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Itinéraires conseillés Ile-de-France

Provins et le Provinois

À la suite de Balzac, de Hugo, de Lamartine ou de Sainte-Beuve, Provins mérite un long week-end de visite. La découverte à pied de cette cité médiévale est un enchantement (ce n’est pas pour rien qu’elle a « gagné » son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco en 2001 !). Soulignons le bel effort de mise en valeur du patrimoine : spectacles, visites guidées, à l’office du tourisme, on ne chôme pas.

Il faut aborder la ville par la partie haute afin d’éprouver le choc de pénétrer sans transition dans le Moyen Âge. La porte de Jouy, récemment restaurée, a retrouvé l’aspect qu’elle avait au XIIIe siècle, et l’on peut désormais monter à son sommet pour admirer la vue. Par la rue de Jouy et la rue Couverte, on parvient à la place du Châtel, qui connut les grandes foires de Champagne.
Impossible de citer toutes les superbes demeures qui l’entourent, mais la Société d’histoire du Vieux Provins a bien fait les choses. La moindre maison digne d’intérêt comporte une plaque.
Tout le quartier alentour est sillonné de tranquilles ruelles pleines de charme ; on y découvre même, en pleine ville, de grandes fermes ! Le circuit touristique pédestre, incluant bornes et lutrins, conduit à la tour César, splendide donjon du début du XIIe siècle, et à la collégiale Saint-Quiriace, édifiée à partir du XIIe siècle et dont le dôme ne date que du XVIIIe siècle.
À deux pas de là, voir la maison romane, qui abrite le musée de Provins et du Provinois. La rue Saint-Thibault mène à la ville basse, où l’on peut visiter la grange aux dîmes, massive construction du XIIIe siècle avec une magnifique halle voûtée et une belle cave, qui servit de marché couvert à tous les marchands d’Europe.
Les souterrains, auxquels on accède par la salle basse du palais des Comtesses, furent creusés pour offrir aux marchands de quoi stocker leurs marchandises en sécurité. L’église Saint-Ayoul enfin est un édifice curieux par l’addition des styles qui la composent.

On vient également à Provins pour les nombreux spectacles qui jalonnent la vie de la cité : fête médiévale et son et lumière en juin, spectacles « La bataille des remparts », « La légende des chevaliers » ou « Les aigles des remparts »...
- Se renseigner auprès de l’office du tourisme de Provins : maison du Visiteur, à la porte Saint-Jean, juste avant l'enceinte de la ville haute, sur la gauche en venant de Paris. Tél. : 01-64-60-26-26.

La forêt de Fontainebleau

Aux portes de Paris, une immense forêt qui surprend par la diversité de ses paysages, de ses contrastes physiques, de ses villages. Une source inépuisable de balades extras, paradis des randonneurs à pied et à vélo.
Au sud de la forêt, la mare aux Fées offre une palette de paysages intimes et tranquilles : son simple tour, avec ses vieux arbres, son fond rocheux bosselé et ses iris jaunes, est un ravissement au printemps.

Retour à la civilisation. Une visite au château de Fontainebleau s’impose. On y pénètre par la cour du Cheval-Blanc, appelée communément la cour des Adieux. C’est là que, le 20 avril 1814, l’empereur défait tira sa révérence à la garde impériale en pleurs... La visite des Grands appartements nous entraîne dans une succession de salons, galeries et cabinets qui en imposent. Parmi les plus intéressants, la galerie François Ier, où les artistes italiens, dont Rosso et Primatice, exercèrent leur art : ils imposèrent leur style à toute l’Europe sous le nom d’école de Fontainebleau. À voir aussi absolument, l’appartement intérieur de Napoléon Ier, où l’empereur installa sa chambre : on pénètre dans l’intimité de l’Empire.
Enfin, prenez le temps de visiter les jardins et le parc : tout comme le château, ils se sont modelés au fil du temps et des modes architecturales. Bordé d’allées rectilignes ponctuées de carrefours en étoiles, le parc mobilise 80 ha ; il faut une bonne journée pour en apprécier tous les aspects.

À 9 km de Fontainebleau, le village de Barbizon, où émergea l’école de peinture du même nom, est le plus célèbre de la région. C’est un lieu très touristique, mais la visite est hautement recommandée. Le village s’articule autour d’une longue rue bordée d’auberges luxueuses et de maisons vénérables croulant sous le lierre.
On s’y replonge dans le cadre de vie des artistes qui le colonisèrent au XIXe siècle : l’auberge Ganne, que ces joyeux fêtards fréquentèrent et décorèrent (à l’étage, exposition de toiles de l’école de Barbizon), l’atelier de Jean-François Millet, l’auberge du Bas-Bréau (haut lieu de la gastronomie en Île-de-France, qui fut fréquenté par des poètes et écrivains, dont Stevenson)...

Les chemins des impressionnistes, de Port-Marly à Carrières-sur-Seine

Une trentaine d’œuvres reproduites sur plaques émaillées, à l’échelle et placées à l’endroit précis où elles furent réalisées, voici un itinéraire agréable, à faire à pied ou à vélo, du Pecq à Carrières-sur-Seine.

Nos tableaux et sites préférés : au Pecq, de part et d’autre du pont, un joli Turner (L’Ancien Pont et l’orne de Sully) et un Vlaminck, Vue de la Seine et du pont. À Port-Marly, L’Inondation à Port-Marly (1876), de Sisley ; une Seine en crue où trempe une grosse maison d’angle, qu’on reconnaît nettement : l’actuel Brazza.

À Louveciennes, on trouve une jolie série : Sisley toujours, avec L’Aqueduc (1874), et Pissarro, Entrée du village de Voisins (1872). On retrouve l’aqueduc inchangé, et ce commentaire (un petit texte accompagne chaque plaque) de Sisley à propos des « beaux nuages blancs baladeurs » et de son travail : « Quel mouvement, quelle allure n’est-ce pas ? ». À Louveciennes toujours, les mêmes artistes, rue de la Machine : du Village de Voisins de Pissarro, notez l’exactitude des proportions et de la perspective ; la vue du Chemin de la Machine de Sisley présente sans doute les arbres qu’on voit aujourd’hui épais, alors jeunes et fluets.
On profitera de ce qu’on est ici pour avancer au bout de cette rue de la Machine, d’où part un chemin descendant le coteau. Panorama et table d’orientation sur la vallée de la Seine. À l’horizon, La Défense et ses tours. En bas, le charmant Croissy. À droite, le Pavillon de musique de la du Barry, dépendance du château offert par Louis XV à sa maîtresse : joli pavillon de 1 000 m², d’architecture classique avec terrasse en promontoire.
On peut visiter les jardins du château de Mme du Barry, sur la propriété voisine. C’est un très beau parc paysager de 10 ha, aménagé aux XVIIIe et XIXe siècles, et dont les fabriques, les bassins et les rocailles ont été restaurés. Visites organisées par l’office de tourisme de Marly-le-Roi au printemps et en automne.

À Bougival, sur l’île, un Pont de Bougival (1869) de Monet, qui a été tronqué depuis. Longeant les bords de Seine par la rive droite, on arrive à Croissy-sur-Seine, dans un secteur entièrement préservé, sans construction aucune.
Lui fait face l’extrémité de l’île des impressionnistes, où se trouvait La Grenouillère, café flottant peint la même année par Renoir et Monet qui, ensemble et à cette occasion, ont élaboré la technique des touches parallèles propre à l’impressionnisme. Quatre reproductions d’œuvres des deux maîtres, installées sur l’île même et sur la rive où nous nous trouvons, évoquent ce lieu magique.

En allant vers Chatou, toujours rive droite, on longe une impressionnante série de villas de grand luxe, vrais châteaux pour certaines. Puis on arrive sur l’île des Impressionnistes : franchir le pont pour y découvrir quelques toiles reproduites in situ : deux Renoir et un Vlaminck ; ce dernier vint au début du XXe siècle, avec Derain, travailler ici mais d’une tout autre manière, là encore innovante puisque les deux artistes ont alors créé le fauvisme.
Dans les toiles, on ne retrouve pas grand-chose du décor initial : Le pont de Chatou peint par Vlaminck se voit aujourd’hui doublé ou triplé d’autoponts et les buildings l’environnent. Mais, plus loin, sur l'île en aval, derrière le pont de chemin de fer, on trouve un joli Renoir, Le Pont de chemin de fer à Chatou (1881). Ce cadre de verdure est à peu près conservé, puisque le pont est toujours environné d’arbres et la rive à ses pieds est toujours en herbe.

On finira cette balade par Carrières-sur-Seine, dont le centre-ville a conservé un cachet d’antan, et, curiosité, où l’église présente un baromètre en place de l’horloge habituelle. Une bâtisse d’aspect très ancien, bancale et vermoulue, se trouve au bas de la rue Gabriel-Péri, où Vlaminck a posé son chevalet pour saisir Le Village (1905).
Dans le joli parc en contrebas, avec bassin, cygnes et toboggan, la toile de Monet, Carrières-Saint-Denis, qui fut réalisée à bord d’un bateau-atelier. C’est donc une vue depuis la Seine, d’un point sans doute proche de la rive opposée, et qui embrasse le village en totalité. On reconnaîtra l’allée de peupliers du parc, et l’église aujourd’hui assez défigurée.





 



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