Fêtes
Le carnaval
La grande fête populaire des Antilles est également l’événement de l’année
en Guyane. Le carnaval débute le jour de l’Épiphanie avec l’arrivée de Vaval, son
incarnation symbolique, et se termine par le bûcher de l’effigie de celui-ci.
Pour marquer leur deuil, ce jour-là, les carnavaliers s’habillent en noir et
blanc.
Durant cette période, c’est l’euphorie chaque week-end : dans les dancings
ou le long des rues envahies de défilés musicaux, la foule se rassemble, quelles
que soient l’ethnie ou la classe sociale, pour danser et chanter. L’apothéose
a lieu, pendant 5 jours de fête non-stop, jusqu’au mercredi des Cendres (jour férié).
Les touloulous sont les reines du carnaval : ces femmes, déguisées et masquées,
sont méconnaissables et se chargent d’entraîner les festivaliers dans une danse
lascive, mais jamais provocatrice.
Chaque samedi de carnaval, les dancings sont surpeuplés et on y danse jusqu’au
bout de la nuit !
Le dimanche après-midi, des défilés costumés s’élancent le long des
rues principales de la ville. On reconnaît différents personnages caricaturaux,
allusions à la tradition satirique du carnaval, aux différentes ethnies guyanaises
ou encore à la croyance en des êtres surnaturels : l'« Anglé bannan »,
coiffé d’un haut-de-forme et symbole de prétention ; les « Neg’marrons »,
enduits d’huile et de suie ; les « Coupeurs de canne », en référence
au temps de l’esclavage ; les « Jé farin », qui aspergent de
farine les spectateurs à leur portée, etc. L’après-midi se termine par les « vidés »,
pendant lesquels la foule se déhanche en cadence, suivant des groupes musicaux
juchés sur la plate-forme arrière de camions.
Autres fêtes
- Les fêtes chrétiennes comme Noël, Pâques et la Toussaint.
- Le jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage, le 10 juin, est férié.
- Les fêtes communales, dont la date et les manifestations culturelles diffèrent
selon les communes : le 10 août à Saint-Laurent, le 15 octobre
à Cayenne, le 25 novembre à Kourou, etc.
Maraké
Ce rite initiatique assez rude est pratiqué par les Indiens wayanas et, parfois
aussi, par d’autres Guyanais en mal de sensations fortes. Il s’agit d’appliquer
sur le corps des plaques de vannerie dans lesquelles on a piégé des grosses
fourmis à la piqûre douloureuse, le dard dirigé vers l’extérieur...
Ce rite est destiné aussi bien aux garçons qu’aux filles. Bien qu’il soit initiatique,
il est pratiqué dès l’âge de 9 ou 10 ans et peut être renouvelé plusieurs
fois dans une vie.
Religions et croyances
Le christianisme domine largement : près de 80 % de la population
est catholique, et environ 6 % protestante. Mais certaines communautés
ont préservé leurs croyances traditionnelles.
Les Bushinengés, vivant en étroite communion avec la forêt et les fleuves, ont
conservé de leurs racines africaines des concepts animistes qui leur font vénérer
les arbres, les « animaux-totem », mais aussi leurs ancêtres et des
divinités supérieures. Ils organisent des cérémonies dédiées aux esprits de
la forêt, au cours desquelles ils chantent et dansent au son des tambours.
Les Amérindiens vénèrent également les éléments de la nature, comme le soleil
et le ciel. Mais certains, comme les Wayampis, n’ont ni dieu ni culte des morts,
qu’ils enterrent dans un hamac sans plus de cérémonie.
L’exemple des Hmongs, enfin, est édifiant : bien que certains aient conservé
leurs croyances animistes, le village de Cacao recense une église catholique
et un temple protestant pour un millier d’habitants...