Santé
Le Kenya est un pays pauvre et qui mise en grande partie sur le tourisme pour s'en sortir. La protection sanitaire des voyageurs s'améliore régulièrement : cela est une réalité. Mais, d'un autre côté, on cache aux touristes, à leurs agents de voyages et aux tour-opérateurs, une bonne partie des risques qui subsistent. La Tanzanie suit la même évolution, avec un net retard.
Les vaccins
- Le Kenya n'exige aucun vaccin à l'entrée de son territoire. En particulier,
on peut librement entrer sans vaccination contre la fièvre jaune. Pourtant le
pays se situe en pleine zone de transmission de la maladie.
- À l'opposé, la Tanzanie exige, pour l'entrée sur son territoire
en provenance du Kenya, la vaccination contre la fièvre jaune et parfois contre le choléra.
Médicalement, il ne faut donc tenir aucun compte de ce que racontent les autorités
sanitaires de ces pays.
Voici donc les vaccins que nous vous recommandons de faire les vaccins suivants.
Les vaccins « universels » :
- tétanos ;
- poliomyélite ;
- diphtérie (après la primo-vaccination de l'enfance, un rappel REPEVAX protège pendant 10 ans supplémentaires) ;
- hépatite B (deux injections à 1 mois d'intervalle, rappel à 1 an ; dans beaucoup de cas, protection à vie).
Le vaccin « obligatoire » : fièvre jaune : à faire systématiquement, dès l'âge de 9 mois. Une injection protège 10 ans. Le vaccin est aujourd'hui aussi bien supporté que les autres, sauf peut-être chez certains sujets très âgés. Il ne peut être fait que dans un centre agréé.
Les vaccins du voyage :
- hépatite A (indispensable pour l'Afrique noire ; la première injection protège 2 à 3 semaines après ; un rappel effectué 6 à 18 mois plus tard confère probablement une immunité à vie) ;
- typhoïde (ce n'est pas un drame si le voyageur part non vacciné ; il existe un vaccin combiné hépatite A + typhoïde : TYAVAX) ;
- méningite à méningocoque (vaccin peu utile pour le touriste en court séjour safari, mais très recommandé en cas de séjour plus long avec immersion dans la population autochtone) ;
- rage (peu utile pour le tourisme court. Très recommandé en cas de séjour long en zones rurales éloignées, et à tous ceux qui seront ou pourront être en contact régulier avec les animaux).
Bien entendu, pour les enfants, il est indispensable qu'ils soient à jour pour toutes les vaccinations obligatoires et recommandées du calendrier vaccinal français : avoir eu deux vaccins contre la rougeole est tout à fait indispensable.
Le paludisme (la malaria)
Il y a du paludisme partout au Kenya (y compris dans la capitale), à l'exception
des zones situées à une altitude de plus de 2 000 m.
Le paludisme ne se transmet que du coucher au lever du soleil.
La prévention repose sur
les mesures suivantes :
- dès la tombée de la nuit, porter des vêtements recouvrant le maximum de surface
corporelle ; au mieux, ces vêtements auront été imprégnés ou vaporisés d'insecticide.
- Sur les parties restées découvertes, appliquer régulièrement, toutes les 3-4
heures, des répulsifs anti-moustiques réellement efficaces sur
les moustiques tropicaux (type Insect Écran)
;
- Partout et chaque fois que cela est possible, utiliser abondamment les serpentins incandescents (sauf dans la chambre à coucher aux fenêtres fermées), les diffuseurs électriques...
- S'il n'y a pas de système d'air conditionné parfaitement hermétique et qui
fasse descendre la température en permanence dans une zone proche du froid,
il est indispensable de n'accepter de dormir que sous moustiquaire imprégnée
d'insecticide.
Pour les médicaments, le Kenya est en zone III (résistance maximale du Plasmodium falciparum aux médicaments antipaludiques). Trois médicaments seulement peuvent être utilisés à ce jour :
- Le Lariam : efficace partout dans ces zones, il est malheureusement assez mal supporté par bien des voyageurs. La plupart des médecins spécialisés et africains le déconseillent fortement pour les séjours courts.
- Le Malarone : tout aussi efficace, peu de contre-indications et d'intolérances. Le principal problème est son prix élevé : ne pas hésiter à négocier avec le pharmacien, le prix étant fixé par lui.
- La Doxycycline : l'armée française, et de plus en plus de civils, utilisent cet antibiotique très efficace contre le paludisme. Toutefois la prise de doxycycline est interdite chez la femme enceinte et chez l'enfant de moins de 8 ans, et elle risque d'entraîner une photosensibilisation.
L'hygiène alimentaire
Les boissons
- Ne consommer que des boissons industrielles décapsulées devant vous. C'est une précaution nécessaire, mais non suffisante : certains malfrats se sont équipés de machines à capsuler et fournissent une eau pourrie à la marque irréprochable.
- Une bonne précaution : avoir sur soi des comprimés de désinfection de l'eau ou Micropur® DCCNa (plus cher, mais sans goût désagréable et le plus efficace) ; mieux encore, un filtre microbien type Katadyn®.
- Tout ce qui a été bouilli est sûr : thé, café... sous réserve que le verre soit propre.
- Éviter les glaçons.
La nourriture
SE LAVER LES MAINS avant de manger (on devrait le faire partout).
- Les fruits et légumes seront lavés, pelés, bouillis ou rejetés.
- Les viandes seront consommées bien cuites et servies très chaudes.
- Poissons et crustacés : pas de problème s'ils sont frais.
- Coquillages : interdits.
- Produits laitiers, dérivés et glaces : à éviter, sauf si produits industriellement.
Et encore...
Des médicaments stoppant les diarrhées peuvent être achetés en pharmacie, sans ordonnance, avant votre départ.
Contre le mal des transports mieux vaut s'équiper, avant de partir, d'un antinauséeux et antivomissement, à prendre 30 mn avant le départ.
Pour le reste :
- ne pas tripoter les animaux ;
- ne pas s'exposer démesurément au soleil ;
- ne pas se baigner en eau douce ;
- ne pas oublier ses médicaments en bonne quantité et en bagage à main ;
- ne pas avoir de rapports sexuels non protégés, etc.
N.B. : en cas de problème de santé sérieux, ne pas compter sur les ressources locales, contacter votre compagnie d'assistance.
Sexualité
Les Kenyans sont un peu gênés par le sujet. La prostitution existe, bien sûr, dans les boîtes et les bars. Certes, la plupart des filles travaillent pour leur propre compte et le Kenya ne connaît pas trop de problèmes de prostitution enfantine sauf sur la côte. Mais les viols de mineures restent chose courante dans les campagnes.
Le drame silencieux du sida
Il faut savoir que le sida fait des ravages en Afrique de l'Est, et que près de 16 % des Kenyans sont porteurs du virus HIV (et non 7 % comme le dit le gouvernement). Le Kenya est l'un des pays d'Afrique où le sida frappe le plus. Impératif donc, si l'appel des sens se fait trop fort, d'enfiler votre imperméable. En ville, les Kenyans l'ont très bien compris et tentent, dans la mesure de leurs moyens, de se protéger. Les supermarchés vendent des condoms de toutes sortes.
L'industrie pharmaceutique occidentale négocie ses brevets au compte-gouttes et facture les traitements à des prix totalement inaccessibles pour les Africains. Heureusement, le nouveau pouvoir kenyan a lancé un programme de prévention et de dépistage tout en commençant à s'intéresser aux médicaments génériques de l'Inde et du Brésil. Mais l'OMC a rendu le commerce des médicaments génériques encore plus compliqué.
Dangers et enquiquinements
L'arrivée du tourisme de masse en Afrique de l'Est a fait apparaître une foule de problèmes inconnus auparavant. La disparité des richesses entre étrangers et nationaux est telle qu'il pourrait difficilement en être autrement.
Les précautions habituelles en voyage sont donc essentielles : ne laissez rien traîner de précieux dans les chambres d'hôtel, évitez les bijoux ostentatoires dans la rue et, si possible, les sacs. Plus facile à dire qu'à faire...
Les risques les plus importants sont à craindre lors de l'arrivée au Kenya. Facilement repérables, les nouveaux venus sont la cible privilégiée de la petite délinquance urbaine, concentrée à Nairobi et à Mombasa.
Sécurité générale
Selon le ministère des Affaires étrangères, il est déconseillé de circuler au nord de la ligne Kitale - Isiolo - Garissa - Lamu sans un guide expérimenté. Les régions frontalières du Soudan, de la Somalie et de l'Ethiopie sont quant à elles formellement déconseillées.
Pour plus de précisions, consultez le site Internet du ministère des Affaires étrangères.
Le vol
Les Mzunguns (Blancs) sont souvent victimes des pickpockets qui sillonnent les rues des villes ou dans les bus.
Les petits délinquants, pleins de ressources, savent parfaitement passer inaperçus.
Mettez vos valeurs à l'abri dans le coffre de l'hôtel ; et le strict minimum dans des poches inaccessibles ou dans une ceinture à billets.
Ayez l'air d'un Européen vivant au Kenya : portez une tenue passe-partout et marchez d'un pas décidé.
Si vous êtes en voiture, ne laissez pas d'objets apparents. La pratique du car jacking (attaque en voiture) est malheureusement en augmentation à Nairobi.
Quelques conseils à nos amis campeurs : si vous partez seul en rando dans les régions désertes, faites-vous accompagner par des gars du coin. En cas de doute, faites garder votre tente par le cuistot de l'équipe, un gardien ou deux guerriers massaïs. Le camping sauvage n'est pas recommandé sur la côte. Sur la plage, les femmes seules sont sollicitées.
La drogue
Mieux vaut ne pas y toucher. Il existe une marijuana locale (banghi), largement cultivée et fumée au Kenya, mais vous auriez de fortes probabilités d'être dépouillé avant même d'en tirer une bouffée ! Être pris par la police à en acheter vous amènerait à connaître les effroyables prisons kenyanes et à risquer une énorme amende pour en sortir (peut-être !).
Les agressions
De plus en plus fréquentes en ville, les attaques à main armée sont une triste réalité. Ne vous promenez jamais seul de nuit, mais on peut aussi se faire braquer en pleine journée.
À Nairobi, même si la situation s'est améliorée, la nuit, on circule en taxi.
Sur toute la côte de l'océan Indien, il est déconseillé de marcher dès qu'il fait sombre le long des plages ainsi que d'un hôtel à un autre.
Si vous louez un véhicule, ne roulez pas de nuit non plus.
- Conseil très important : en cas d'agression, NE RÉSISTEZ PAS.
Donnez tout, sans renâcler.
La route
Tout le quart nord-est du pays, en direction de la Somalie, est aux mains des shiftas, des bandits armés venus de ce pays au moment de la guerre civile. Ils rançonnent et dépouillent tous ceux qui passent par là.
Sporadiquement, des combats entre tribus rivales éclatent dans la région du lac Turkana. Les raids-surprises sur les villages voisins sont chose courante. Renseignez-vous avant votre départ.
La route de Malindi à Lamu, longtemps livrée aux shiftas, est désormais plutôt sûre aujourd'hui. Mais renseignez-vous quand même une fois sur place. Les bus et les véhicules privés doivent néanmoins être escortés par un gendarme.
Les arnaques
Nettement plus fréquentes que les risques d'agression ou de guerre, surtout à Nairobi. Le principe
: gagner la confiance d'un touriste pour lui soutirer plus ou moins élégamment
une somme d'argent aussi grosse que possible.
Ne donnez pas d'argent aux enfants qui demandent une donation pour leur école
ou pour une cause humanitaire. Ne ramassez pas une éventuelle enveloppe bourrée
de billets dans la rue : c'est un truc pour vous attirer dans un coin sombre et vous délester de vos économies.
Gardez à l'esprit que les Kenyans sont eux aussi victimes des malfaiteurs. Pas de paranoïa donc.