Religions et croyances
- L'hindouisme : c'est la religion prédominante de l'Inde et
aussi l'une des plus anciennes. Elle n'a ni fondateur, ni clergé officiel. Elle
repose sur 2 principes fondamentaux : l'univers se fonde sur un ordre, la Vérité,
qui le maintient en existence. La seconde idée est que l'homme est fait d'un
corps périssable et transitoire, et d'une âme éternelle qui se réincarne indéfiniment
d'un corps à l'autre.
- Le bouddhisme : c'est ici que Bouddha a commencé à « s'éveiller
», en comprenant que la souffrance de l'homme venait du désir. On parvient à
l'absence de souffrance en supprimant le désir.
- L'islam : il ne faut pas oublier que l'Inde, avec plus de 100
millions de musulmans, est le deuxième pays islamique du monde (après l'Indonésie).
- Le christianisme : surtout répandu dans le Sud. Les chrétiens
sont généralement des intouchables convertis au XVIe siècle pour
s'affranchir de l'opprobre au quotidien. On en compte 25 millions parmi les
Indiens.
- Le sikhisme : les sikhs forment l'une des communautés
les plus originales de l'Inde. Il s'agit d'une minorité religieuse solidaire,
entreprenante, très présente dans le domaine de l'économie des affaires et du
commerce. Le sikhisme, qui prescrit l'honnêteté et le service de la société,
en fait des interlocuteurs sûrs, souvent recherchés dans les transactions financières.
Extérieurement, ils se distinguent facilement des autres Indiens. Ils ont une
barbe non taillée (mais bien entretenue), autrefois souvent enserrée dans une
résille et accompagnée d'une belle moustache. Ils arborent fièrement un turban
de couleur.
- Le judaïsme : la communauté juive était déjà installée au Kerala
avant l'ère chrétienne. Aujourd'hui encore, une quinzaine d'entre eux vivent
à Cochin. Fait étonnant, on trouve deux castes, les juifs blancs et les juifs
noirs, ces derniers étant considérés comme « intouchables » par les autres.
- Le parsisme : héritiers de la religion perse de Zarathoustra,
les pârsis, peu nombreux, adorent le soleil. Pour ne pas souiller les éléments
après leur mort, ils se font manger par les vautours au sommet des « tours du
silence ».
- Le jaïnisme : on compte aujourd'hui environ 4 millions de jaïns
dans toute l'Inde. Non violents, les jaïns refusent les armes et ne mangent
aucun animal. Ils sont respectés de tous les autres Indiens et n'ont
donc jamais été persécutés. Vêtus de blanc,
strictement végétariens, ils se veulent d'une extrême tolérance.
Savoir-vivre et coutumes
- Sauf s'il en a pris l'initiative, ne serrez pas la main de votre interlocuteur.
- Ne le touchez pas non plus avec vos pieds, mais si avec vos mains vous touchez
ses pieds par inadvertance, il y verra un signe de grand respect.
- Au lieu de serrer la main, vous pouvez, comme beaucoup d'Indiens, saluer en
joignant les mains sous le menton et en baissant la tête.
- Évitez l'avalanche de compliments sur la cuisine, les enfants : ça amène le
mauvais œil, pense-t-on.
- Si vous aidez une femme à porter un paquet, si vous lui offrez votre place
dans le bus ou votre bras pour descendre, ça peut-être considéré
comme une insulte, retenez-vous ! En règle générale, évitez de trop parler aux
femmes.
- Il vaut mieux réveiller la personne qui dort dans le couloir du train que
l'enjamber. Alors ne vous mettez pas en colère si l'on vous réveille pour passer.
C'est un signe de respect.
- Les Indiens vous répondront souvent en effectuant un signe latéral de la tête
tout en arborant un large sourire (notre « non » européen). Ne vous laissez
pas induire en erreur ; en Inde, ce signe veut dire « oui ».
- Ne vous habillez pas de façon légère. Short, caleçons, bermudas, débardeurs
et jupes courtes sont à proscrire.
- En couple, ne soyez pas trop exubérants. Sérieusement, évitez de vous embrasser
en public et même de vous tenir par la main.
-Même conseil de retenue en ce qui concerne les photos.
- Si vous êtes invité à un repas, oubliez vos manières d'Européen et évitez
de vous proposer pour mettre le couvert ou préparer à manger, c'est offensant
pour la famille qui vous accueille.
Le sari
5,50 m d’étoffe drapée, c’est tout ce qu’il y a dans un sari. Et pourtant,
il peut exprimer l’humeur, l’événement, l’occasion, l’ethnie, la religion. La
couleur indique l’occasion : le blanc pour le deuil, le pourpre pour la
nouvelle mariée, et ainsi de suite. La manière de se draper révélera l’ethnie
ou la religion.
Aujourd’hui, c’est le style urbain qui se répand dans toute
l’Inde : quelles que soient la texture et l’étoffe, il est porté de manière
à permettre aux femmes des mouvements plus aisés.
Signes et symboles
Toute activité quotidienne est liée au magique, et le sens du sacré sous-tend tous les gestes de la journée. Le fait de laisser déambuler les vaches dans les villes, d'être végétarien ou d'envisager la vie sous son aspect transitoire relève encore et toujours du sacré.
- Le tilak (ou tika) : cette marque sur le front représente « le troisième œil » de Shiva ou « œil de la vérité ». Autrefois dessiné d'un geste religieux avec le majeur de la main droite, le tilak est aujourd'hui plus décoratif mais toujours censé porter bonheur. De plusieurs couleurs et formes, chacune ayant une signification sociale (rouge pour les femmes mariées, noir pour les filles célibataires).
- Le svastika : connue depuis la haute Antiquité, cette croix marque la régénération perpétuelle, le tourbillon créationnel. Symbole cosmique pour les hindous et les jaïns, c'est aussi l'emblème de Ganesh (divinité de la Connaissance). Mais chacun y voit ce qu'il veut : il représente, par exemple, la Roue de la Loi pour les bouddhistes... Son autre nom de « croix gammée » s'explique par ses quatre branches en forme de « gamma » (lettre grecque). Il ne faut donc surtout pas voir de référence au nazisme dans l'emploi de ce symbole par les hindous (puisqu'il lui est antérieur).
- Le lingam : qui signifie « signe, emblème » en sanskrit, est une pierre arrondie au travers de laquelle, dans le culte de Shiva, on invoque la présence de la divinité afin de la vénérer. Dans les temples, la partie visible du lingam est cylindrique et arrondie à son sommet, tandis que la partie enterrée est carrée.
Rôle de la femme
Être femme en Inde
aujourd'hui recouvre bien des réalités différentes. Entre la jeune
citadine issue des hautes castes et une intouchable des villages de
l'Andhra Pradesh, rien de comparable, à première vue. Et pourtant...
Si
l'on s'en tient à la tradition patriarcale, toutes deux n'auront
d'existence réelle, au cours de leur vie, qu'au travers des hommes de
leur famille. Toutes deux sont presque assurées de se marier
traditionnellement, sans avoir forcément rencontré leur futur époux
avant le jour de la cérémonie. Toutes deux, en fait, dépendent du bon
vouloir de la famille et de la société pour devenir des individus à
part entière. Car entre le poids de la tradition et les contingences
économiques, la femme indienne a bien des obstacles à combattre pour se
faire sa place.
La jeune citadine, si elle est issue de classe aisée, a plus de chances de fréquenter une université.
Une
fois que la femme est mariée, elle passe en principe sous l'autorité de
son époux et c'est sa belle-famille qui aura sur elle tous les
droits.Une fois mariée, et, en pratique, sous celle de sa belle-mère,
qui va enfin pouvoir se défouler sur cette nouvelle arrivée de toutes
les brimades qu'elle a elle-même endurées. Tous les cas de figure sont
possibles, de la violence morale et psychologique à la torture
physique, et même jusqu'au meurtre, en particulier lorsque la dot tarde
à être réglée.
Même cas de figure pour la crémation rituelle des veuves (le sati),
interdite théoriquement par les Anglais dès 1829 : il y a quelques
années, un cas s'est encore produit, et la justice indienne a jugé ce
crime en tant que tel.
L'Inde du Sud, le Kerala notamment, est
moins sauvage avec sa moitié féminine. Le Rajasthan et l'Uttar Pradesh,
au contraire, sont en tête sur la liste noire.
Heureusement, parmi
le petit tiers de population qui bénéficie d'un niveau de vie moyen et
d'un environnement urbain, le nombre de femmes autonomes et
entreprenantes s'accroît d'année en année. L'Inde est l'un des seuls
pays au monde (avec la Chine) à avoir une population masculine plus
nombreuse que la population féminine, allant ainsi à l'encontre de
toutes les tendances naturellement constatées...