
grands chapiteaux du monde. Une cinquantaine de représentations. Internet : www.thierryfeery.com.
- Marché de Noël : de fin novembre à fin décembre. Un des
plus connus de la région. Plus de 60 artisans se regroupent place Rihour.
Dans leurs chalets, les exposants proposent des objets d’artisanat. En plus,
programme de distractions incluant des concerts, des expositions et des scènes
de la Nativité et, depuis la grande roue, haute de 50 m, vue panoramique
sur la ville.
Les musées
Le musée des Beaux-Arts - Palais des Beaux-Arts
En 1801, Bonaparte crée 14 grands musées provinciaux, dont celui de
Lille. Un don de l’État de 46 tableaux vient renforcer les « saisies
révolutionnaires ». Une politique hardie d’acquisitions durant tout le
XIXe siècle, plus de grosses donations, enrichissent le musée.
La plus belle collection d’art flamand et hollandais après le Louvre et la présence
de deux Goya majeurs s’expliquent bien entendu aussi par la longue occupation
espagnole des Flandres. Plus grand musée construit en France avant la guerre
de 1914, véritable témoignage de la prospérité triomphante du Nord industriel,
c’est une architecture néo-Renaissance ronflante, démesurée, qui stupéfie par
ses proportions.
En 1990, le musée entre en travaux. Sept ans après, il s’est débarrassé
de tout ce qui le parasitait (cloisons, entresols, escaliers inutiles, bureaux
administratifs, etc.) et se retrouve avec 22 000 m2 d’exposition
au lieu de 17 000. À l’arrière, un édifice moderne, tout en verre, en lame
de couteau, véritable icône de la modernité, abrite les bureaux et le restaurant
du musée. Le dialogue entre la fragilité du verre et cette masse de pierre est
une grande réussite. Bon, on y va, le musée abritant au minimum 35 chefs-d’œuvre
exceptionnels... compter 4 bonnes heures de visite (et encore !). D’autres y viendront deux fois, histoire de prendre le
temps.
Internet : www.pba-lille.fr.
Le musée de l’hospice Comtesse
Au cœur de la vieille ville,
l’hospice Comtesse, un des derniers témoignages de l’époque des comtes de Flandres,
fut fondé en 1237 par la comtesse Jeanne. En 1745, lors de la bataille
de Fontenoy, une vingtaine de religieuses, suivant la règle de Saint-Augustin,
accueillirent 120 malades. Une plaque, exposée dans la chapelle, commémore
cet événement. Après la Révolution, il devint hospice pour personnes âgées et
abrita aussi un orphelinat. L’hospice, après des travaux de rénovation, devint
un musée en 1962. Les bâtiments actuels datent des XVe, XVIIe et
XVIIIe siècles.
La maison natale de Charles de Gaulle
C’est dans ce quartier paisible, dans la maison de sa grand-mère, que
naquit, en 1890, Charles de Gaulle. Elle est restée quasiment en l’état,
avec son atmosphère teintée d’austérité très XIXe siècle. Cette
maison classée Monument historique présente 9 pièces, sur deux niveaux,
tout juste rénovée, mais conservée « bien dans son jus ».
Cette demeure
a appartenu à la famille maternelle de Charles, les Maillot, jusqu’à la fin
des années 1920. Elle fut rachetée en 1971 par l’Institut Charles-de-Gaulle
et gérée par la fondation du même nom depuis 1992. Si Charles naquit ici,
c’est parce que sa mère, comme le voulait la tradition bourgeoise du XIXe siècle,
revint accoucher dans sa maison familiale, à Lille. Elle y resta une dizaine
de jours, le temps de se remettre et de faire baptiser l’enfant (le jour même
de sa naissance) à l’église Saint-André, rue Royale.
Telle qu’on la voit actuellement,
la maison a été remise dans l’état dans lequel elle était quand Charles revenait
régulièrement chez sa grand-mère durant les vacances. L’influence de celle-ci
fut d’ailleurs grande sur l’enfant, à qui l’on doit sa rigueur et sa distance
parfois un peu hautaine.
Internet : www.maison-natale-degaulle.org.
Le musée d’Histoire naturelle et de Géologie
Au cœur des anciennes facultés, dans un
édifice typique du XIXe siècle. Un musée un peu à l’ancienne.
Une collection hétéroclite de choses très différentes se télescopant de façon
amusante. Un immense cabinet de curiosités, en quelque sorte. Intéressantes
expos temporaires.
Le musée des Canonniers
Abrité dans l’ancien couvent des Urbanistes. Histoire de la défense
de Lille et de la confrérie Sainte-Barbe (patronne des artilleurs) au travers
de trois mille objets, fusils de 1777 à 1945, armes blanches, etc.
Trois salles en tout : la salle de la Confrérie raconte l’histoire
des canonniers entre le XVIe et XVIIIe siècle.
La salle Négrier : sabres, buste de Napoléon, vitrines de shako
(couvre-chefs militaires), étendards, série de fusils chasse-pot, vitrine évoquant
les souvenirs de la société Sainte-Barbe, une autre dédiée à Faidherbe. Sous
la jolie charpente, la salle d’honneur.
Internet : www.museedescanonniers.org.