Géographie
On distingue deux facettes principales : la côte et ses 400 km de plages, d'identité swahilie, musulmane, et ouverte sur l'océan Indien, et l'arrière-pays (l'hinterland), avec Nairobi, africain et tribal, domaine des grands parcs nationaux.
L'intérieur se compose de diverses régions. Un grand quart sud-ouest est volcanique et montagneux. Nairobi, la capitale, se situe à l'extrémité orientale de ces hauts plateaux.
Vers l'ouest, passé le fossé d'effondrement de la vallée du Rift, les Highlands, généreusement arrosées, étaient au temps de la colonie le domaine d'élection des colons anglais. On y cultive toujours le thé et le café en abondance. À l'approche du lac Victoria, les collines cèdent le pas à une plaine chaude, intensivement cultivée.
Le Centre-Nord, très fertile autour du mont Kenya, est lui aussi couvert de plantations. À l'est, l'altitude décroît. Les plaines ponctuées de collines s'étendent à l'infini en direction de la Somalie. Le tiers nord du pays présente une steppe désertique entrecoupée par endroits de lits de rivières asséchées. À l'approche de l'Éthiopie, l'immense lac Turkana est le plus grand des 8 plans d'eau parsemant la vallée du Rift.
La vallée du Rift
De part et d'autre de la vallée, les plaques continentales partent en directions opposées, provoquant l'apparition d'une ligne de fracture. Sa largeur est assez variable, oscillant en moyenne autour de 40 km. Sa profondeur peut dépasser 2 500 m. Sur les franges surélevées de la vallée se trouvent des dizaines de volcans, à l'instar du Kilimandjaro ou du mont Kenya. Si la pression souterraine se fait trop forte, ils l'évacuent.
La vallée continue de s'enfoncer de quelques millimètres par an et s'élargit de plusieurs centimètres. En théorie (mais certains spécialistes commencent à en douter), l'écartement devrait, à terme, donner naissance à un nouvel océan séparant l'Afrique de l'Est du reste du continent. La mer Rouge et les Grands Lacs en seraient les prémices.
Climat
Le Kenya est traversé par l'équateur. Le soleil se lève toute
l'année vers 6 h ou 6 h 30 et se couche de 18 h 30 à 19 h. En
principe, les saisons obéissent aux règles suivantes, mais, depuis El
Niño, ça se dérègle...
- Saisons sèches : de décembre ou mi-décembre à mars et de juillet à octobre environ.
- Saisons des pluies : la « grande saison des pluies » a lieu d'avril à juin, et la « petite » en novembre, voire jusqu'à mi-décembre.
Les différences régionales
Les régions subissent les lois de l'altitude et l'alternance des vents de mousson venus de l'océan Indien.
Sur la côte, le climat est tropical : l'air est chaud et humide, mais les vents de mousson tempèrent le climat toute l'année.
Dans les Highlands,
sur les « hauts plateaux », les journées sont chaudes et ensoleillées
avec un faible taux d'humidité. Les températures subissent la loi bien
évidente de l'altitude. En juillet et en août, Nairobi peut connaître
des ciels couverts et des nuits froides. Attention, il peut faire un
froid polaire au sommet du mont Kenya.
Dans la région du lac Victoria,
le taux d'humidité est élevé ! À vrai dire, il n'y a pratiquement pas
de saison sèche, mais les pluies sont moins nombreuses en janvier et en
février.
Dans les régions désertiques du Nord-Est, la
chaleur sèche et écrasante la majeure partie de l'année est seulement
interrompue par de petites averses en avril et en mai.
La meilleure saison
La haute saison touristique n'est pas toujours la « meilleure ». Tout dépend de vos objectifs et surtout de votre budget.
Pour les safaris,
les visiteurs affluent pendant la saison sèche : toutes les pistes sont
praticables, les animaux sont très visibles dans l'herbe sèche et
autour des points d'eau. En conséquence, il y a du monde. Les Kenyans
préfèrent les saisons intermédiaires de juin, septembre et octobre,
plus tranquilles, avec des ciels magnifiques.
Moins populaire, la
saison des pluies peut malgré tout être envisagée, mais il faut en
accepter les inconvénients... Le principal avantage, ce sont les
hébergements beaucoup moins chers (et les hôteliers plus compréhensifs
et plus détendus !). Quant aux pluies, il s'agit d'averses parfois
violentes pouvant se transformer en orages spectaculaires ou alterner
avec de soudaines et belles éclaircies.
Pour la côte,
pendant la saison des pluies, il faudra renoncer à certains hôtels
(fermés), parfois à la plongée (eau trouble) et, plus rarement, aux
excursions en boutre (quelques tempêtes).
Environnement
Le système des parcs nationaux kenyans est l'un des plus anciens d'Afrique.
Il compte aujourd'hui plus de 50 parcs et réserves. Tout confondu, les zones
protégées représentent près de 8 % du territoire national.
Même si le Kenya est souvent cité en exemple pour sa politique de conservation de la nature, certains problèmes restent cruciaux. Parcs et réserves ne bénéficient pas du même statut. Ces dernières ne sont pas intégralement protégées.
D'une part, les populations locales (les Massaïs en particulier) sont autorisées à vivre dans leur enceinte. D'autre part, elles sont gérées par les instances locales et non par le KWS (Kenya Wildlife Service), l'organisme chapeautant la protection de la faune dans le pays.
La pression pastorale provoque une dégradation inquiétante du couvert végétal.
Le braconnage
Le braconnage a été ramené à des proportions nettement plus faibles que dans les années 1970. L'hécatombe, encouragée par la corruption des responsables de nombreux parcs, atteignait alors des proportions faramineuses.
Des patrouilles surarmées ont été organisées. Des responsables politiques ont été démis de leurs fonctions, la corruption traquée. Sans faune, pas de tourisme...
Cette prise de conscience est contrebalancée par la guerre en Somalie qui a précipité de nouvelles hordes armées vers le Kenya. Par ailleurs, en juin 1997, certains pays de l'Afrique australe ont à nouveau autorisé le commerce « limité » de l'ivoire, d'où une recrudescence du braconnage au Kenya.
Désormais efficace, la protection de la faune pose le problème de la gestion durable des parcs et des réserves. Le Kenya est cosignataire (avec 11 autres pays) de la « déclaration de Cancún » (février 2002) qui demande la mise en œuvre d'un dispositif international garantissant un partage équitable des ressources de la biodiversité.